Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
MÁTÉTELKI HOLLÓ MAGDOLNA: Les figures de l'argot criminel
170 Mátételki Holló Magdolna Les images et les matrices sémantiques de l'argot criminel La plupart des changements sémantiques peuvent se rapporter á des procédés traditionnels. Pour ce qui est du signifié, la création s'élabore dans les figures récurrentes de la métaphore et de la métonymie. II convient d'observer, comment un mot passe, de sa signification premiére ä son sens imagé exprimé grace ä une figure. La métonymie indique une caractéristique permanente, intrinséque de l'étre ou de la chose qualifiés, elle consiste ä désigner une chose par l'une de ses qualités, l'un de ses aspects congu comme permanent et essentiel ( lame pour le « couteau », bavard pour « l'avocat », curieux pour « le juge », petard pour « le pistolet » ou la « cigarette de hashish », etc.). La métaphore, quant ä elle, est le trope le plus fréquent dans mon corpus fonctionnant par similarité de sens (boucler pour « emprisonner », casser pour « cambrioler », galére pour la « situation matérielle difficile », etc.). Les créations argotiques sont souvent le produit de matrices sémantiques. Dans tous les cas on voit que la productivité paradigmatique repose sur une image initiale qui la justifie et rend les mots transparents pour les utilisateurs du code, mais opaques pour ceux qui ne le connaissent pas. Les malfaiteurs, les locuteurs de l'argot criminel, sont en contact permanent avec les forces de l'ordre, réussissant dans le meilleur des cas ä y échapper tout en les égarant, souvent gräce ä leur langage équivoque, inintelligible mérne pour les pohciers. Une étonnante richesse synonymique apparait done pour le mot « policier » qui est l'objet de surnoms multiples, d'évocations variées. Cette multiplicité de créations argotiques s'explique par le caractére émotif de ce langage : j'entends par lä que les mots traduiront le ressentiment, l'hostilité, la peur éprouvés en face de la police, et exprimeront souvent l'ironie, et en prise directe sur la réalité, se renouvellent rapidement, attestant l'hypertrophie des forces créatrices. Dans le domaine de la police un grand nombre de métaphores joue sur le personnage lui-mérne. Les noms argotiques du policier relévent de différentes matrices. La premiére, fondée sur l'image du policier en civil qui glane des renseignements comme un poulet picore des grains, a donné naissance ä toute une série de formes synonymes, comme variantes de poulet : poulardin, poulman, poulardoss, poulaille, royco (une marque de pot age au poulet), perdreau (jeune policier en civil), piaf (policier continuellement présent sur la « voie pubhque »), et le paradigme eréé ä partir du terme générique volaille pour la police : poulaille, maison poulaille, poulailler, maison de la poule, maison poulaga, flicaille, flicaillerie, etc. La seconde matrice concerne les policiers en uniforme qui sont supposés avoir des maniéres brutales : ce sont les cognes (ils cognent), des bourres (ils vous bourrent de coups) et de lä des bourrins ou des bourriques.