Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

SZILÁGYI ILDIKÓ: L'influence de la langue orale sur les vers libres de Jules Laforgue

112 Szilágyi Ildikó 42—43) ou un singulier et un pluriel, 2 8 ne reposent depuis des siécles que sur des considérations typographiques. Une étape de plus est franchie lorsqu'on n'accorde plus d 'attention ä l'homophonié des consonnes qui suivent la voyelle accentuée. « Nombre de chansons populaires sont instrumentées dans ce goüt » — remarque Verlaine en terminant son article (Un mot sur la rime. Le Decadent, 1888) par « 1' Assonance, qui est ä la mode >>. 2 9 Dans les Fleurs de bonne volonté , nous n'en avons encore que trés peu d'exemples. II y a entre régnes et Espece un rapport d'assonance en [e]. La consonne qui suit la voyelle commune dans vergogne et Antig ones est une nasale (dentale pour Antigones , palatale pour vergogne). Dans les vers 12—13 de la piéce XXVIII (piano :: s'y ánonne ), mérne l'assonance est ä comprendre dans un sens large, parce que la voyelle accentuée du mot piano est un [o] fermé, tandis que celle du verbe, suivie par une consonne prononcée, est une voyelle ouverte. 3 0 C'est la liberté la plus grande que Laforgue se permette avec la rime dans ce recueil. Les nouveautés des Derniers vers doivent se mesurer par rapport ä cet ét at des choses. Le traitement de la rime présente des écarts considérables suivant les différents vers libres. Mais aucun d'entre eux n'est entiérement dépourvú de rimes, pratique courante chez plusieurs poétes du XX e siécle. Au contraire, l'examen en détail du recueil montre que les rimes sont rarement absentes. On a relevé 113 vers (sur 819) qui — ä premiére vue — paraissent isolés, puisque la derniére syllabe du vers est laissée sans répondant homophonique. Beaucoup de vers blancs trouvent un écho dans la strophe suivante, éventuellement dans les vers plus éloignés. Les exemples d'assonance (II, v. 15—16. tu te caches :: cor de chasse) et de contre-assonance (VII, v. 19—20. heure :: je t'en conjure) deviennent plus fréquents. Les rimes trés riches se remarquent par leur rareté (par ex. I, v. 1—3. Levant :: le vent, rime dissyllabique ; III, v. 13, 15, 17. porte :: qu'importe :: morte). Par contre, les par J.-M. Gouvard qui consiste a réunir les deux termes par deux fois deux-points. Cf. Gouvard, J.-M. 1999. La versification. PUF, Paris, 160. 28 Les rimes vendanges :: ange (DV, I, v. 62—63) ou soirs :: espoir (DV, VI, v. 26, 28) ne satisfont pas la regle de la liaison supposée (les deux mots ne feraient pas leur liaison par le mérne son). 29 * * Verlaine, P. 1972. OEuvres en prose completes. Bibliothéque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 699. 30 On a relevé une dizaine d'autres exemples oil la rime n'est pas pure phoniquement puisque Laforgue fait rimer ensemble une voyelle ouverte en [e] et une voyelle fermée [e] : J'attendrai :: exprés (FBV ; II, v. 13—14.), sacré :: secret (FBV ; XVII, v. 2—3). Des paires rimiques de ce type se retrouvent en abondance dans les Derniers vers.

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