Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

MÁTÉTELKI HOLLÓ MAGDOLNA: Les figures de l'argot criminel

172 Mátételki Holló Magdolna mouchard, cafard, cafteur, et l'antiphrase mon ami (emploi détourné de cousin et de tonton). Tous ces hommes de paille de la police (préte-nom dans une affaire malhonnéte) peuvent leur donner un tuyau (renseignement que l'on glisse dans le tuyau de l'oreille). Une longue série synonymique de verb es désignant le fait d'avouer est composée également de métaphores : donner, vendre, jeter, r/envoy er Vascenseur, lächer eher, commérer (terme exprimant les paroles indiserétes), accoucher (verbe devenu intransitif dans l'argot : le policier fera « ac­coucher » le délinquant en le pressant de questions), s'affaler (emploi métaphorique du terme de marine « s'effondrer » pour se laisser tomber), s'allonger (proche de « s'aligner » au transitif et évoquant l'idée de soumission craintive au sens pronominal : l'homme qui avoue, et plus encore qui dénonce, se comporte en vaincu sans courage face ä la police), dégonfler (vraisemblablement la vogue du pneu « ballon » pour les bicyclettes de tourisme, qui « se dégonflait », mais ne « crevait » pas, est ä l'origine de ce caique), se déballonner (sur le modele de « dégonfler »), baver (bavarder négativement), dégueuler, cracher, manger le morceau, en manger, manger sur, se mettre a table, passer á table, casser le morceau, casser (d'ou un jeu de mot : casserole pour le dénonciateur), en croquer, en becter : expressions se rattachant ä l'idée de manger le pain de la police, c'est ä dire le mouton, personne docile et exploitable, « vendu » ä la police acceptant de fournir des renseignements aux policiers, est récompensé par un repas normal. « Dénoncer » c'est peut-étre « manger », parce que la police laisse l'accusé sans manger jusqu'au moment ou il avoue ?. . . On trouve quelques verbes métaphoriques désignant le fait de se cacher, fuir la police : se mettre au vert, se tirer en douce, et pour exprimer qu'on est déja sous surveillance policiére : les avoir dessus, les avoir sur le cul. Pour la voiture des malfaiteurs : la caisse (terme utilisé par analogie de forme avec la carrosserie d'une voiture de type berline), la grosse allemande (pour la Mercedes), merguez, gros couscous, saucisson (termes diatopiques pour les voitures maquillées á Marseille). Les malfrats usent aussi des figures pour qualifier des armes. Elles sont exprimées par les images suivantes : le calibre, le pétard, la pompe. Une autre série métonymique est construite sur l'idée de tuer : on trouvera soit une référence clinique ayant rapport au cadavre : refroidir, soit une référence ä la position de la victime : descendre, soit ä l'élimination de l'individu : escarper. L'argot dispose aujourd'hui encore d'un lexique spécialisé, que le grand public connait plus ou moins bien, au fur et ä mesure que diminue la fonction cryptique, mais dont il ne pergőit pas nécessairement les nuances. Dans le domaine du vol il est frequent de préciser la spécialité du voleur ä l'aide des termes métaphoriques. Ces mots ne sont pas vraiment synonymes,

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