Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
PALLAI MÁRIA: La métamorphose dans le théátre baroque et le théátre de l'absurde
La . inétamorphose dans le thea tre baroque et le thea tre de l'absurde 141 L 'expression d'un sentiment profond d'incertitude et de changement continuel ne caractérise pas exclusivement la littérature de l'áge baroque. Comme Jacques Le Marin el le remarque, la vision du monde que l'on trouve transposée dans plusieurs piéces du « nouveau théátre » des années 1950, est sur ce point-lá trés proche de celle du Baroque. Les deux sont marquées « par l'incertitude et le changement, et done par la quéte d'une vérité toujours fuyante. » 8 Dans l'univers du « théátre de l'absurde », l'homme, privé de certitude, n'est qu'une « abstraction éternelle incapable de trouver le moindre point d'appui dans sa recherche éperdue d'un sens qui lui échappe toujours. » 9 Exprimer cet « incalculable sentiment » 1 0 , le sentiment de l'absurdité, du non-sens et ramener l'homme á une dimension de vérité est l'entreprise de ce courant theätral des années '50. C'est aussi une revolution au nom de la sincérité et de la spontanéité. La subjectivité totale tend ici á rejoindre l'objectivité absolue, l'artiste « fait alors figure de miroir, devenant un Heu de vérité, le témoin de cette conscience absolue, de cette liberté totale á laquelle a rarement accés le commun des mortels. » n Mais c'est une révolution contre les formes du théátre traditionnel également, un travail de renouvellement dans le domaine des moyens d'expression dont l'une des formes particuliéres est la métamorphose. Le choix des deux ceuvres en question s'explique d'une part par le fait qu'elles sont des produits caractéristiques, des « piéces précieuses » de leur époque ; d'autre part, on peut observer un certain par alléiisme entre elles au niveau du « message » ou de l'univers transposé, ainsi qu'au niveau des moyens dont les deux auteurs — bien que séparés l'un de l'autre par le temps et répondant a des exigences bien différentes — se servent pour communiquer ce message. Nos eritéres de rapprochement relévent du domaine de la structure et de la thématique, en accordant une attention particuliére au motif de la métamorphose comme élément thématique et a son utilisation comme moyen technique dans la pratique scénique. L' Illusion comique de Corneille, cet « étrange monstre », disait Corneille lui-méme, comporte cinq actes dont le premier n'est qu'un prologue, les trois suivants constituent une comédie imparfaite, le dernier étant une tragédie. Sa structure ternaire est réalisée par une double mise en abime : on y trouve une tragédie, insérée dans une comédie, a l'intérieur d'une évocation magique. Cela entraine, ä tel ou tel moment, le passage de certains personnages au Statut de personnag e-acteur — les « fantőmes » Q Jacques Le Marínéi : art. cit. p. 94. 9 Patrice Pavis : Dictionnaire du théátre, éd. cit. p. 17—18. Albert Camus : Le Mythe de Sisyphe, éd. cit. p. 18. 1 1 Charles P. Marie : Avant-garde et sincérité, éd. cit. p. 65.