Janus Pannonius Múzeum Évkönyve 16 (1971) (Pécs, 1972)
Művészettörténet - Hárs, Éva: L’art de Béla Simon
Зоб ÉVA HÁRS village longuement étendu, sur les montagnes lointaines. La proportion des jaunes et des rouges, l'éclat rapide des blancs font l'unité et l'harmonie des couleurs peintes en pleine pâte, portées l'une sur l'autre et mélangées sur la toile. En 1959 on a bâti à Alsószentmárton une nouvelle étable, ayant une grande porte en bois charpenté. A la 15 e anniversaire de la libération, le Conseil du Département Baranya a ouvert un concours d'art; à cette occasion Béla Simon a peint le tableau du nouveau bâtiment de l'étable de Szentmárton. (T. 18). A ce tableau, c'était la grande porte de belle forme qui eut le rôle principal; elle est peinte toute jaune d'or et fièrement étendue. Devant l'aile entre-ouverte et derrière elle, on voit les habitants de Szentmárton, entrant pour regarder la grande maison nouvelle, éclérée par l'électricité. A l'intérieur, autour du bâtiment, s'empressent des figures; l'artiste a caractérisé leurs mouvements vites en quelques coups de brosse excellents. Le tableau emporta un prix du concours et on le mentionna comme l'une des oeuvres les plus réussites du salon anniversaire. Sa composition claire et sereine, ses couleurs remplies de joie assuraient la force du tableau. Et au delà de tout cela sa valeur existait dans la vérité exprimée l'événement vécu. Cet événement vécu et réel signifie dans le monde de peintre de Béla Simon, l'ordre de tous, les jours. Cela signifie qu'il ne doit pas chercher l'idée à peindre, ni le modèle, ni le moment „portant l'inspiration". Pour lui tout est á peindre, tous les événements des jours de semaine de la vie sont à être élevés au niveau de fête colorée, à être formés en tableau. - Le souvenir de ses vacances d'été est retenu sur son tableau „Maison de repos du Conseil à Balatonlelle". (T. 19) Au lac Balaton, Béla Simon n'était pas intéressé par le surface de l'eau ou par la blancheur s'éloignant des voiliers. Ce tableau aurait pu être peint n'importe où ailleurs, au milieu des arbres, des maisons et des hommes. Il est vrai que, sous les grandes maisons et arbres de Lelle, on voit des couples se promenant en manteau et coiffés de chapeaux. La pâleur d'automne de la grande surface d'eau ne pouvait offrir à Béla Simon une telle expérience de couleur que les feuilles des arbres jaunissants ou les touches des figures en mouvement. Cependant, auprès de la sévérité géométrique des bâtiments de repos tout modernes, c'est le rythme joueur de troncs minces des arbres qui lui offrent une opposition intéressante, un problème de peintre passionnant. En i960, Béla Simon fut invité à Pécs, au poste peintre-professeur du lycée d'art. On voit se terminer la période de sa vie, où Béla Simon peignait, sans aucune contrainte de la mode, amené uniquement par sa propre émotion intérieure à peindre tout ce que les peintres fêtés des grandes villes tentèrent d'envelopper dans les apparences de la cincérité, à l'aide d'une rigidité maniérée. Ce qu'on espérait recevoir de la peinture des années cinquante, conçue dans l'idée socialiste et réaliste, fut résolu par Béla Simon, avec le pittoresque le plus pur et avec l'idée la plus profonde. - Mais Alsószentmárton est situé loin de la capitale, souvent même de Pécs. Les mérites de Béla Simon étaient connus comme ceux d'un maitre d'école des tziganes; son isolement d'artiste, le soin du travail de pédagogue, et surtout la mort de sa femme, malade depuis longtemps, ont mûri sa décision d'aller s'établir à Pécs. - L'entourage nouveau l'a amené à une nouvelle forme de vie. Des rues de ville, lignes ordonnées de maisons modernes, étudiants disciplinés, contrainte rigide du programme d'enseignement rigoureax succédèrent à son ancienne vie. Il lui était difficile de s'habituer, après son ordre de travail plus libre, dirigé uniquement par soi-même, à l'allure toujours très vive de la vie urbaine. Les champs très larges, les jardins aux feuilles vertes, les fleurs de pavot colorées ont été supplantés par l'atelier au mur de verre et par le toit terrasse donnant sur des mansardes, sur des lucarnes. Le grand atelier s'est rempli vite des tableaux peints plus tôt, de quelques meubles couverts des tissus apportés de Szentmárton. Après peu de temps, le rouge des tissus devint son colorimètre; c'était ainsi qu'il sauvegardait dans son atelier la variété de couleurs des rues de village et la présence des costumes populaires. - Et si le rouge du tableau peint dans l'atelier a soutenu la comparaison avec la couleur du tissu, il était content. Son exposition à Pécs, en i960, marqua symboliquement l'achèvement de la peinture de la période de Szentmárton. Il suivait de l'attention et observait la ville autour de soi et, dans de temps, il en découvrit les valeurs pittoresques cachées: les dimensions monumentales des hautes maisons du nouveau quartier, l'intérieur coloré et le tourbillon de la pâtisserie Mecsek, les entourages romantiques des collines de Mecsek ou des puits en ruine. 13 Parmi les couleurs des nouveaux tableaux dominait déjà conscientieusement et glorieusement le rouge dans toute la richesse de sa. gamme, du rose jusqu'au rouge foncé. Et comme si les autres couleurs n'avaient d'autre rôle que faire sortir l'éclat et la force rayonnante des rouges. Les tissus se sont fanés au milieu de la richesse du coloris des tableaux sur les murs de l'atelier. L'un de ses tableaux les plus caractéristiques, témoignant cette débauche des rouges, est „Les vignobles", peint, au début des années 60, les coteaux plantés de vignes à Göntér. Le coteau s'étreignant largement, est chauffé réellement au rouge temps du mûrissement des fruits, alors Béla Simon ne devait pas intensifier la réalité de la nature en couleur feuille-morte. Il hérissa ici et là les limites des vignobles montrant un rythme alternatif du vert des arbres feuillus, et il posa au premier plan la figure un peu dissouse d'une femme coiffée d'un mouchoir et montant à pas lent. (T. 19) J1> Pâtisserie „Mecsek". 1965. H. plaque en fibre de bois 71x120 cm. Puits de mine „István". 1965. H. t. 71,5x90 cm.