Alba Regia. Annales Musei Stephani Regis. – Alba Regia. Az István Király Múzeum Évkönyve. 15. 1974 – Szent István Király Múzeum közleményei: C sorozat (1976)
Tanulmányok – Abhandlungen - Tóth E.: La survivance de la population romaine en Pannonie. XV, 1974. p. 107–120.
sayer d'établir maintenant la date de la chute de l'empire romain, nous considérons le début du V e siècle comme point de départ de nos rechreches de la continuité. Notons qu'au cours des recherches deux notions se confondent souvent: la survivance de la population et le règne romain. Il est évident que les données prouvant la survivance de la population ne signifient pas en même temps son appartenance de facto à l'empire. D'autre part aussi longtemps que le territoire faisant partie de l'empire (aussi longtemps que les organes administratifs, dirigées centralement, fonctionnaient en Pannonié) il n'y a pas lieu de parler de continuité. Sur le territoire au nord de la Drave (en Pannonié) nous considérons à présent la fonction de Gêner idus dux comme la dernière fonction dirigée centralement, (vers 409)( 86 ). Après cette date, l'administration romaine dirigée du centre cessa — autant que nous en savons aujourd'hui — dans la majeure partie de la province — nous pensons surtout aux territoires du nord de la Drave. En 456 l'empereur Avitus conduit une campagne sur ce territoire en essayant de rattacher Pannónia prima à l'empire, ce qui cependant — vu les résultats — peut être considéré comme pure épisode. Lorsque je considère le début du V e siècle comme point initial de mes recherches concernant la continuité, je ne prétends pas que la cessation de l'empire romain soit de гиге où de facto cette date — mais il n'est pas possible de prendre parti où de faire une déclaration sur la date de la cessation de l'empire romain sans avoir examiné minutieusement les données. Moi je considère cette date comme point de départ de mes recherches, naturellement avec la restriction qu'il est impossible d'examiner le problème sans considérer la culture matérielle et spirituelle, ainsi que les conditions économiques du IV e siècle. Ci-dessus nous avons essayé de déterminer la continuité uniquement valable pour la Pannonié. Tout cela diffère pourtant essentiellement de la notion de la continuité du passé, prévalant encore dans l'opinion publique scientifique. En effet les «défenseurs» comme les «attaquants» de la continuité partent de ce faux terrain, de sorte qu'une controverse entre eux est a priori sans issue. Lorsque Ambrus P 1 e i d e 11( 87 ) dans les années 1930 attacha un rôle décisif aux villes romaines dans la formation des villes médiévales de la Transdanubie, et même de toute la Hongrie — il entamait un faux chemin. Ce chemin était faux car il réduisit le problème de la continuité à un détail et considéra dans ses recherches le développement urbain de l'Europe (86) ad Generidus: Zozimos V 46,2 (ed. L. Mendelssohn; Leipzig, 1887, 266 = J. Bekker, Bonn, 1837, 312.) TJrsus, gouverneur romain en Noricum (AÉ, 1911, 62. —- cca 500) était déjà haut fonctionnaire sous Théodorique le Grand: G. WINKLER, Die Reichsbeamten von Noricum und ihr Personal bis zum, Ende der römischen Herrschaft. Wien, 1969, 114. (87) A. PLEIDELL, A magyar várostörténet első fejezete. (Le premier chapitre de l'urbanisme en Hongrie.) Sz, LXVIII, 1934, 1. Occidentale comme analogie. Il avaint en vue de réfuter les théories de Schünemann concernant le développement urbain en Hongrie. S с h ü n em a n n( 88 ) vit dans la formation des villes hongroises une influence essentiellement allemande, car les villes romaines furent dévastées lors des invasions barbares et ne pouvaient influencer le développement des villes hongrises. A. Pleidell essaya de réfuter cette assertion de Schünemann, sans pourtant prendre note des spécifités du développement de la Pannonié (Hongrie) différent de celles des pays occiden taux. La discussion sur la continuité en 1954 était également erronée, s'escrimant non pas contre le fait de la continuité, mais contre les opinions de Pleidell (et de A. D о b s с h)( 89 ). En réfutant l'opinion de Pleidell — de facto erronée — et qui se basait sur les opinions de D о b s с h, déjà fort contestées de son temps, on n'attaqua et réfuta non seulement ces erreurs, mais on pensait réfuter également la continuité en Pannonié. L'opinion publique continue à considérer la continuité et la survivance des villes romaines comme identiques. Mais le cercle peut encore être élargi. Au cours des recherches de la continuité pannonienne — volontairement où non — on appliqua aux circonstances de la Pannonié les constatations valables pour la partie occidentale de l'empire d'autrefois, bien que cette manière d'envisagement soit fausse; les résultats — positifs où négatifs — seront toujours contrefaits. Qu'est-ce cause les différences de modalité de la continuité entre les territoires occidentaux de'l Europe et de la Pannonié ? A l'ouest et au sud du diocesis d'Hlyrie les invasions barbares étaient suivies en majeure partie par des occupations durables, un établissement des nations survivant à partir de la haute antiquité à nos jours, formant des «états successeurs» où — comme dans le cas des Ostrogoths et des Langobards dans le royaume dé l'Italie, dans le cas des Wisigoths dans le royaume d'Hispanie — ils s'absorbaient sur place et en fusiohant avec la population originaire, formaient le noyeau intégré des états futurs. Cette population passa ainsi au fond sans cassure de la structure ethnique en des nations déjà complètement féodales, aux organisations territoriales. Mais pendant ce temps ils empruntèrent des traits de la vie économique, de la culture etc. de l'Empire Romain, tant qu'ils voulaient, où mieux encore : autant qu'ils en avaient besoin. Sur ces territoires — après l'époque romaine — la vie est continue, il existaient donc de grandes possibilités pour emprunter la culture matérielle et spirituelle romaine et en revanche d'en passer la leur en échange mutuelle, ce qui se passa dans les zones selon H. A u b i n( 90 ) en différentes manières, exerçant aussi de différentes influences. Par contre en Pannonié, c'est à dire plutôt sur le territoire du diocesis (88) K. SCHÜNEMANN, Die Entstehung des Städtewesens in Südosteuropa. Breslau, s. a. (89) MTAOK, V, 1954, 489. (90) H. AUBIN, Zur Frage der historischen Kontinuität. Historische Zeitschrift, CLXVIII, 1943, 241. 117