Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)
VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris
434 Biaudet, seul représentant d’une des plus anciennes families du canton, Jean-Samuel de Loys 1), était entré au gouvernement. II était certes un trés riche propriétaire foncier, mais aussi un agronome et un économiste distingué, au courant de la vie économique du canton. Son conservatisme était fortement teinté de libéralisme. Sincérement patriote et attaché aux institutions que le canton vénáit de se donner, il se sentait beaucoup plus proche des Monod, des Muret, des Pidou, des Clavel, de ces hommes qui avaient présidé ä la naissance mérne du canton, de ces magistrats habiles qui avaient dirigé ses premiers pas et aussi veillé sur lui aux heures les plus difficiles, que de ses pairs, les Mestral, les Rovéréa, les Seigneux, dönt les sentiments exagérés étaient surtout faits d’ambition dé9ue. La réunion du Canton de Vaud á célúi de Berne n’était plus possible, mais on pouvait encore, en dénigrant l’organisation et l’administration vaudoise, espérer obtenir une nouvelle modification de la constitution ou, pour le moins, que le personnel gouvernemental fűt change. Les démarches dans ce sens ne manquérent pas 2). On répandit partout des pamphlets et des libelles 3), plus particuliérement a Paris, car c’est lä surtout qu’il était facile d’agir et que les accusations portées contre un gouvernement ä la tété duquel se trouvaient encore des hommes de 1798 avaient le plus de chance de porter leurs fruits. L’arme la meilleure aussi était celle qui avait déja tant agité les chancelleries en mars 1815: la présence ä Prangins de Joseph Bonaparte. Alors que l’ancien roi d’Espagne se trouvait aux Etats-Unis 4), on prétendit qu’il se tenait encore caché sur les frontiéres du Canton de Vaud et du Pays de Gex. Le 3 octobre 1815, de Berne, le commandant des troupes suisses, le quartier-maítre général Finsler informa le Conseil d’Etat qu’on avait vu et reconnu Joseph Bonaparte, alternative ment a Founex, a Commugny, ä Clarens, a Prangins, et qu’il changeait de domicile chaque nuit, trouvant partout des protecteurs 5). Le 8 octobre, une nouvelle lettre de Finsler, adressée cette fois á Henri Monod personnellement, apprenait qu’on avait vu le írére de l’empereur á La Bergerie, qu’il était accompagné d’un gendarme vaudois et qu’il lui arrivait souvent de passer le lac avec des bateliers de Coppet 6). Quelques jours plus tard, enfin, le 15 octobre, le général Finsler donnáit des ordres aux officiers commandant les troupes suisses cantonnées ä Génévé et dans le Pays de Gex: ils devaient tout faire pour parvenir a se saisir du royal inculpé 7). Le Conseil d’Etat vaudois n’accordait pás la moindre créance aux bruits que l’on faisait courir et que les polices de Berne et de Génévé accueillaient avec tant de bonne volonté. II ne dévait pas cependant, par son attitude, sembler vouloir protéger l’ancien J) Jean-Samuel de Loys-Chandieu (10. 6. 1761—1. 12. 1825), de Lausanne, avait été élű membre du Grand Conseil en décembre 1814 et il se trouva, le 18 j an vier 1815, du nombre des treize conseillers d’Etat nommés en vertu de la nouvelle constitution. Ce nouveau Conseil d’Etat entra en fonction le 30 janvier, mais Loys n’en fit partié qu’un peu plus d’un an ä peine: le 9 mai 1816, il remettait sa démission. Jean-Samuel de Loys rendit surtout d’importants services ä l’agriculture vaudoise, soit en introduisant dans ses domaines de Dorigny et de Vidy toute sorté d’améliorations qu’il faisait ainsi connaitre, soit en publiant un grand nombre de mémoires sur les jacheres, l’assolement, les engrais, les pommes de terre, le mais, la culture des betteraves á sucre, la nourriture des pores, l’économie rurale, etc. 2) Mémoires inédits du chancelier Boisot, II, p. 43. s) Entre autres, le Precis historique des differentes missions de Fauche-Borel (Paris 1815) et un Rapport sommaire fait á S. E. le comte de Talleyrand, ministre plénipotentiaire de France pres la Diete helvétique, sur la mission remplie dans les départements du Doubs et du Jura en mars, avril, mai, fűin et juillet 1815, par Lafon de Bordeaux et Lemare du Jura (s. 1. n. d.). 4) Joseph Bonaparte avait quitté Prangins le 19 mars 1815 entre 9 et 10 heures du soir. II avait rejoint son frére á Paris le 22 mars et ne revint plus jamais en Suisse. Il arriva ä New-York vers le milieu de septembre 1815. Cf Gazette de Lausanne, numéro du 8 décembre 1815, p. 3. 5) Finsler ä Auguste Pidou, landammann du Canton de Vaud, Berne 3 octobre 1815. Lausanne, Archives du Conseil d’Etat (A. C. E.), Correspondance secrete, juin-décembre 1815, X. ®) A. C. E., Registre des délibérations secrétes, séance du 11 octobre 1815, VIII, p. 159. 7) Finsler au colonel de Sonnenberg, á Génévé, et au lieutenant-colonel Roesseiet, á Gex, Berne 15 octobre 1815 (copies). A. C. E., Correspondance secréte, X.