Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)

VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris

Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. 437 sans tarder á l’audience du ministre de la Police générale, pour lui exposer avec franchise ce qui se passe réellement dans le Canton de Vaud et le renseigner sur 1’attitude et les faux rapports des sieurs Durand et Condamin x). « Ne sachant pas exactement la titulature de S. E. le ministre de la Police », Loys ne lui écrit que le 18 * 2), mais aussitöt le comte Decazes l’invite ä diner pour le 22 decembre 3). Entre temps Laharpe, se faisant l’introducteur de l’envoyé vaudois, s’est adressé au président du Conseil, le duc de Richelieu, qui l’a invité á diner avec son compatriote pour le 19 décembre 4). Une «petite mésaventure de toilette »5) empéche Loys de se rendre a cette invitation. Laharpe, le lendemain, 1’informe de ce qui s’est dit chez le président du Conseil: Monsieur, Je m’empresse de vous faire part de la séance de hier chez . .. 1) Ce n’était pas un grand diner: il n’y avait que trois convives étrangers á la maison, dönt un évéque. 2) Ceux qui étaient en frac avaient les boucles et le chapeau frangais. Les visiteurs venus aprés le diner étaient en épéé. 3) J’ai fait vos excuses, qui ont été fort bien accueillies, en demandant pour vous de pouvoir obtenir íme autre audience; ce qui m’a été promis de trés bonne grace. Dans un ou deux jours, présentez-vous et faites écrire votre nőm, ou dóposer une carte contenant votre nőm accompagnó de votre qualification et de votre adresse. 4) Nous avons eu une explication trés amicale sur le Canton de Vaud. J’ai dit que les agents de police nous vexaient un peu 6). On a répondu que leur ministére avait été jugé nécessaire tant qu’on avait pu erőire que les ennemis de l’ordre de choses actuel étaient regus Iá oü ils pouvaient si facilement nuire. J’ai assuré que le Conseil d’Etat du Canton de Vaud ne demandait pas mieux que de tranquilliser le gouvemement frangais, qu’il était pénétré du désir de lui dormer des preuves de son dévouement . . . La dessus, on m’a demandé si Romainmőtier était dans le canton, en ajoutant que Iá se trouvait, sous un nőm supposé (Meilha?) le général Ameilh, dönt le nőm appartient á la premiere liste, ou classe 7). J’ai répondu que ce dévait étre á l’insu du gouvernement, qui le ferait sűrement partir dés qu’il en serait instruit. On a ajouté, mais en m’assurant que ce n’était point á titre de plainte, mais ä célúi d’avertisse- ment amical et de confiance, que les gazettes de Lausanne et d’Aarau excitaient souvent du mécontentement en insérant des articles qui pouvaient produire en France de trés facheux effets 8). C’est un point auquel il faut donner quelque attention. On était d’ailleurs instruit de l’arrivée de Joseph en Amérique, et l’on avait regu de Constance une lettre de Madame de Saint-Leu, ce qui m’a fourni l’occasion de raconter le ragot dönt vous m’avez parié 9). On a convenu ensuite que, si l’on avait pu craindre momentanément chez nous que le gouvernement frangais secondát les partisans de Vancien régime 10), on dévait étre maintenant bien tout le monde, naturellement cependant en y étant ámené par des propos qui les appellent. » Loys á. Pidou, Paris 14 décembre 1815. Ibidem. x) Pidou ä Loys, Lausanne 8 décembre 1815. A. C. E., Registre des délibérations secrétes, VIII, p. 238—240. 2) Loys á Pidou, Paris 19 décembre 1815. A. C. E., Correspondance secréte, X. 3) Decazes á Loys, Paris 18 décembre 1815. Lausanne, Archives cantonales Vaudoises (A. C. V.), Archives Loys, L 1593. 4) Richelieu ä Laharpe, Paris 18 décembre 1815. A. C. V., Archives Loys, L 1592. 5) « Une petite mésaventure de toilette m’empécha de me rendre au diner de M. le due de Richelieu. Comme en France moins qu’ailleurs il faut manquer aux nuances de la bienséance et que le costume est beaucoup plus de rigueur que l’année derniére, je prétextai une rage de dent, qui fut présentée par M. de Laharpe et accueillie avec infiniment de politesse, et promesse de s’en dédommager; ce qui voulait dire de m’en dédommager. » Loys ä Pidou, Paris 21 décembre 1815. A. C. E., Correspondance secréte, X. 8) Allusion aux menées de Durand et de son neveu. 7) Sur le général Ameil, voir ci-dessous, p. 438, n. 7 8) Voir ci-dessous, p. 444 9) Allusion au bruit qu’on avait fait courir que Joseph Bonaparte avait rencontré la duchesse de Saint-Leu á Payeme et avait passé la nuit avec eile. Voir ci-dessous p. 438, n. 7 10) C’est Laharpe qui souligne; comme aussi plus bas.

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