Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)
VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris
Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. 439 tout de suite entreprendre des recherches, elles devraient avoir abouti, la police devant s’effectuer rapidement et facilement dans une population de cent soixante mille ámes. « Je le priai d’observer, note Loys, qu’elles étaient éparses sur une étendue assez grande et montagneuse; que notre pays étant le passage pour aller ä plusieurs autres, il suffisait qu’il fűt connu qu’un individu suspect l’eut traversé pour que la police de France l’y crut encore, — ce á quoi eile était souvent portáé par des polices confédérées *) —; et qu’il voulüt bien se souvenir, pour nous juger équitablement, que nous étions canton nouveau et regretté * 1 2); que cela lui expliquerait bien des inculpations fausses, etc. » 3). Sur quoi, l’audience est terminée 4); mais non pas encore la mission de Loys. « Comme verba volant et scripta manent, je projette, écrit-il a Lausanne, d’envoyer demain au ministre un extráit de (la) lettre qu’il a parcourue devant trente personnes qui l’attendaient encore, d’y ajouter quelques-unes de mes réponses étendues afin qu’elles restent mieux dans sa memoire, et que le tout nous évite les scenes provoquées malicieusement par ces deux protées subalternes et qui compromettent trés injustement nos paysans, car dans tous les pays, pour quelques écus, on fait crier « Vive le roi, vive la Ligue » ä quelques pauvres diables affamés et altérés. Le Conseil d’Etat peut étre assuré que, sur tous les objets, je ne négligerai quoi que ce soit pour rectifier les préventions, parer aux fausses insinuations et faire connaitre tels qu’ils sont les sentiments du Conseil pour la France et son gouvernement » 5). La note annoncée, Loys l’envoie effectivement, deux jours plus tard, le 25 décembre, au ministre de la Police générale: Monseigneur le Ministre de la Police générale, Dans l’audience que vous m’avez fait l’honneur de m’accorder vendredi chez vous, j’ai cru voir Votre Excellence surprise de ce que les commissaires de la police de Lyon continuaient aussi longtemps leur séjour dans le Canton de Vaud, quoiqu’il fűt bien avéré que la personne qu’ils prétendaient y étre habitait depuis longtemps les Etats-Unis. J’ai l’honneur de répéter á Votre Excellence que je me suis assuré, dans une lettre plus récén te encore 6), que Messieurs Arnoud dit Durand, et Condamin son neveu, ont fait leur visite de départ chez Monsieur du Plessis, juge de paix á Nyon, seulement le 9 courant au soir; dans laquelle visite, le dit juge s’est plaint á eux. 1. — de ce que M. le lieutenant de police á Lyon se trouvait fort mal informé de la vérité, puisqu’il n’avait point été retusé á MM. Arnoud et Condamin de demeurer dans le canton et, qu’au contraire, leur premier séjour avait été favorisé et facilité par M. du Plessis, et qu’en continuation de cette premiere permission ils en avaient obtenu une positive du Conseil d’Etat de résider dans le district de Nyon pendant trois mois 7). Iá de Joseph Bonaparte. Ce visiteur était en réalitó le général Auguste Ameil (1755—1822), baron de l’Empire, fidéle serviteur de Napoléon et des siens. Proserit de France par l’ordonnance du 24 juillet 1815, arrivé á Lausanne au commencement d’aoűt, il vivait á Romainmotier sous le nom d’Auguste Liema, précepteur dans la famille Roland. Le Conseil d’Etat fit faire une enquéte, qui révela qu’il avait quitte Romainmotier le 10 décembre pour se rendre á Altona (A. C. E., Registre des délibórations secretes, VIII, p. 235, 241, 243, 247, 249 ss). En réalité, il séjourna encore quelque temps dans le Canton de Vaud, á Lucens par exemple sous le nom de Requigny, et ne partit pour le Hanovre qu’en été 1816 seulement, avec un passeport au nom de « Jean-André Favre, de Lucens, marchand de chevaux » (A. C. V., K VII e 8, dossier Ameil). II fut arrété á Lunebourg et devint fou dans sa prison. Condamné á mórt par contumace le 15 novembre 1816, il fut amnistié le 25 juin 1821 et admis á la retraite le 24 octobre 1821. II mourut a Paris. 1) Allusion á l’attitude des polices bemoise, neucháteloise et genevoise á l’égard du Canton de Vaud. 2) C’est Loys qui souligne; et c’est Beme qui est visé. 3) Loys á Pidou, Paris 23 décembre 1815. A. C. E., Correspondance secrete, XI. 4) « Il me dit trés obligeamment qu’il restait tous les soirs chez lui et qu’il me recevrait avec plaisir pendant mon séjour á Paris. » Loys á Pidou, Paris 23 décembre 1815. Ibidem. 5) Ibidem. ®) Allusion a une lettre de Pidou du 11 décembre 1815, qui donnáit connaissance á Loys du rapport adressé par le juge de paix de Nyon au Conseil d’Etat le 9 décembre sur sa demiére entrevue avec Amoud et Condamin. A. C. E., Registre des délibérations secrétes, VIII, p. 247. 7) Cette autorisation leur avait été accordée par le Conseil d’Etat le 24 novembre 1815. A. C. E., Registre des délibérations secretes, VIII, p. 220.