Alba Regia. Annales Musei Stephani Regis. – Alba Regia. Az István Király Múzeum Évkönyve. 15. 1974 – Szent István Király Múzeum közleményei: C sorozat (1976)
Tanulmányok – Abhandlungen - Tóth E.: La survivance de la population romaine en Pannonie. XV, 1974. p. 107–120.
d'Illyrie d'autrefois, les gentes: Vandales, Goths, Huns, Langobards, etc. ne s'étaient pas installés pour former d'états organisés et durables, — même en connaissance de ces organisations. C'étaient seul les Avars qui à partir de la fin du VI e siècle se sont installés en Transdanubie plus durablement. On ne peut donc pas parler d'une influence de la culture romaine de l'empire de jadis exercée sur la Pannonié, car il n'y avaient pas «d'états successeurs», seulement des gentes qui se succédèrent. Entre le règne des Romains en Pannonié et l'état hongrois du Moyen Age il y en a peu prés 500 années, marquées par maintes cassures. Ce sont ces 500 années qui ne permettent pas de mettre au même diapason les territoires occidentaux et ceux de l'IUyrie. Mais elles ne permettent non plus de chercher nos analogies — positives ou négatives — de l'occident. L'usage des données concrètes ou abstraites prises des territoires occidentaux réclame donc une grande circonspection. La Transdanubie représente aussi en ce cas une voie déviant radicalement du développement occidental et prend un caractère spécifique pour l'Europe Centrale. Voilà la raison pourquoi ces deux continuités, absolument différentes ne peuvent étre comparées que dans leur ensemble, jamais dans leurs détails. Après le règne des Romains, durant 400 ans, considérons la continuité romaine dans une unité de temps plus longue, époque qui embrasse aussi l'histoire des peuples se succédant. Ces influences étaient transmises justement par la population survivant de la province^ 1 ). La continuité des peuples se succédant ne peut être affirmée à juste titre qu'entre la population de l'époque des hauts Avars et les Hongrois. Nous avons déjà vu que dans la partie occidentale de l'empire et dans l'Illyricum les caractéristiques de la continuité sont différents et par suite l'examen est également jugé différement. Dans la partie occidentale, dans toutes les trois zones de la continuité (H. Aubin) les peuples établis formèrent des états subsistant encore de nos jours, où encore des états qui subsistèrent pendant un certain temps, mais après leur désintégration leur peuple resta sur place et s'intégra dans la population locale (romaine), avec qui ils s'étaient peut-être préalablement déjà mêlés. S'ils transmigraient éventuellement, c'était pour s'établir dans les territoires néolatins à venir. Dans ces territoires les conquérants empruntèrent directement des «Romains» les différents éléments de l'économie, de l'administration, de la culture et de l'art. Ceux qu'ils pouvaient recevoir sous leurs conditions et à cause de leur nécessité. C'est le christianisme qui a été accepté le plus immuablement, bien que la majeure partie des Germains emprunta la religion sous une forme leur convenant mieux: l'arianisme. En Occident les éléments dérivant de l'antiquité, au lieu de dépérir, se transformaient, se développaient. La réception la plus com(91) Concernant la population résiduelle germane de la Pannonié: E. SCHWARTZ, Zeitschrift für slavische Philologie, I, 1924, 329. plète survint dans les territoires intérieurs de l'empire d'autrefois, plus précisément dans les futures aires linguistiques néolatines où les peuples immigrants, perdant leurs propres langues, devinrent linguistiquement un superstratum. Par contre dans l'Illyrie les gentes restèrent que peu de temps, transmigrant ensuite vers le centre de l'empire : dans cette époque initiale de la coexistance de la population locale et des immigrants un contact ne s'est probablement pas encore formé( 92 ). En général ils se confrontaient en ennemis, mais naturellement la population locale ne constitua pas d'adversaire potentiel pour les immigrants. En Pannonié ils faisaient connaissance tout au plus avec le christianisme (les Langobards) où la nouvelle religion déjà connue pouvant se répandre d'avantage (les Ostrogoths). Manquant d'informations nous ne pouvons établir le rôle de la population locale et celui de l'organisation ecclésiastique dans la propagation du christianisme. La différence définitive entre la continuité pannonienne (illyrienne) et celle de l'Occident est la suivante: tandis qu'en Occident la continuité peut être caractérisée, à part de la survivance de la population, par son influence exercée sur les autres peuples du territoire, et par une influence réciproque, en Pannonié par contre c'est seulement la survivance (existence végétative?) de la population originaire qui est caractéristique, leur influence sur les gentes est trés faible et, en ce qui concerne la culture matérielle, les gentes eurent une influence bien plus forte sur la population originaire. A part le christianisme, quels étaient les aspects où la population residuale de l'Illyricum pouvait influencer les peuples des migrations barbares? Il faut tenir compte en premier lieu de la base de l'économie sociale : des terres, bien qu'il soit difficile de trouver des résultats concrets. Tout d'abord ce sont les ustensils techniques, les systèmes de dérayement des lots( 93 ) qui ont survécu et exercé leur influence. Mais nous ne pouvons que nous répéter: la question n'est pas encore dépouillée en détails ; non pas seulement en ce qui concerne la Pannonié du IV e siècle — les époques précédentes non plus( 94 ). Peut on parler (92) Mentionnons le particularisme des Ostrogoths en Italie, où celui des Wisigoths également ariens en Hispanic. Par contre il est important qu'en Gaule les Francs embrassèrent la religion catholique, en opposition avec leurs alliés germanes, qui étaient ariens. Cette conversion au catholicisme facilita la fusion de la population romaine catholique et des francs vainqueurs, mais également catholiques. (93) Cf. Note 83. (94) G. ALFÖLDY, Municipális középbirtokok Aquincum környékén. (Propriétés moyennes municipales aux alentours d'Aquincum.) AntTan, VI, 1959, 19; J. HARMATTÁ, Goten und Hunnen in Pannonién, AAnt XIX, 1971, 293; To., Landed Property in Late Roman Pannónia, AAnt, XX, 1972, 389.—La remarque d 'András Alföldi apropos de la lettre du Pape Innocent (401—417) (epist. 41, PL 20, 607) est importante : Il n'est pas sans intérêt pue les photiens tenaient leurs réunions in aliorum possessionibus. ,. 118