Fekete Nagy, Antonius – Makkai, Ladislaus: Documenta historiam Valachorum in Hungaria illustrantia, usque ad annum 1400 p. Christum. (Budapest, 1941. Études sur l'Europe Centre-Orientale. 29.)

demanda au roi de lui rendre quasdam possessiones suas Fogros 4 et Zumbothel vocatas iuxta fluvium Olth existentes qui lui avaient été enlevées d'une maniére injuste. Le roi, voulant se renseigner ab eisdem nobilibus, Saxonibus, Syculis et Olachis, leur posa la question si les domaines mentíonnés constituaient en eífet la propriété légitime de Maitre Ugrín. Ayant obtenu la réponse af­firmative de tous les assistants, il déclara de les lui restituer afin qu'il les possedát comme ses aieux. Dátum apud Albam Jule, in Dominica Invocavít, anno Do­mini M-o CC-o nonagesimo primo. L'original, avec les traces d'un sceau au dos, se trouvait d'abord aux archives du chapitre de Transylvanie, Actuellement il est conservé aux Archives Nationales de Budapest (Dl. 29099). Éditions: Fejér VI/1, p. 118; Árpádia III, p. 26; Teutsch—Firnhaber I, en faveur d'Ugrin n'est qu'une preuve de plus de son appartenance ethni­que, puisque les dépositions n'eussent pas été aussi favorables si elles n'avaient eu trait á l'affaire d'un seigneur roumain. Inutile de dire que ces hypothéses sont inventées de toutes pieces. Cette personne de Fogaras était certainement un Hongrois, puisque Ugrin signifie „hungarus" en tchéque et dans les langues slaves méridionales (cf. D. Pais, Ugrón, Szíly — Emlék, Bp., 1918, p. 42—45, MNy. XVIfi, p. 100). Son origine roumaine est d'autant moins admissible que parmi les quelques centaines de Roumaine qu'on connait aux XIII e et XlVe siécle, il n'y a pas un qui porté un nom analogue. Mérne pour d'autres raisons il est inimaginable qu'un Roumain eüt, dés le XIII e siécle, un domaine nobiliaire et héréditaire en Hongrie, car on ne verra des cas pareils qu'au siécle suivant (cf. aussi 0. Popa, Ugrinus 1291, Tara Bársei, 1935, p. 461 et J. Pu ?cariu, Ugrinus 1291, Buc. 1901). 4 Fogros (plus bas Fogras) équivaut á Fogaras (roum. Fágára$). Les Roumains essaient de fairé dériver ce nom de fag „hétre" (< latin fagus), mais cette hypothése n'a aucune chance de probabilité. Non seulement que l'élément -ar- resterait inexpliqué (M. Iorga renvoie aux dénominations du type de Vládareni, á cőté de Vládeni, La place des Roumains dans l'histoire uni­verselle, Bucurest, 1935, I. p. 156), mais méme la plus ancienne forme attestée, á savoir Fugros oo Fogros, contredit définitivement les assertions roumaines. II est, en revanche, certain que la dénomination roumaine de Fágára§ est empruntée de la variante hongroise Fagaras qui est attestée dés la fin du XIV e siécle (1397/1573). Bien que le nom sóit d'origine in­connue, son évolution s'accorde en tout avec les lois phonétiques du déve­loppement de la langue hongroise (cf. MEtSz. II, col. 316—9). Szombathely (dans notre texte Zumbothel) est un nom formé de szombat „samedi" et hely „place, lieu", qui s'encadre bien dans une catégorie spéciale des toponymes hongrois. Les dénominations de ce genre sont dérivés du nom d'un jour de la semaine, notamment du nom de celui qui était le jour du marché dans la J.ocalité respective (en 1294 un village du nom Csütörtökhely est dit en latin Quintoforum, parce que csütörtök „jeudi" se traduit en latin médiéval par Jeria quinta". Cf. M. Wertner, MNy. II, p. 122—3).

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