Fekete Nagy, Antonius – Makkai, Ladislaus: Documenta historiam Valachorum in Hungaria illustrantia, usque ad annum 1400 p. Christum. (Budapest, 1941. Études sur l'Europe Centre-Orientale. 29.)
Oloz 3 au sujet de leur village Egrus 4 que l'accusé potentialiter ad alium locum in eadem terra, nomine sue possessionis transtulisset et fecisset residere. Les délégués du comte ayant constaté la vérité de ce fait, Baach est autorisé á exclure Paul de tout usufruit de la terre en question. Dátum feria sexta proxima ante Dominicam Oculi mei, anno Domini M-o CCC-o decimo nono. 3 Ce Paulus dictus Oloz était un immigré d'origine néolatíne, peut-étre un Italien (olasz, emprunté du slave Vlasi, signifie aujourd'hui ,,Italien", mais dans l'ancienne langue il s'appliquait aussi á des colons venus des autres pays latins), 4 Egrus, Egres, aujourd'hui Ezeres (en roumain Ezeri?) se trouve au Nord-Est de Bogsán—Boc§an. En 1360 il réapparaít comme le domaine des Himfy. Son nom est d'origine hongroise: la forme médiévale (Egrüs, Egres) est dérivée de éger ,,aune"; la forme moderne, par contre, semble renvoyer á ezer ,,mille", mais en réalité ce n'est qu'une corruption de l'ancienne dénomination (v. plus bas). Au moyen áge le com. de Krassó n'occupait pas le méme territoire oü il se trouve actuellement, mais il était limité, d'un cöté, par la riviére de Berzava, et de l'autre, par la montagne de Semenik. Autour de luí il y avait le Danube, le com. de Keve (qui, depuis, a disparu sans laisser de trace), le com. de Temes, et á l'Est, les districts roumains du banat de Szörény. Les sources du XIV e siécle y attestent l'existence de 134 villes et villages. Parmi ceux-ci, environ 50 ont un nom manifestement hongrois, les autres portent, en revanche, sóit des noms slaves, sóit des noms d'origine inconnue. II n'y a pas un qui ait un nom roumain. Les villages roumains sont dénommés, dans la plupart des cas, d'aprés le nom des kénézes auquel on ajouta les termes hongrois de háza „maison" ou falva „village", Si l'on considére ces toponymes composés, on s'aper^oit du fait que méme les noms des kénézes ne sont pas d'origine roumaine (noms hongrois: Farkas „loup", Files de fül, fii „oreille"; noms slaves: Drusan de drug „compagnon", Stanislas, etc.). Quant á la maniére de la composition, il est á remarquer que les composés de ce génre, trés rares aux XIII e siécle, ne se généralisent qu'au XIVe (cf. E. Kertész, A magyar helynévadás történetéből, — De l'histoire des noms de lieux hongrois, Magyar Nyelvőr, 1939, p, 70 et suiv.). Le com. de Krassó ne fait que corroborer cette thése: ce n'est qu'au XIV C siécle qu'on y trouve environ 30 noms terminés par -háza ou -falva. On peut, en revanche, démontrer que les colonies hongroises de cette région remontent au X e siécle: deux d'entre elles, á savoir Jenő et Nyék, ont les noms d'anciennes tribus ce qui prouve qu'elles sont antérieures á la disparition totale de l'organisation des tribus qui eut lieu au XI e siécle (cf. Kniezsa, o. c. AECO. IV, p. 273). C'est dans la vallée supérieure de la Karas que la population hongroise était la plus dense: tous les noms de lieux, de fleuves et de lieux-dits y dérivent du hongrois. Le nom de la Karas (anciennement Karasó, Krassó) est probablement d'origine turque (v. l'article récent de M. Jules Németh, Budapesti Szemle, 1940, p. 16), et c'est par l'intermédiaire du slave (Kniezsa, o. c, AECO, IV, p, 346, note) et du hongrois qu'il pénétra en roumain (cf. aussi Melich, o, c. p, 26), Jusqu'á l'arrivée des Hongrois ce territoire avait