Folia archeologica 22.
V. Ember Mária: A textilgyűjtemény új hímzései
LES NOUVELLES BRODERIES DU CABINET DE TEXTILE Le Cabinet de textile du Musée National Hongrois s'est vu s'enrichir au mois de janvier 1 970 de deux broderies d'une beauté exceptionelle et d'une haute valeur. L'une d'elles est un plat d'oreiller (fig. 1-2) ornée d une broderie de soie et d'or en couleurs sur les trois côtés, l'un plus long, les deux autres plus courts. Dans le coin des deux côtés plus courts on trouve un plant de fleur posé diagonalement, avec comme naissance une rosace à raies plantée au centre. C'est de là que pousse la pivoine au dessin très riche couronnant le plant de fleur au milieu de petites fleurs et de feuilles. Deux grandes feuilles en forme de croissant montent aussi de la rosace pour former un arc aux deux côtés tout comme la grenade - mais celle dans l'autre sens - composant la base du plant. D'après sa composition, le plant de fleur, poussant de la grenade au sens opposé, est un motif équilibré, parfaitement construit aussi au sens inverse. Vu de ce côté, les grandes feuilles falquées sont rabattues, fait insolite, mais qui ne rompt pas l'équilibre de l'ornement. A l'autre extrémité des deux côtés plus longs du plat d'oreiller, un plant de fleur, tout semblable au premier décrit ci-dessus, quoique d'un dessin plus simple, est planté verticalement qui ferme l'ornement des côtés plus courts. L'ornement au centre des côtés prend naissance de deux feuilles plates en forme de S au sens horizontal qui portent une rangée de feuilles en forme de palmette composée de onze feuilles surmontée d'une figure d'ananas encadrée audessus d'un laurier. Le champ de milieu de l'ananas est orné d'un lys à cinq pétales. Les trois côtés du plat d'oreiller sont encadrés d'une bordure étroite. Des rosaces à huit pétales sont rattachées aux grenades par des rinceaux en S. Deux feuilles en forme d'arc recourbées prennent naissance dans la grenade nous rappelant la palmette persane. La bordure n'était pas dessinée de façon à remplir l'espace entre les angles droits des coins, les ornements se continuent après les coins, ayant négligé le principe de symétrie qui aurait exigé qu'on ornement de fleur soit placé aux deux coins. Dans la première moitié du XVIII e siècle une guipure aux fuseaux étroite en or a été cousue au plat d'oreiller et elle faisait fonction de nappe. La broderie du plat d'oreiller est unique dans son genre, conséquemment elle manque d'analogies, c'est seulement en étudiant le dessin et les éléments de style qu'on peut conclure sur les préfigurations et le lieu de création de la broderie. Le plant de fleur est un ornement fréqemment employé aussi bien sur les broderies que dans le cas des étoffes. Il était très favorisé par l'art de textile du moyen âge et tout spécialement par celui de la Renaissance. Il se retrouve aussi bien sur les étoffes coptes et persannes orientales des VI e-IX e siècles que sur les damassés et brocarts italiens et espagnols du XVI e siècle. Sous l'influence du modèle renaissance italien dit de crouche, le plant de fleur monte d'un vase, d'une racine, d'un bulbe sur les broderies hongroises. Ce dernier élément se transformait sous l'effet de l'aspiration esthétique en grenade. Sur les branches du plant éclorent des fleurs variées. La branche principale est ornée bien souvent par la fleur décorative du lotos facile à styliser avec un effet varié ou de la pivoine. Cet ornement se retrouve à d'innombrables variantes des dammassés, brocarts et velours italiens, français 16 Folia Archaeologica 1971