Fekete Nagy, Antonius – Makkai, Ladislaus: Documenta historiam Valachorum in Hungaria illustrantia, usque ad annum 1400 p. Christum. (Budapest, 1941. Études sur l'Europe Centre-Orientale. 29.)
cum iisdem fecissemus de consilio omnium prelatorum, et baronum supréme, décidait des affaires qu'on soumettait á son jugement. Selon une coutume ancestrale, une audience pareille avait lieu tous les ans á Székesfehérvár, le jour de saint Etienne, mais outre ces jours fixes de justice, le roi prononipait des jugements aussi pendant ses voyages, assemblant autour de son siége de juge aussi bien les nobles que les roturiers d'une région. Dans ce cas, étant question de la Transylvanie, et tout particuliérement du comitat de Fogaras, c'étaient les nobles, les Saxons, les Sicules et les Roumains qui comparaissaient devant le roi en qualité de parties plaidantes ou de témoins, Bien que l'interprétation de la charte ne laisse subsister la moindre ombre de doute, certains historiens du siécle passé se sont évertués á en tirer des conclusions fantaisistes. En 1846 un historien hongrois, Ladislas Gál de Hilib (Vizsgálódás az erdélyi kenézségekről — Considérations sur les kénézats transylvains. Nagyenyed, 1846, p. 26) affirma qu'au XIII e siécle les Roumains de Transylvanie avaient les mémes droit6 que les nobles, les Saxons et les Sicules, et qu'ils formaient la quatriéme „nation" transylvaine. Le méme auteur considéraít l'audience judiciaire de Gyulafehérvár comme une assemblée législative oü les Roumains étaíent, eux aussi, des membres admis au vote. Ces erreurs furent rééditées par Ladislas Kővári (Erdély történelme — Histoire de Transylvanie, Pest, 1859, I, p. 147) et aprés lui par plusieurs historiens roumains (Xenopol, Magyars et Roumains devant l'histoire, Paris, 1900, p. 12—3; Onciul, o. c. p. 55, etc.). Certains savants roumains et étrangers, considérant les noms de peuples comme autant d'adjectifs qualificatifs, parlent méme de nobles roumains (C. C. Giurescu, Istoria Románilor I, p, 274; R. W. Seton-Watson, Histoire des Roumains, Paris, 1937, p. 113). Selon la derniére synthése de M. N, Iorga, „les Roumains, placés á cóté des corps privilégiés, ont le méme rang politique, et ceci suppose, non pas une assemblée de pátres et d'agriculteurs ruraux, mais uniquement celle d'un certain nombre de chefs" (o, c, III, p. 178). Le méme historien finit par déclarer que „c'est une vraie révolution" (ibid,). Si l'on examine de prés cette prétendue „révolution", on voit aussitót que les auteurs roumains ne 6e sont pas rendű compte du fait que, si le rédacteur de la charte eüt voulu signaler la présence de gentilshommes roumains, il eüt écrit „nobilibus Olachalibus", puisque Olachus ne fonctionnait qu'en qualité de substantif. Néanmoins M. Giurescu a fait entrevoir aussi une autre possibilité: á son avis, le terme „nobilibus" pourrait étre le qualificatif des noms de peuples suivants. Peu convaincu de la justesse de cette opinion, il a d'ailleurs ajouté que méme si l'on considérait „nobilibus" non pas comme adjectif, mais comme substantif (c'est, en effet, la seule interprétation admissible de ce passage si discuté!), cette maniére d'analyse grammaticale ne modifierait en rien la thése de l'égalité de droit des Roumains (1. c.). Ces minuties grammaticales mises á part, il convient d'attacher plus d'importance au fait qu'á la fin du XIII e siécle la société transylvaine n'était pas encore arrivée á une distinction précise des „trois nations". L',,unio trium nationum" ne se constituera qu'aprés 1437 en tant que réaction á la révolte de la paysannerie, et ce n'est qu'aprés cette date qu'on tiendra en Documenta Valachica 3