Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)

VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris

438 Biaudet, assure, le gouvernement frangais ayant trop á faire chez lui pour entreprendre quelque chose de pared, quand ü le voudrait, ce qui n’est nudement le cas. Je n’ai point déconvenu qu’on eűt des craintes, fomentées par ceux qui se vantaient d’une protection exclusive; mais j’ai ajouté qu’elles avaient diminué et qu’elles s’évanouiraient des qu’on verrait que les amis *) de notre indépendance n’étaient point soutenus. On m’a demandé s’d n’y avait point chez nous un parti révolutionnaire ? Je l’ai nié parce que je crois qu’en effet il n’existe rien de pared; mais j’ai convenu qu’aussi longtemps que la liberté et l’indépendance des nouveaux cantons avaient été menacées, il avait existé un parti national voulant á tout prix cette liberté et cette indépendance, et prét á tous les sacrifices pour les maintenir; que si ce parti était désigné comme révolutionnaire, je ne pouvais nier qu’d ne fűt trés considérable, mais que je ne voyais pás que nos voisins eussent sujet d’en concevoir des alarmes puisque c’était du simple patriotisme. Vodá la substance de ma séance. Si vous voulez en avoir quelque chose de plus, je serai chez moi jusqu’á une heure et demie. Je pense pourtant qu’avant d’en écrire á Lausanne, il faudrait attendre ce qui vous sera dit vendredi1 2). J’ai d’adleurs été extrémement content de l’accued, et d ne m’a pás été difficile de voir que la personne en question avait pour nous une bienveillance qui la portait á désirer que nous puissions tranquidiser complétement ses supérieurs. C’est ce qu’d faut fairé. Je voulais vous aller raconter tout cela hier au soir, mais j’ai été entravé. Agréez les assurances de tous mes sentiments et de ma haute considération. Mer eredi 3). Le 22 décembre, en se rendant chez le ministre de la Police générale, Loys dépose sa carte chez le dúc de Picheheu, comme le lui a recommandé Laharpe 4). Chez Decazes, il est fort bien re9u 5). A Tissue du repas, il a un long entretien avec son hőte, lui donne lecture de la lettre du landammann Pidou du 8 décembre 6) et expose combién le Canton de Vaud a ä se plaindre des agents de la police fran9aise. Decazes s’étonne: «Je puis vous certifier, lui dit-il, que le Roi et moi, nous ne voulons point que vous soyez inquiétés. J’ai bien donné l’ordre, il y a longtemps, sur Tobjet dönt vous me parlez; mais nous savons positiv ement que Joseph Bonaparte est ä New-York et je ne con9ois pas que cette affaire se sóit passee récemment. » Il convient que Durand et Condamin ont outrepassé leurs droits, mais il ne manque pas de relever aussi que la duchesse de Saint-Leu a rencontre quelqu’un de suspect ä son passage á Payerne 7). Si le landammann, comme Ten assure Loys, a fait 1) Lapsus calami, pour « ennemis ». 2) C’est le surlendemain, le vendredi 22 décembre, que Loys dévait diner chez le ministre de la Police générale. 3) Laharpe ä Loys (non signée et sans autre indication de date que « mercredi »). A. C. V., Archives Loys, L 1597. Laharpe adressa aussi, sur le mérne objet, une lettre á son ami Henri Monod, que nous n’avons pas retrouvée (Loys á Pidou, Paris 28 décembre 1815. A. C. E., Correspondance secréte, XI). 4) Loys ä Pidou, Paris 21 décembre 1815. A. C. E., Correspondance secréte, X. 5) « Nous étions seize á table . . . Aprés le diner, une multitude de gens de marque arrivérent. On est toujours debout, sauf á table; c’est assez l’usage ä Paris ... Je vis en effet, comme on me l’avait dit, qu’aprés de diner, il (Decazes) donnáit des audiences fort courtes, toujours debout, aux dues, aux pairs et mérne ä une femme. II vint á moi d’un air trés avenant, me dit quelque chose de poli sur ce que le prince de Broglie Tavait tenu longtemps, et je fus assez heureux pour qu’il me fit assoir, sóit par hasard, sóit par fatigue, sóit peut-étre comme étranger, sur un canapé avec lui, car je crains mortellement de parier longtemps droit et stationnaire. » Loys á Pidou, Paris 23 décembre 1815. A. C. E., Correspondance secréte, janvier—juin 1816, XI. ®) La lettre par laquelle Pidou demandait á Loys de se plaindre de l’activité des agents de la police frangaise dans le district de Nyon (Voir ci-dessus, p. 437, n. 1). La copie d’une lettre de Pidou au juge de paix de Nyon, aussi du 8 décembre, y était jointe. A. C. V., Archives Loys, L 1583 et L 1584; A. C. E., Registre des délibérations secrétes, VIII, p. 234—241. 7) Le 1er décembre 1815, lors du passage á Payerne de la duchesse de Saint-Leu, qui avait été autorisée ä traverser la Suisse pour se rendre á Constance, un personnage vétu d’un surtout noisette clair et coiffé d’une casquette, arrivé ä Payerne dans une carriole qu’il conduisait lui-méme, était descendu ä Tauberge de l’Ours et avait été introduit auprés de la reine Hortense, avec laquelle il avait soupé, et soit- disant passé la nuit et déjeuné le lendemain matin; il s’en était allé ensuite comme il était venu, seul dans sa petite voiture. On n’avait pas manqué d’assurer, Amoud et Condamin les tout premiers, qu’il s’agissait

Next

/
Thumbnails
Contents