Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)
VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris
436 B műdet, Cette idée, les complications sans fin de l’affaire Joseph Bonaparte poussent le gouvernement vaudois ä y donner suite. Un prétexte se présente á point, qu’il s’empresse de saisir. Le 10 novembre 1815, le Conseil représentatif de Génévé décide de remettre la ferme des postes genevoises aux Fischer x). Le coup est sévére pour le Canton de Vaud, qui avait vainement multiplié les démarches pour arriver ä une entente entre les deux Etats * 2) et qui se voit désormais entouré de tous cőtés par l’entreprise Fischer. La régié des postes vaudoises estime nécessaire et urgent que le gouvernement envoie quelqu’un ä Paris surveiller les démarches qu’y ont déja entrepris les Bernois, et qui sóit en mesure de prévenir tout accord qui porterait atteinte aux intéréts du canton. Le 15 novembre, le Conseil d’Etat charge Jean-Samuel de Loys de cette mission 3). Bien davantage que cette négociation sur l’établissement d’un service de la poste aux lettres pour l’Italie par la route directe de Salins et Lausanne, ce qui nécessite la présence du conseiller d’Etat vaudois ä Paris, c’est en réalité la question de l’attitude du cabinet fran9ais ä l’égard du Canton de Vaud 4). Sous le couvert des relations postales á maintenir et ä développer, le délégué du gouvernement vaudois pourra rencontrer les hommes d’Etat fran9ais les plus importants. II pourra les assurer des bonnes dispositions du Canton de Vaud, de son désir de vivre en paix et de sa volonté d’entretenir avec la France sa voisine et avec son gouvernement les relations les plus amicales. Cette mission officieuse, Jean-Samuel de Loys était, semble-t-il, mieux que ses collégues, en mesure de la remplir avec succés. « A un caractére loyal et sűr, qui mérite toute confiance, il joint des formes qui ne peuvent qu’étre agréables ä l’ancienne cour réssucitée »5). Porteur d’un grand nom 6), nouveau dans le gouvernement et n’ayant jamais eu, auparavant, la moindre part aux affaires de l’Etat, il doit étre persona grata ä Paris. Pour atteindre le but qu’on se propose, c’est la l’essentiel. Loys arrive á Paris le 28 novembre dans la soirée, aprés un voyage que le froid, un accident de voiture et quelques difficultés de passeport ä Besan9on, avaient rendu assez pénible 7). Chez Stapfer, chez Perdonnet, et auprés de Frédéric-César de Laharpe, il trouve l’accueil le plus agréable et le plus amical8), mais ä Paris depuis trente-six heures ä peine, il est effrayé déja du temps qu’exige la plus petite affaire 9). Immédiatement, il s’occupe des affaires de poste 10), mais, le 8 décembre, son collégue Pidou lui demande de se présenter b L’entreprise des postes Fischer remontait á 1675, date ä laquelle Beat Fischer avait obtenu la concession de la régale des postes bernoises. Elie s’étendait, ä la fin du XVIIP siéele, sur la plus grande partié de la Suisse et mérne ä l’étranger. Elle disparut en 1832. 2) A. C. E., Registre des délibérations secrétes, VIII, p. 224. 3) A. C. E., Registre des délibérations secrétes, VIII, p. 205. 4) Loys était aussi chargé de faire son possible pour empécher que la France ne revint en arriére sur la restitution de la vallée des Dappes au Canton de Vaud, restitution décidée á Vienne, et pour obtenir encore, s’il était possible, la cession de l’enclave de Céligny. Sur ces deux objets, son intervention vénáit trop tárd et il n’en sera pas question ici, ni de ses négociations postales. B) Mémoires inédits du chancelier Boisot, II, p. 46. 6) Plusieurs membres de la famille de Loys, et Jean-Samuel de Loys lui-méme avaient servi les Bourbons dans les troupes suisses capitulées (cf ci-dessous p.441, n. 3, 4 et 5). Jean-Samuel de Loys avait épousé á Saint-Sulpice (Vaud), le 6 juillet 1784, Pauline de Chandieu, la demiére descendante d’Antoine de Chandieu, le compagnon d’Henri IV, et il se faisait appeler de Loys-Chandieu. 7) Loys ä Pidou, Paris 30 novembre 1815. A. C. E., Correspondance secréte, X. 8) Loys á, Pidou, Paris 5 décembre 1815. Ibidem. 9) Loys ä Pidou, Paris 30 novembre 1815. Ibidem. Il écrit encore, le 14 décembre: «Les pas que Ton fait dans ce pays ressemblent ä ceux d’un mauvais songé, ou l’on gravit sans cesse et sans avancer sensiblement.» Ibidem. 10) Sans manquer d’aborder aussi, ä cette occasion, ce qui faisait l’essentiel de sa mission. « La partié la plus intéressante de ma conversation avec M. d’Herbouville (le directeur des postes) a concemé les inculpations faites au Canton de Vaud sur les proscrits et notamment Joseph Bonaparte. C’est lui qui m’a mis sur la voie. Je lui ai exprimé sur ce sujet toutes les réfutations vraies et victorieuses que nous avions ä faire . . . Ces réfutations sont mon occupation joumaliére et je m’occupe á les faire circuler devant