Fekete Nagy, Antonius – Makkai, Ladislaus: Documenta historiam Valachorum in Hungaria illustrantia, usque ad annum 1400 p. Christum. (Budapest, 1941. Études sur l'Europe Centre-Orientale. 29.)
LX Dráganu y a voulu trouver dcs centaines de noms roumains, 8 3 mais mérne ses contemporains n'ont pas admis ses conclusions que sous certaínes réserves. Les noms qui sont cités par N. Iorga, se laíssent répartir en deux catégories: les uns sont d'origine incontestablement hongroise (comme p. ex. Mogus qu'on a beau trascrire en „Mogos" pour dissimuler qu'il est identique au hongrois mogus, mogos, magos, magas ,,haut\ Micus qui est un dérivé hypocorístíque de Miklós, Gyurg qui équívaut á l'ancien hongrois Gyürgy auj, György et pas au roumain Giurgiu, etc.), les autres s'expliquent par le slave ou d'autres langues „neutres" et ne fournissent aucun renseignement sur la nationalité de leurs porteurs (cf, Bogdán, Ludomir, Zoboslav, etc.}. 8 4 Néanmoíns par suíte de la date de ces registres, on ne peut pas exclure en princípe la possibilité d'y relever quelques noms roumains (comme Sceraka, etc,), mais pour les distinguer de cet amas d'anthroponymes inutílement cités, il faudrait entreprendere une étude systématique de tous les noms compris dans ces textes. Telle étude approfondie ne confírmerait probablement pas la conclusion de Iorga: „Cependant, partout l'élément roumain surgit." Pour terminer, il convient de fairé quelques réflexions aussi sur la chronique du Notaire Anonyme du roi Béla dont les défenseurs de la continuité latino-roumaine en Transylvanie ont si souvent invoqué le témoignage, M, Louís Tamás a déjá démontré, dans le dernier chapitre de son ouvrage, que, malgré toute assertion contraire, ,,la chronique de l'Anonyme ne constitue pas une preuve irréfutable de la présence des Roumains en Transylvanie á l'époque de la conquéte arpadienne". 8 5 II a, en revanche, établi que c'est ,,la premiere source historique qui, précédant mérne les plus anciennes mentions documentaires transmises par les chartes latines de Hongríe," La derniére constatation fait déjá voir que, pour apprécier la valeur documentaire de la chronique de l'Anonyme par rapport aux Roumains, il faut d'abord fixer l'époque oü elle avait été écrite. Au début du XIX e siécle Pierre Maior, un des fondateurs de l'historiographie roumaine, avait encore vu dans l'Anonyme, d'aprés les recherches hongroises de son temps, le Notaire du roi Béla I (1061—3), 8 6 mais la science 8 3 Dráganu, o. c. p. 293 ss., pour l'opinion contraire v. J. Karácsonyi, Az oláhok bevándorlása (Erd. Tört. Ért., 1912, 37.). 8 4 Pour ces noms cf, N. Iorga: Histoire des Roumains. III. p. 164. 8 5 O. c. AECO. II, p. 357. 8 6 Cf. Istoria pentru inceputul Románilor ín Dacia (éd. 1883), p. 78, note.