Janus Pannonius Múzeum Évkönyve 16 (1971) (Pécs, 1972)
Művészettörténet - Hárs, Éva: L’art de Béla Simon
L'ART DE BÉLA SIMON ЗО5 haut du fond. Cela manque à la variation postérieure. Le changement fut utile à l'unité harmonique de la composition quoiqu'on regrettât la disparition de la belle figure du fils et, que le bras tombant roidement du père ne la remplaçât guère. A la variation en huile de „l'Enterrement tzigane" la masse devint plus dense qu'à la composition de dessin ultérieure. Le cortège ombragé s'avance dans une vallée bordée du flanc d'une colline, les toutes petites chaumières sont placées ainsi au fond, très haut' sur la colline. Les figures ébauchées à la Breughel du dessin sont un peu allongées et, à l'aide de la raprésentaticn des robes, elles obtinrent un caractère plus concrètement „d'Alsószentmárton". A l'aide de cette densité du groupe, le cortège devint plus lourd et plus solennel. La plus belle peinture de cette période est la „Tête de fille tzigane" sur un fond doré. (Tabl. 14). Le fond d'or encadre, couronne la tête brune de la fille, les longs cheveux tombant sur ses épaules, comme la gloire les madones renaissances. L'oeil hagard, incertain, les fortes lèvres entr'ouvertes, le nez large, le cou robuste ne présentent point la madone idéale de la renaissance italienne, pourtant la Tzigane nous fait penser à celle-ci, parce que sa formulation, son expression sont assez tarnsfigürées et humaines pour l'évoquer. Le coloris de ce tableau embrasse presque toute la gamme de la palette de Béla Simon. La richesse des couleurs se borne à la robe; la tête et le fond forment l'ensemble doré du jaune et du brun-rouge. La robe est une composition de couleurs, vivant individuellement, où l'artiste put étaler avec une joie immense les différentes couleurs, peignant en pleine pâte, pressant les couleurs étincelantes, lumineuses, à l'aide des traits larges, pourtant si joliment raffinés que la variété de couleurs s'éffond en harmonie dans nos yeux. La vie d'Alsószentmárton offrait à Béla Simon chaque jour un événement de peintre tout frais. Au centre du village, il y avait une ancienne tour, ceinturée par les chaumières des Tziganes. A la place devant "la tour, des femmes bavardaient; elles l'ont entourée au se sont assises autour d'elle, leurs enfants dans leur sac au dos. Dans l'oeuvre de Béla Simon, les tableaux „Cabanes avec la tour" et ,,A la place de Szentmárton" (tableaux 9 et 13) éternisent cette figure particulière du village par un pittoresque mûr, fortement torné au rouge. On revoit sur plusieurs de ses oeuvres le jardin large, ombragé d' arbres feuillus de l'école de Szentmárton, ou bien le jardin de pavot fleurissant devant la maison, petite forêt de fleurs dé pavot, riche en couleurs vives, qui était très chère pour le peintre. La palette de ses tableaux devint de plus en plus forte. Les jaunes apparaissent dans un nombre réduit, ou, mêlés à des verts, ils deviennent plus profonds et le nombre des variétés dès rouges augmentent. - Quand on demande le peintre concernant ce trait caractéristique, il invoque la richesse de couleurs des costumes sokatz et tziganes, ainsi que le coloris vigoureux, affaiblissant tous les rouges dès tissus. „-Il me faut les surpasser", - ditil. Dans Ш richesse des couleurs d'Alsószentmárton, il s'en donna à coeur joie surtout en peignant les fleurs et les feuillées. Ces détails de ses tableaux seraient à mesurer par la composition de couleurs (palette) nonfigurative, si la réalité de la nature n'était pas un facteur ayant toujours prise beaucoup plus forte dans le monde du peintre Béla Simon. L'abstraction picturale chez lui suppose toujours l'objet concret, la personne vivante. L'événement inspirant la peinture doit être réel; il sera intensifié et changé par Béla Simon, suivant sa manière de voir intérieure. Sa solitude et son isolement de peintre à Alsószentmárton, ne le découragea pas, au contraire! Son contact directe avec la nature l'amena à l'emploi des couleurs plus claires, sa rencontre avec la population du village l'invita à une expression plus sincère. A Alsószentmárton, il n'éprouva ni les culbutes ni les arrêts subits de la vie publique; ses journées furent remplies de la joie de la création et des soins de ses élèves tziganes très pauvres. - Quelquefois, quand il venait à Pécs acheter des couleurs, de la toile, il en a parlé. De ses paroles se dégagea, au delà du problème tzigane, l'humanité du peintre, sa sympathie pour le monde et les sorts humains de Szentmárton, émanant de ses oeuvres et donnant la vérité de celles - ci. - Un jour les élèves de l'école ont emporté tous ses crayons achetés un jour plus tôt, le lendemain le maire leur apporta de Pécs les vêtements d'enfants devenus très étroits des enfants de ses amis, pour que ses élevés aient en quoi venir à l'école, comme il a dit. Et quelques jours plus tard la moitié des couleurs disparues furent remportées par les enfants. Avec la deuxième moitié ils ont dessiné, euxmêmes. Et Béla Simon en acheta d'autres, s'ils l'ont demandé - et cela arrivait souvent-, il répartit entre les enfants son argent et les fruits de son petit jardin aussi. Il aimait et éduquait, à son propre moyen d'artiste, les personnes lui confiées, et c'était la tension de cette sympathie et de la responsabilité de l'éducation a la vie qui s'est résolue et obtint sa vraie importance dans la peinture, dans les oeuvres de Béla Simon. Au cours des années 1958-60, il a exécuté à peu près 15 tableaux et de nombreuses aquarelles, outre ses compositions gouaches et ses dessins. Outre les mentionnés, il nous faut insister sur son tableau „Gerbeuse", comme une des créations caractéristiques et excellentes de cette période. (Tabl. 17.). Le rythme diagonal et vertical est fondé Sur l'équilibre des couleurs. L'artiste a avancé, mis au premier plan droit du tableau presque en sortant, la belle taille de la jeune fille, penchée un peu en arrière, tenant une grande gerbe sur son épaule. Pourtant, la tête jetant un coup d'oeil en arrière, la taille se penchant aussi en arrière, autant que les tiges des épis, montrent vers le centre du tableau, en dirigeant le regard sur les champs, sur les petites maisons du