Levéltári Közlemények, 51–52. (1980–1981)
Levéltári Közlemények, 51–52. (1980–1981) - Bertényi Iván: Az antifeudális parasztmozgalmak heraldikájának néhány problémája / 221–232. o.
Az antifeudális parasztmozgalmak heraldikája 231 mellett még korai. Mindezek mellett számos esetben az is előfordult, hogy egyes parasztmozgalmak nem címeres jelvényeket választva küzdtek célkitűzéseik valóra váltásáért. Ezeknek a jelvényeknek a vizsgálata is további kutatások feladata lesz. Jelen dolgozat mindössze azt tűzte ki céljául, hogy a „heraldikai közvélemény" figyelmét felhívja az antifeudális mozgalmak heraldikájára, s a középkori parasztfelkelők címerei, jelvényei elfoglalhassák méltó helyüket a történeti források sorában. QUELQUES PROBLÈMES DES BLASONS DES MOUVEMENTS PAYSANS ANTIFÉODAUX par Iván Bertényi Dans beaucoup de pays, les blasons furent longtemps considérés comme les écus de la noblesse, et, malgré le grand nombre de publications récentes parues sur l'utilisation de blason des villes, des citoyens, des corporations et des paysans, nous ne cessons d'être hantés par l'idée qui associe le port de blason à la qualité de noble. Pourtant, à l'époque de l'héraldique vivant, les blasons devinrent des écus populaires et connus de tout le monde. C'est ce que prouve le fait qu'ils furent utilisés aussi par les paysans qui se révoltèrent contre l'ordre de la société féodale. Les paysans de la Jacquerie au milieu du XlVème siècle laissèrent entendre le cri de guerre du roi de France dont ils portèrent aussi le drapeau, de même un quart de siècle plus tard, les paysans anglais qui participèrent au soulèvement mené par Wat Tyler, utilisèrent les drapeaux du roi d'Angleterre. Mais, sur son cachet gravé en 1774, le collège militaire de Pougatchov, chef d'une insurrection paysanne, utilisa lui aussi l'insigne du souverain, l'aigle bicéphale avec le sceptre et le globe royal. Un autre groupe des insignes blasonnés des mouvements antiféodaux se rattache à des mots d'ordre religieux. Le "maître de Hongrie", chef des pastoureaux, mouvement populaire éclaté en France au XVIIIème siècle, choisit comme insigne un agneau portant un drapeau. L'agneau fut le symbole de l'offrande et de l'innocence et la croix sur le drapeau représenta la victoire. Selon la foi des insurgés, celui qui fut décoré de la croix, eut l'absolution de tous ses péchés déjà commis et à commettre. Les paysans insurgés de György Dózsa en 1514 en Hongrie considérèrent eux aussi la croix comme la promesse du salut et de l'accès au Paradis. Eux ils furent appelés sous les armes contre les Turcs paifens, mais ils gardèrent la croix en guise d'insigne même quand, au lieu des Turcs, ils se tournèrent contre la noblesse hongroise. Les combattants hussites du XVème siècle choisirent pour insigne blasonné un symbole religieux, la calice, symbole de la communion sous les deux espèces, droit de tout fidèle. En dehors de ces motifs héraldiques, on en retrouve d'autres sur les écussons, les drapeaux et les cachets des paysans, insurgés contre la féodalité. La question se pose de savoir si ces représentations peuvent être vraiment considérées comme blasons, car, ayant été assez vite réprimées dans la plupart des cas, les blasons des révoltes paysannes ne peuvent répondre que très rarement à la double exigence nécessaire: être légués au être utilisés pendant une durée considérable .Dans le cas où le mouvement résista longtemps, ses blasons "vécurent" eux aussi longtemps. La calice figura sur les insignes blasonnés en Bohême non seulement jusqu'à la fin des guerres hussites, mais, bien que modifié dans sa signification, même des siècles plus tard ce dont elle devint le symbole, cela ne fut plus en premier heu la communion sous les deux espèces, mais les traditions révolutionnaires des Hussites. Dans le cas d'autres révolutions vite réprimées elles aussi, nous pouvons également présumer une utilisation de longue durée grâce à laquelle nous pouvons considérer à bon droit ces signes gravés sur écus comme des blasons. Le temps est venu pour que les blasons des mouvements antiféodaux occupent la place qui leur revient parmi les sources de l'héraldique .