Levéltári Közlemények, 29. (1959)
Levéltári Közlemények, 29. (1959) - Tanulmányok a Magyar Köztársaság történetéhez - B. Lőrincz Zsuzsa: A Magyar Tanácsköztársaság Levéltárügye / 217–229. o.
A Magyar Tanácsköztársaság levéltárügye 229 LES ARCHIVES SOUS LA RÉPUBLIQUE HONGROISE DES CONSEILS Zs. B. Lőrincz Par la publication de ce volume spécial, les travailleurs des archives désirent rendre hommage au souvenir de la République Hongroise des Conseils. La commémoration de son anniversaire ramène forcément le regard en arrière, mais ce rappel de passé implique aussi son analyse, ainsi que la mise à profit des enseignements qu'on en tire en vue de l'accomplissement de nouvelles tâches. Dans la première partie de son article, l'auteur ramène sa pensée sur la situation difficile des archives hongroises avant mars 1919. Nos archives manquaient de place, la loi archivistique n'existait pas en réalité, le manque d'une direction professionnelle centralisée se faisait déjà sentir, le classements des masses de documents s'effectuait â peine, et excepté l'inventaire que Károly Tagányi dressa des papiers de trois autorités gouvernementales féodales, conservés aux Archives Nationales, il n'existait point d'inventaires scientifiques. Le régime capitaliste féodal ne permettait pas de remédier à ces anomalies,, et en ce qui concernait le développement du travail des archives, la situation n'était pas meilleure sous la république bourgeoise arrivée au pouvoir au printemps de 1918. La situation ne changeait que sous la République des Conseils. Les archives, soustraites à l'administration du Ministère de l'intérieur, se trouvaient désormais rattachées au Commissariat de l'Instruction publique (décret № 26 du Comm. de l'Instr. p.). Le décret № 33 émis par le même commissariat, établit l'organisation des archives hongroises sur des bases nouvelles. Dans sa partie préliminaire, il met au premier plan les tâches scientifiques des archives, contrairement à leur rôle d'établissement de droits, qui fut jusque-là prédominant. Il prévoit la direction centralisée de l'édition de sources, la centralisation des documents de valeur scientifique, décide de la création d'un Conseil des Archives, et souligne la nécessité de la surveillance des archives courantes. Le même décret dispose aussi de la socialisation des archives ecclésiastiques, archives de famille et autres archives privées, réglemente l'achat et la vente des documents, empêche pratiquement leur vente en librairie, les déclare librement conirnunicables dans l'intérêt de la science, et ordonne enfin l'enregistrement des dépôts d'archives. Le délégué aux archives (dr. Péter Niklai) et le directeur des Archives Nationales (dr. Pál Tóth-Szabó) furent chargés de l'application du décret. L'exécution des articles du décret commença aussitôt, excepté la création dxi Conseil des Archives, rendue impossible par le manque de temps. L'article retrace les diverses phases de ce travail d'organisation de grande envergure {préservation des documents, acquisition de bâtiment, recensement), et constate que les progrès réalisés pendant les quatre mois et demi d'existence de la République des Conseils reste sans exemple dans l'histoire des archives hongroises. Les archivistes hongrois d'alors ont Créé quelque chose de grand, sans être des communistes ou marxistes bien instruits. Mais leur amour de la profession et la République des Conseils leur permirent de traduire cet amour en actes. Les temps donnaient des ailes à bien des gens qui n'en devaient avoir ni avant ni après cette époqiie. Mais la chute de la République des Conseils mit aussi un terme aux progrès rapides réalisés par les archives hongroises. Tout fut annulé, les deux décrets révoqués, et les archives subordonnées à nouveau au Ministère de l'intérieur ; la direction professionnelle centrale, la défense des archives, la socialisation des archives privées ne purent être réalisées. Tout cela parce que la dictature du prolétariat cessait d'exister, dont «l'esprit juridique» — ainsi défini par les juristes contre-révolutionnaires — présidait aussi à, l'émission des décrets archivistiques précités. Leurs objectifs ne pouvaient se réaliser que dans un régime social capable de s'imposer des sacrifices pour le relèvement de la science, et servant le développement de tout le peuple au lieu de l'intérêt personnel des privilégiés. Tout ce qui fut détruit alors, devait renaître et se réaliser après 1945. • L'auteur termine son article par un bref aperçu des progrès réalisés depuis 1945, et constate que malgré les grands efforts faits en faveur du développement des archivés, il reste encore bien des tâches à accomplir dans de nombreuses directions.