Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)

VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris

Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. 435 roi d’Espagne, ni donner prise ä la moindre critique. II envoya des gendarmes de renfort au juge de paix du district de Nyon et le chargea de s’entendre directement avec les officiers qui commandaient les troupes fédérales pour faciliter leur action sur territoire vaudois J). On se livra alors aux recherches les plus minutieuses et les plus ridicules. La police de Geneve intervint. Une sorte de commission de police se constitua ä Gex * 2), composée du chef de la police de Geneve, du sous-préfet de Gex, d’un envoyé du préfet de l’Ain et du lieutenant-colonel qui commandait les troupes suisses de la région, commission de police qui fut bientőt comme aux ordres d’un espion de Lyon, Etienne Arnoud dit Durand. Le lieutenant de police de Lyon, M. de Saineville, était parvenu en effet, grace ä son collégue Charles Antoine Dupan, le chef de la police genevoise, á envoyer deux agents secrets ä Nyon dés le 20 octobre 3). Se faisant passer pour bonapartistes, ils étaient descendus á l’auberge de l’endroit et laissaient trainer — ou mérne distribuaient — des écrits séditieux dönt le gouvernement, se prétant au jeu, avait autorisé l’entrée. Le Conseil d’Etat se voyait obligé de poursuivre dans la voie sur laquelle il s’était engage; il en vénáit, pour témoigner de sa bonne volonté, á tolérer la présence et l’activité, sur sol vaudois, d’agents d’une police étrangére 4). Mais le nőmmé Durand, et Condamin son neveu et son acolyte, ne tardérent pas á exagérer. Non contents d’adresser de faux-rapports ä leur chef, pour justifier leur mission et avoir Fair de gagner leur argent, ils se firent encore agents provocateurs. Suspects á Nyon dés le Ier novembre 5), ils s’attaquérent aux habitants de la Campagne environnante, se présentérent 9a et la comme de fervents partisans de Napoléon et parvinrent, ä force d’offrir du vin et des violons, a faire prononcer par certains des paroles considérées comme séditieuses 6). Cela ne pouvait pas durer. Les faux-bruits qui persistaient á courir, la véritable persécution dönt le Canton de Vaud était la victime de la part des polices voisines, l’esprit dans lequel on envisageait tous ses actes, et dans lequel aussi les fonctionnaires frangais des départements limitrophes faisaient rapport á leurs chefs et au cabinet royal, il importait de faire cesser tout cela, et, dans ce but, d’agir directement a Paris. Le 22 juillet déja, le Conseil d’Etat s’était adressé á Stapfer, qu’il croyait á Paris, pour savoir exactement quels sentiments on éprouvait réellement, en haut lieu, ä l’égard du Canton de Vaud. Mais Stapfer était á Monfort-L’Amaury, dans sa maison de Campagne, et dans l’impossibilité de se rendre dans la capitale 7). II en avait encore été de mérne, le mois suivant, quand le landammann Pidou avait signalé ä l’ancien ministre de Suisse, les menées des «nobles » vaudois8); toujours tenu loin de la capitale par les excés auxquels se livraient partout les troupes prussiennes, Stapfer avait conseillé d’envoyer quelqu’un á Paris 9). Pidou ä Francis Duplessis, juge de paix á Nyon, Lausanne 17 octobre 1815. A. C. E., Registre des délibérations secretes, VIII, p. 164. 2) A. C. E., Registre des délibérations secrétes, séance du 6 novembre 1815, VIII, p. 192. 3) A. C. E., Registre des délibérations secrétes, séance du 24 octobre 1815, VIII, p. 172. 4) Pidou á Duplessis, Lausanne 24 octobre 1815. A. C. E., Registre des délibérations secrétes, VIII, p. 173. Les passeports de Durand et de Condamin avaient été établis par le préfet de Lyon le 12 octobre déjá. 5) A. C. E., Registre des délibérations secrétes, séance du Ier novembre 1815, VIII, p. 183. 6) « Les chasser comme ils l’auraient mérité n’était pas chose facile. On n’aurait pas manqué de crier que c’était pour sauver Joseph Bonaparte. D’ailleurs, ils étaient accrédités par la police de Lyon, et sous la protection des troupes fédérales dönt les chefs étaient assez niais pour erőire á leurs rapports ou assez fourbes pour faire semblant d’y erőire. » Mémoires inédits du chancelier Boisot, II, p. 44. 7) Stapfer á Pidou, Montfort-l’Amaury 3 aoűt 1815. A. C. E., Correspondance secréte, X. 8) Pidou á, Stapfer, Lausanne 17 aoűt 1815. A. C. E., Registre des délibérations secrétes, VIII, p. 140. ®) Stapfer á Pidou, Montfort-l’Amaury 28 aoűt 1815. A. C. E., Correspondance secréte, X.

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