Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

HAJDÚ ZSUZSANNA: Le jardin dans l'oeuvre de Marie Gevers

Le jardin dans l'oeuvre de Marie Gevers 135 De ruisseau en riviére, l'étang s'écoule dans l'Escaut. . . » 3 Mais dans les années trente cette image changera, l'étang se sera asséché ä cause des travaux d'électrification de la ligne de chemin de fer Bruxelles­Anvers. Vie et mort d'un étang reprendra dix-sept ans plus tárd le récit des derniers jours de l'étang. Alors, le jardin de Gevers n'a rien ä voir avec un jardin régulier de composition géométrique que l'on appelle aussi « jardin á la frangaise ». Le pare de Missembourg est un jardin anglais. Un jardin dont le tracé irrégulier est établi afin de donné l'impression que l'on se trouve face ä un paysage naturel, que le lieu n'a pas été eréé par l'liomme. Done l'idée de la liberté y revient. Sans plan saisissable ni géométrie, les plantes, les fleurs s'y épanouissent librement. Gevers aime parier des courbes du jardin : « La ronde attentive des haies Borde le disque du jardin [. . .] Mais ä mesure qu'ils franchissent Les cercles de haies et d'étangs. . . » Missembourg 4 Missembourg est un espace qui comprend la maison entourée par l'étang dans le jardin et, en s'éloignant un peu, les sentiers de promenades autour d'Edegem, au bord de l'Escaut. Plus nous nous éloignons de Missembourg plus nous sentons la puissance, la force de la nature, de l'infini. Mais Gevers cherche ä établir l'endroit idéal pour la relation de 1'homme et de la nature. Pour cela c'est le jardin qui devient l'espace privilégié. C'est un espace clos mais qui, en mérne temps assure la communication entre 1'homme et la nature. Le pare de Missembourg sert ä modeler la nature, l'humaniser, la ramener aux proportions humaines. Le jardin nous protége du monde extérieur, pourtant nous pouvons y observer tous les événements, processus qui se passent dans la nature. Les sens et l'esprit y sont également satisfaits. Cet espace réel se transforme sous la plume de Gevers, il sera rempli de mystéres, voire mérne de rumeurs d'un fantóme. Dans le roman Guldentop le jardin sert de cadre aux facéties du revenant et en mérne temps ä celui de perception de Gevers-enfant. Pour illustrer ce phénoméne nous choisissons un extráit oü l'auteur présente le jardin nocturne. « Le tumulte de mon inquiétude s'apaisait et je percevais soudain la beauté du jardin nocturne. De grandes ombres s'agitaient au balancement de ma lanterne et j'entendais Guldentop marcher avec prudence dans les 3 . . . , Cynthia S KENAZI : Marie Gevers et la nature. Palais des Académies, Bruxelles, 1983. p. 18. 4 Op. cit. p. 124.

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