Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

MÁTÉTELKI HOLLÓ MAGDOLNA: Les figures de l'argot criminel

Les figures de l'argot. criminel 171 Ce glissement de sens est employé fréquemment dans le vocabulaire des voyous pour designer les polieiers. La série de transpositions métaphoriques animaliéres est remarquable : les volatiles — poulet, perdreau, piaf, hirondelle, pic-vert ; les équidés — bourre, bourrin, bourrique, roussin ; autres — lapin-ferré (référence au cheval et ä l'expression coup de lapin dans le sens de saisir vivement quelqu'un par derriére), arnouch pour le policier qui siffle comme le serpent, blaire/au pour le policier ayant du bon flair, qui sent, « blaire » l'affaire, comme l'animal pourvu d'un nez pointu. Nous trouvons également une série de métaphores jouant sur une caractéristique du policier et employées de fagon dépréciative : serre-patte, serre-pied, serre-fesses ; coy, Starsky (héros des series policiéres de la télévision américaine), ou cow­boy tout simplement, zombie (signifiant im fantőme dans la langue créole, allusion ä une personne sans caractére, dépourvue de toute volonté), mickey (référence ä leur caractére peu intéressant, mediocre, faux dur), fouille­merde (pour les enquéteurs en quéte d'indices), pastaga-calva et biturin (désignant le policier aimant l'alcool). J'ai trouvé quelques métaphores qui jouent avec des ob jets propres aux pohciers : le papillon pour l'avis de contravention (on le considérera comme une métaphore, si on prend en compte la légéreté du vol de cet insecte, ou comme une métonymie, si on associe le papiilon ä la déformation du mot papier), le sous-marin (sou), la cage (cageot, cagette), la cuve, la tuve (tube) pour le car de police banalisé ou les flics se cachent pendant la filature : la planque, le moulin ä café pour l'hélicoptére de police dont les voilures tournantes et le bruit rappellent l'ancien moulin ä café manuel, les bracelets, les pincés, les pincettes, les épingles, les gourmettes pour les menottes. Les transpositions métonymiques sont également fréquentes en parlant du policier, qui est désigné par un élément de son vétement : bleu pour le policier en général ou képi pour l'agent de sűreté, d'aprés l'uniforme, pic­vert (jeu de mot sur le lexeme « pie » désignant un cheval, im volatile et un acte pieux, c'est la déformation de l'expression « p'tit vert », avec allusion péjorative aux epaulettes vertes et ä 1'immaturité des jeunes polieiers). Ce procédé est employé aussi pour désigner les accessoires du policier : le calibre pour « l'arme de poing », terme utilisé aussi bien par le malfaiteur que par le policier, la gomme (la goumi) pour la matraque en caoutchouc (terme ayant une valeur métonymique si on considére uniquement que la matiere désigne l'objet, mais valeur métaphorique, si le sens rappelle celui qui permet d'effacer. . . la faute, voire le sourire. . .). Continuons ces séries métaphoriques avec les termes péjoratifs et ironiques pour l'indicateur de police, qui prennent en compte un trait de caractére ou un aspect du comportement avec une connotation ironique : balance, donneur, bavette, indic/ateur, rapporteur, mouton, taupe, mouche,

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