Fekete Nagy, Antonius – Makkai, Ladislaus: Documenta historiam Valachorum in Hungaria illustrantia, usque ad annum 1400 p. Christum. (Budapest, 1941. Études sur l'Europe Centre-Orientale. 29.)

regni nostri, Magister Vgrinus, 3 se levant dans cette assemblée, Transylvanie des assemblées législatives. Toutes les réunions antérieures de­vaient avoir un caractére purement juridique comme partout ailleurs en Hongrie jusqu'á la fin du XIV e siécle. Méme en Hongrie il n'y avait pas de diéte, de „parlement" au sens moderne du terme, et il est absolument impossible qu'il en fűt autrement en Transylvanie. Rappelons, d'autre part, que jusqu'á 1541 cette province ne pouvait fairé de lois, mais uniquement des statuts, et méme ce droit ne lui fut accordé qu'á la suite des événe­ments de 1437, Au moyen áge la Transylvanie n'était pas une province autonome, mais certaines régíons, comme les comitats, les „siéges" des Saxons et des Sicules ainsi que les districts roumains, jouissaient d'une au­tonomie locale dont le caractére et l'étendue variaient d'un lieu á l'autre. Tout cela exclut la possibilité méme d'une Assemblée Législative oü toutes les „nations" auraient envoyé leurs représentants. Pareílles tentatives d'indé­pendance ne se feront remarquer qu'á partir 1437, mais á cette époque-lá les Roumains n'y auront aucune part, puisque leurs nobles agiront de concert avec la noblesse du pays, et leurs serfs subiront le méme sort que ceux des autres éléments ethniques. Ces faits ont déjá été démontré á plusieurs re­prises par les historiens hongrois (J. Kemény, Erdélynek a mohácsi ütközet előtt való befolyása a magyarországi törvényhozásba — L'influence de la Transylvanie avant Mohács sur la législation hongroise. Árpádia, III, p. 27; P. Hunfalvy, Az oláhok története, I, p, 380; B. Jancsó, Erdély története, Kolozsvár, 1931, p, 47; N. Asztalos, A történeti Erdély, Bp., 1936, p. 196; A. Domanovszky, La méthode historique de M. Nicolas Iorga, Bp., 1938, p. 262), mais les auteurs roumains persistent, jusqu'aux livres scolaires les plus récents, dans leur opinion manifestement erronée. 3 Maitre Ugrin, propriétaire d'un domaine en Fogaras, est probable­ment identique á Ugrin, fils de Barc, de la souche de Csák, un des con­quérants de la Hongrie actuelle. II avait des domaines aussi en Bihar, comitat voisin de la Transylvanie, et il est mentionné dans les chartes autour de 1281 (J, Karácsonyi, A magyar nemzetségek — Les familles hongroises, I, p. 293). Dans la famille de Csák c'était d'ailleurs un nom trés fréquent; son plus ancien porteur connu est mentionné dés 1146; plus tard un autre Ugrin, de la méme lignée, fut archevéque de Kalocsa et chef de l'armée hongroise dans la bataille de la Sajó (1241) oü il fut tué par les Tatars; á la fin du XIIIe siécle quatre autres membres de la méme souche eurent ce nom (o. c. p. 293—7). L'identité du propriétaire de Fogaras avec Ugrin, fils de Barc, a été admise par Xenopol aussi (Istoria Románilor, III, p. 24). D'autres his­toriens roumains, en revanche, le considérent comme leur compatriote, et affirment qu'au comitat de Fogaras les possesseurs de la terre étaient des Rou­mains et que méme son nom est d'origine roumaine. Déjá dans la Chronique de Georges $incai, un des fondateurs de l'hístoriographie roumaine transyl­vaine, on trouve, d'aprés J. Chr. Engel (Antiqu. História Valachiae, I. p. 147), l'assertion que Maitre Ugrin füt de naissance roumaine (Hronica, I. p. 289). Bunea (Stápánii T^rii Oltului, p. 51—2) a inventé autour de lui toute une histoire d'aprés laquelle un aieul de Maitre Ugrin pouvait étre un de ces soldats roumains qui s'étaient distingués, en 1260, dans la bataille de Moravie (No. 13). Dans ce cas il aurait re<;u le domaine en question en reconnaissance de ses mérites. Bunea est d'avis que l'unanimité des témoins

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