Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

PALLAI MÁRIA: La métamorphose dans le théátre baroque et le théátre de l'absurde

142 Pallai Mária qui créent « l'illusion » pendant les aetes II, III et IV —, de personnage­spectateur — Pridamant et Alcandre —, et de personnage-acteur-comédien — les « fantőmes nouveaux >> 1 2 jouant la tragédie de l'acte V. Dés l'acte II, avec l'apparition de « deux fantőmes vains >> 1 3 , la scene aura deux « profondeurs >> 1 4 , le pere et le magicien deviennent des spectateurs au mérne titre que les spectateurs de la salle. Troisiéme profondeur : ä la fin de l'acte V (scene 6), on apprend que lors des scénes précédentes, on a assisté a un spectacle de théátre : les personnages, en tant que comédiens, incarnaient des rőles. La cohérence de cette structure assez complexe est assurée par la presence permanente d' Ale andre et de Pridamant — figures appartenant au premier niveau de fiction — et par leurs interventions ä la fin de chaque acte. La piéce d'Ionesco, ä laquelle la critique a rapproché de man quer de cohérence thématique et de tension dramatique, témoigne d'une conception structurale semblable ä celie de Corneille. On y retrouve la technique de la double mise en ablme : l'oeuvre comporte deux « scénes d 'hallucination » (la scene de 1'« euthanasie preventive » et celle du « tribunal » qui y est incluse), projections ä l'intérieur des visions de Joséphine. Semblablement ä ce qui se passe dans L'illusion comique, les personnages, tout en se donnant en représentation, font voir comme le négatif d'eux-mémes, un visage méchant et menagant. L'incohérence thématique et structurale de l'ensemble est contrebalancée par la présence d'un théme dominant qui est le passage d'un pőle ä l'autre, le voyage ascensionnel et la chute de Bérenger. Nous pouvons supposer que, derriére les structures á tiroirs, ä premiere vue incohérentes, se cachent des causes et des intentions d'auteurs semblables. Dans le cas de Corneille, la forme irréguliére est due á l'exigence d'originalité, le goüt pour l'extravagant et la volonté de surprendre — moyens de capter et de maintenir l'attention du public. Chez Ionesco, on retrouve la mérne exigence d'étre original ainsi que le goüt du saugrenu et la volonté d'étonner — par le non-sens cette fois : moyen de réveiller son public et de lui révéler des évidences cachées. Que la multiplication des niveaux de fiction crée une atmosphere de magie —• héritage de la pastorale — ou bien line ambiance de réve, elle sert de toute fagon ä rendre incertaine la frontiére entre illusion et réalité et donne l'impression d'une perspective fuyante, provisoire et illusoire. Ce qui entraine des conséquences pour l'interprétation des pieces du point de vue du message ou de la vision du monde transposée. 1 2 Acte IV, sc. 10, v. 1340. 1 3 Acte II, sc. lére, v. 218. 1 4 Terme employe dans ce sens par Georges Couton, dans Corneille : Oeuvres completes, éd. cit, p. 1419.

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