Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

HAJDÚ ZSUZSANNA: Le jardin dans l'oeuvre de Marie Gevers

134 Hajdú Zsuzsanna conception de Rousseau en matiére de nature et de jardins constitue une sorte d'opposition ä l'esprit statique de l'Ancien Regime. La liberté de la nature dont les particularités ne devaient pas étre plus longtemps déformées par « la tyrannie de la regie » c'est-a-dire par une linéarité artificielle, devient Symbole des libertés du citoyen. II y a plus d'un siécle entre la naissance de La Nouvelle Héloise et la parution des premiers textes de Marie Gevers, écrivain beige d'origine flamandé, mais les idées de Rousseau ne faiblissent pas pour la romanciére. D'autant plus que le respect de la philosophie de Rousseau vient de sa famille, son grand-pére maternel fut élévé dans cet esprit. Gevers se souvient de lui dans le roman Madame Orpha : « Ce grand-pére, admirateur du grand Jean-Jacques, avait inculqué ä sa fille, avec le goüt de la botanique, le désir de la vertu, et une certaine indulgence pour les fautes d'autrui (pourvu que ces fautes ne blessassent que la société et non la morale pure). » 2 La famille de Gevers s'installa ä Missembourg en 1867. La propriété se trouve ä quelques km d'Anvers. C'est lä, au milieu des champs qu'ils ont aménagé la maison et ont congu le jardin qui ne cessa de se former pendant plus de trente ans. A part ses voyages Marie Gevers n'a jamais quitté la propriété familiale de Missembourg dont le pare est devenu la source d'inspiration de ses nombreux récits. Marie Gevers y consacre une grandé part dans deux recueils de poémes intitulés Missembourg et Antoinette, ainsi que dans plusieurs récits dont les plus importants sont : Madame Orpha, Plaisir des Météores, Ceux qui reviennent, Vie et mort d'un étang et Guldentop. Cynthia Skenazi, auteur de la monographie de Gevers présente ce milieu idyllique de la maniére suivante : « Au bout de l'allée, trois pignons blancs. Un étang en hűit délimite deux iles ; sur la plus grandé se dresse la demeure... Un auvent vitré accroché ä la fagade laterale protege une vigne et un rosier. C'est la qu'on écoute tinter les pluies en regardant ä travers les gouttes, la silhouette du vieux poirier. Au sud de la véranda, une coeur aux pavés bosselés et rongés d'herbe donne sur la pelouse entourée de chátaigniers. Le mauve päle des cardamines flotte sur le gazon, au printemps. Quercus, le chéne rouge bourgeonne sous les fenétres. Le hétre Apollon pose ses feuilles vert tendre contre le bleu du ciel, son tronc cannelé rappelle le fűt des colonnes antiques. Le taxus résonne des trilles du merle. Dans le verger, poiriers et pommiers sément ä tous vents des pétales veloutés. La terre réveillée dégage des bouquets de parfums. 2 Marie GEYERS : Madame Orpha. Editions Labor, Bruxelles, 1992. p. 26.

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