Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)

VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris

440 Biaudet, 2. — de ce que la police du canton apprenait par des rapports officiels que MM. Amoud et Condamin, au lieu de remplir leur commission avec la prudence propre ä en assurer le succés, ou du moins ä se convaincre que l’objet de leurs recherches n’était point dans le pays, s’étaient permis, en émettant publiquement des opinions contraires á l’ordre, en faisant bőire et en donnant des fétes aux gens de la Campagne, de provoquer des opinions analogues á celles qu’ils émettaient de la part de gens qui ne les partageaient ostensiblement que pour profiter de leurs largesses inconsidérées. Sensiblement reconnaissant de l’accueil de Votre Excellence et des bienveillantes dispositions qu’elle a bien voulu me manifester pour mon canton, j’ai cru devoir lui remettre sous les yeux les reproches faits ä ces deux agents, & raison de ce que leur réponse ä M. du Plessis fut loin d’etre satisfaisante *). Permettez que je rappelle encore l’attention de Votre Excellence sur les moyens qui viennent d’étre employés dans notre canton et sur leurs graves inconvénients. Son Conseil d’Etat, instruit des vrais intéréts de ses ressortissants et de l’inclination qui les porté vers la France et son gouverne- ment, désire sincérement soutenir avec lui les relations du plus excellent voisinage; il continue dans la ferme resolution de ne tolérer sur notre frontiére aucune des personnes qui pourraient compromettre notre tranquillité et celle du gouvernement actuel. Mais je prie Votre Excellence d’observer qu’il suffit qu’un de Messieurs vos lieutenants de police sache qu’un individu suspect a traverse le Canton de Vaud pour qu’il puisse l’y erőire encore, ce ä quoi il est souvent porté par les insinuations de polices étrangéres * 2). Le Conseil d’Etat de mon canton sent lui-méme de quel intérét il est, pour les départements limitrophes, que l’esprit de nos ressortissants soit analogue aux désirs du gouverne­ment fran<jais. Mais comment le maintiendrait-il, cet esprit, si, pour réussir dans une mission et pour prendre l’attitude qui la favorise, on venait par des largesses mettre á l’unisson quelques misérables qui, en tous lieux, se trouvent toujours prets, pour de l’argent, ä jouer tous les roles et & prendre toutes les couleurs ? Votre Excellence sait combién il importé de calmer toutes les agitations et d’óter toutes les inquiétudes. Déjá, sur ce point, vous avez bien voulu me manifester la volonté du Roi et votre bienveillance á notre égard. Pour nous juger désormais, j’ose prier Votre Excellence de vouloir bien se souvenir que nous sommes un canton nouveau, et regretté, tenant fermement et unanimement á notre indépendance; et je crois que cette considération éclairera souvent, ä vos yeux, un grand nombre d’inculpations qui nous sont faites sans aucun fondement. Quant & nous, Monseigneur, nos rapports joumaliers avec la France et nos anciens souvenirs nous rappellent sans cesse nos vrais intéréts et notre sincere inclination pour eile et son gouverne­ment actuel. La sanction qu’il a donnée á cette indépendance que nous estimons chaque jour davantage, vient de créer pour nous un nouveau lien de reconnaissance et de dévouement. Veuillez agréer, Monseigneur, l’expression de la haute et infinie considération avec laquelle j’ai l’honneur d’étre, de Votre Excellence, le trés humble et trés obéissant serviteur. Paris, ce 25 décembre 1815. de Loys Conseiller d’Etat du Canton de Vaud 3) Cette lettre est á peine partié que Loys se rend chez le dúc de Richelieu, qui l’a invité a nouveau avec Laharpe 4). Le conseiller d’Etat vaudois est conquis par le président du Conseil et ministre des Affaires étrangéres, « dönt la réception gracieuse, noble et aisée, reporte ä cinquante ans en arriére » 5). Dans l’audience qu’il donne á ses hőtes suisses, peu avant de se mettre ä table, le duc de Richelieu s’exprime comme il l’a fait une semaine auparavant avec Laharpe seul. « Il me dit que nous devions regarder notre sort comme parfaitement assuré et qu’il n’y avait plus le moindre lieu, chez nous, á crainte et á agitation, et que nous devions agir en consequence vis-ä-vis de la France » 6). b Amoud déclara « qu’au sujet des propos et de l’argent qu’il avait employés auprés des « bona- partistes » de ce pays, il ne pourrait étre critiqué que dans le cas oü ces moyens n’auraient pás réussi » et il persista ä assurer que Joseph Bonaparte se trouvait encore dans le canton, et qu’il avait mérne été en rapport avec lui par l’intermédiaire d’un tiers. A. C. E., Registre des délibérations secretes, VIII, p. 244—246. 2) Lisez « confédérées ». 3) Copie (d’une autre main que celle de Loys; celle de son fils peut-étre, qui Tavait accompagné á, Paris) jointe & une lettre de Loys ä la Commission de Police du Conseil d’Etat, Paris s. d. (arrivée á Lausanne le 4 janvier 1816). A. C. E., Correspondance secrete, XI. 4) Richelieu á, Loys, Paris 23 décembre 1815. A. C. V., Archives Loys, L 1594. 5) Loys ä Pidou, Paris 28 décembre 1815, A. C, E., Correspondance secrete, XI. 6) Ibidem.

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