Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
EROSS GÁBOR: Représentations cinématographiques de l'Histoire de France. Obsession mémorielle ou image-temps ?
86 Erőss Gábor rőles historiques divers, indiquant une visée aux conséquences nombreuses : l'exportation qui implique une maniére « universellement » eompréhensible de représenter l'Histoire. En effet, le « star systéme » soustrait en partié les acteurs ä leur rőle ; cela vaut a fortiori pour Gerard Depardieu (qui joue tour ä tour Bernard Granger dans le Dernier metro , Christophe Colombe dans 1492. . ., puis : Obélix. . .). Quant aux decors, le film frangais, chez Godard, mais aussi chez Resnais ou Rohmer (par ex. : La marquise d'O ), etc. choisit la voie de la stylisation symbolique, entre impressionnisme et expressionnisme : « Les motifs des lieux ne ser vent pas ä décrire, mais ä accentuer ou contrecarrer le contenu émotionnel d'un événement. Ainsi, l'image du monde quotidien change ici de fonction : eile ne souligne plus le naturel, le caractére quotidien de l'histoire, elle insiste au contraire sur le caractére extraordinaire de Faction. » 2 2 De mérne, on peut choisir un heu « dépouillé » par nature : ainsi Therese se déroule dans un couvent, ou au contraire un symbolisme foisonnant : La cité des enfants perdus (Jeunet, Caro) qui juxtapose des ob jets d'origines diverses, historiquement hétérogénes, culturellement allogénes qui construisent ainsi un monde pseudo-historique , féerique. Symbolisme, expressionnisme (des formes ou des couleurs), mais aussi l'excés de réalisme, l'hyper-réalisme (Tous les matins du monde de Corneau, Cyrano de Rappeneau, Moi, Pierre Riviere... d'Allio, etc.), participent, pour reprendre l'expression de Gilles Deleuze, ä la construction d'une image directe du temps. . . Et non ä une reconstruction de teile ou teile période historique. Les mouvements d'appareil, les cadrages, la profondeur du champ participent, bien sűr, ä la construction de l'Histoire et des particularités peuvent y étre identifiées. Je ne citerai ici que quelques exemples choisis au hasard pour simplement illustrer ä la fois la « prétention universelle » et les diverses stratégies de distanciation employées par les cinéastes. Le cinéma frangais souvent ne cherche, ä travers les souvenirs, que le passé (et pas « l'événement »). Parfois le fait de se souvenir peut devenir une fin en soi. C'est pour cela que le passé peut ne pas avoir existé, comme chez Resnais, dans Marienbad, Muriéi voire dans Hiroshima, ou chez RobbeGrillet dans L'homme qui ment, chez Godard dans Nouvelle vague, chez Sautet dans Les choses de la vie, ou mérne chez Besson dans Le grand bleu (scéne du début : l'enfance). Les souvenirs sont omniprésents, le passé erratique, l'Histoire presque absente. 22 Remarques générales sur la nouvelle vague d'András Bálint Kovács, in Metropolis, Paris, Képzőművészeti Kiadó, Budapest, 1992, p. 170.