Fekete Nagy, Antonius – Makkai, Ladislaus: Documenta historiam Valachorum in Hungaria illustrantia, usque ad annum 1400 p. Christum. (Budapest, 1941. Études sur l'Europe Centre-Orientale. 29.)
Dátum per manus Cleti, aule regie cancellaríi, Agriensis preposítí. Anno ab incarnatíone Domini millesimo CCo XXII. (Suivent les noms des hauts dignitaires du pays,} Regni nostri anno XVIIo, p. 609 et Idem, Megjegyzések az oláh telepítés kérdéséhez — Remarques sur la colonisation des Roumains, Századok, 1908, p. 847), En ce qui concerne l'origine et les conditions juridiques de ces établissements roumains, les historiens hongrois et. roumains ne sont guére d'accord. Les Roumains, partant de la fausse prémisse qu'au moment de la conquéte arpadienne il y eüt déjá des Roumains en Transylvanie, supposent que la „terra Blacorum" füt un débris de l'ancien pays du prince Kean dont il est question dans les chroniques hongroises (cf, J. Thuróczy: Chronica Hungarorum, chap, 30, éd. J, G. Schwandtner: Scriptores Rerum Hungaricarum, Vindobonae, 1776, p, 47 ss,). A l'avis de D, Onciul (o. c, p, 50—1), Kean aurait été un prince 6lavoroumain, vaincu et tué par Saint Etienne (997—1038). C'est á l'occasion de cette défaite que les Roumains auraient été refoulés jusqu'au coin Sud-Est de la Transylvanie. Néanmoins c'est un fait que Kean, loin d'étre un prince slavo-roumain, fut, selon le texte de la chronique méme, un prince bulgaroslave. Étant donné que la chronique n'offre pas de point de repére pour la localisation du pays de Kean, il est impossible d'en tirer d'autres conclusions. II faut s'inscrire en faux aussi contre une autre assertion d'Onciul et de plusieurs auteurs roumains (p. ex. A. Bunea: Stápánii T^rii Oltului, Bucure§ti, 1910, p. 31), suivant laquelle le pays des Roumains, c'est-á-dire la province de Fogaras, aurait joui, dans le cadre du royaume de Hongrie, d'une autonomie pareille á celle du pays des Sicules. Cette affirmation est dénuée de tout fondement, et méme les données postérieures n'apportent en sa faveur aucun argument positif, On sait, par contre, que les rois pouvaient accorder á n'importe qui des domaines détachés de cette région ce qu'ils n'auraient pu fairé sur le territoire autonome des Sicules, Contrairement á ces suppositions injustifiables, il est certain que, malgré l'apparition des Roumains en Hongrie au début du XIII e siécle, jusqu'á 1283 on ne fait mention d'aucun établissement roumain. N'est-ce pas fort significatif qu'entre les deux dates il y a presque un siécle? C'est précisément en Fogaras, dans la zone de l'ancienne „terra Blacorum" qu'on rencontre, en 1322, la premiére colonie stable des Roumains: Kercz Valachorum (auj, Oláhujfalu—Noul Román). Sí les Roumains sont aujourd'hui en majorité dans le comitat de Fogaras, il ne s'ensuít pas qu'ils y aient précédé les Hongrois. Les premiers colons furent certainement les Hongrois comme en témoignent les noms de lieux tels que Földvár (föld „terre", vár „forteresse"), Árpás (dérivé de árpa „orge"), Szombatfalva [szombat „samedi", falva „village"), Fogaras (d'origine inconnue, mais non roumaine, cf, J. Melich: Magyar Etymologiai Szótár, II, p. 316—9), Kerc (d'origine allemande ou slave, cf. N, Dráganu, Románii ín veacurile IX-XIV. Bucarest, 1933, p, 551—2). Tous ces noms sont d'origine hongroise ou allemande (á l'exception de Kerc qui peut étre aussi slave), et les Roumains n'ont fait que les adapter au génié de leur langue (Feldior, Árpa?, Sámbáta, Fágáraemprunté de l'ancien hongrois Fagaras, attesté á la fin du XIV e siécle, Cárfa). II en fut de méme dans la partié Ouest du comitat oü d'autres noms hongrois et allemands sont entrés en roumain (Bethlen > Beclean, Sebes, c'est-á-díre „rapidé" > §ebe§, Besen-