Fekete Nagy, Antonius – Makkai, Ladislaus: Documenta historiam Valachorum in Hungaria illustrantia, usque ad annum 1400 p. Christum. (Budapest, 1941. Études sur l'Europe Centre-Orientale. 29.)

Dátum per manus discreti viri magistri Johannis Albensís ecclesie prepositi, aule nostre vícecancellarii et archídiaconi de Kukullu, dilecti et fidelis nostri, anno Domini MCCC quintode­des noms roumains que dans les montagnes et méme la seulement á partir de la fin du XIV e siécle (cf. 1377: Ryussor, plus tard Rusor, de ráu§or „petite riviére", de ráu <C latin rivus; 1380: Csernisora < roumain Cerni$oara; 1394: Nuksora du roumain Nuc§oara, dérivé de nuc „noix", cf. E, Kniezsa, AECO. IV, p, 367). II n'y a, en tout, que quatre noms d'origine roumaine, mais le quatriéme n'est, en réalité, qu'un composé roumano-hongrois (cf. 1394: Bor­bátvize, de bárbat „homme" et vize „eau"). Quelques autres noms qui appa­raiesent plus tard, renvoient également á une population de caractére hon- í grois et non roumain: Fegyer, Fűzesd (de fűz „saule"), Farkadin (jadis Far­kad, cf, fark „queue"), Kovrágy (en 1453 c'était Kór ód), Váralja „basse en­ceinte" (litt. ,,le bas du cháteau"), etc. II convient de signaler que les habi­tants roumains des derniers villages continuent de se servír jusqu'á nos jours des anciennes dénominations hongroises (cf, Federi, Fize$ti, Farcadinul; Kov­rágy est un nom repris du roumain Covragiu qui est emprunté, á son tour, du hongrois Kóród, v, plus haut). En considération de ces faits on peut éta­blir que les plus anciens habitants de la vallée de Hátszeg avaient été des Slaves, et qu'á partir du XI e siécle il s'y créa une zone habitée d'une popu­lation hongroise trés den6e qui se trouvait dans le secteur orientál de cette région. Les Roumains n'y paraissent que des la seconde moitié du XIII e siécle; leurs premiéres colonies stables datent de la fin du XIV e (cf. Fran­90ÍS Sólyom-Fekete, A magyarság és az oláh inkolátus Hunyad vármegyé­ben — Les Hongrois et la continuité des Roumains au com. Hunyad; Hunyad vármegye hely- és helységneveinek történetéhez — Contributions á l'histoire des noms de lieux du com. de Hunyad, Hunyadmegyei Tört. és Régészeti Tár­sulat Évkönyve, I, p. 53, VI, p. 27; Kniezsa, o. c. AECO. IV, p. 323, 367). 11 faut, par conséquent, s'inscrire en faux contre l'assertion de M. Romulus Vuia, ethnographe roumain et professeur á l'Université de Kolozsvár, suivant laquelle dans la vallée de Hátszeg il n'y aurait qu'un seul nom d'origine hon­groise (Fűzesd—Fize§ti). Le méme auteur affirme á tort qu'avant la pénétra­tion des Hongrois il y eüt une organisation politique slavo-roumaine. La der­niére hypothése est bátie sur le fait qu'au moyen áge le territoire en question avait jusqu'á 12 villages au nom. d'Ohaba qui signifie en slave une terre exempte d'impót. M, Vuia en conclut que ces localités font supposer l'exi­stence d'un pouvoir supérieur qui exigeait le payement des impöts (cf. T ara Ha^egului §i regiunea Pádurenilor, Lucrárile Institutului de Geografíe al Uni­versitá^ii din Cluj, 1926, p. 55 et suiv.). Pour infirmer la thése de l'ethno­graphe roumain il suffit de rappeler que selon M. Jean Melich, professeur á l'Université de Budapest, le terme á'ohaba appartient á la terminologie slave des chancelleries des voivodats roumains qui s'étaíent créés au XIV e siécle. Etánt donné que les villages qui portent ce nom, n'apparaissent qu'au siécle suivant, on peut présumer que les Roumains établis dans les localités de ce genre fussent venus d'au-delá des Carpathes (cf. J, Melich, A honfog­laláskori Magyarország — La Hongrie á l'époque de la conquéte arpadienne, Bp. 1925—29, p, 185—87). Cette immigration qui se dirigeait du Sud au Nord, a d'ailleurs été reconnue aussi par un savant roumain (J. Popovici, Die Dia­lekte der Munteni und Pádureni im Hunyader Komitate. Halle, 1905),

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