Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)

VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris

433 Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys ä Paris. Jean-Charles Biaudet (Lausanne). On sait dans quelle situation difficile se trouva le Canton de Vaud au lendemain de la bataille de Leipzig. Son existence mérne fut mise en question et s’il parvint ä surmonter heureusement la longue crise qui dévait prendre fin par la decision des puissances réunies á Vienne de respecter l’intégrité des dix-neufs cantons de la Confederation, c’est que le peuple vaudois tout entier avait manifesté clairement sa volonté de demeurer fibre et que le tsar Alexandre, écoutant son ami Laharpe, l’inlassable défenseur de sa petite patrie, s’était prononcé catégoriquement contre le retour du Pays de Vaud ä Berne. Mais, son sort assuré, le Canton de Vaud n’en fut pas moins pour cela en butte aux plus grandes difficultés, et il lui fallut encore, des mois durant, déméler des trames, déjouer des intrigues, repousser des affronts. Le moment le plus critique fut celui du retour de Napoleon de l’Ile d’Elbe. « Tous les regards se tournerent vers ce petit coin de terre. On aurait dit que, de sa conduite, allait dépendre le sort de l’Europe. Le séjour du roi Joseph á Prangins, l’affection qu’on supposait aux Vaudois pour Napoleon, la haine qu’on prétendait qu’ils portaient aux Bourbons, leurs querelies avec Berne, leur voisinage de la France, tout les rendait suspects » x). Les sympathies des Vaudois étaient évidentes, et celles aussi de certains de leurs magistrats * 2); mais quelles que fussent ces sympathies, le Canton de Vaud n’avait pas d’autre politique ä suivre que cehe de la Confédération. Le gouvernement et le peuple surent fairé, l’un comme l’autre, le sacrifice de leurs sentiments personnels ä la raison d’Etat. Le mauvais pas fut passé. « Le Canton de Vaud et les hommes d’Etat qui présidérent á ses destinées, durant ces cent jours qui furent pour lui cent années, se distinguerent au milieu de ces orages par une conduite qui fut un mélange habile de moderation et de fermeté » 3). Aprés Waterloo et la seconde abdication, les préventions auraient dű disparaítre; le pacte fédéral entré en vigueur, les intrigues auraient dű cesser et faire place á la concorde et ä la confiance. II n’en fut rien. Le Canton de Vaud avait adopté, le 4 aőut 1814 déja, une nouvelle constitution, qui avait sensiblement modifié le régime instauré en 1803. Le cens électoral avait été élévé, la durée des fonctions publiques allongée, et la prépondérance trés nettement marquée de l’exécutif sur le législatif. II avait fallu, cédant a ceux de qui la volonté, en Europe, avait remplacé celle de l’empereur des Fran9ais, apporter des changements, et veiller surtout, ce faisant, ä ce que « la fortune en propriété territoriale obtínt dans les conseils du gouvernement une influence durable et convenable pour le bien public »4). Certains cependant trouvaient cette constitution trop populaire encore, et la classe dite des «nobles » était fort mécontente de n’avoir pás été placée á la tété des affaires. Un q Mémoires inédits du chancelier Boisot, tome II, p. 18 (Lausanne, Bibliothéque cantonale et universitaire, Ms J 5160). 2) « Dés le commencement, il y eut du bonapartisme dans la Ré volution du Canton de Vaud . .. Xapoléon représentait la revolution et le bonapartisme se confondait avec le libéralisme dans la réaction de 1815. » Juste Olivier, Le Canton de Vaud, Lausanne 1837, II, p. 1325. 3) A. Verdeil et E. H. Gaullieur, Histoire du Canton de Vaud, Lausanne 1857, IV, p. 364. 4) Recés de la Diéte fédérale du 27 decembre 1813 au 11 février 1814, annexe A, p. 5. 28 Festschrift, II. Band.

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