Magyar külpolitika, 1932 (13. évfolyam, 1-12. szám)

1932 / 3. szám - Az "Amici dell'Ungheria" szerepe és programmja

1932 március ÜVNGARIA. LLOYD 13 HUNGÁRIA LLOYD =yiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiM iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii^ Le Canada et les Hongrois détachés On pourrait se demander quels rapports existent entre ce vaste pays qui fut la Nouvelle Francé, parce que les Francais colonisérent et civilisérent ces terri­toires, et les Hongrois qne le traité de paix détaeha do la Hongrie. De rapport, il n'y en a guére, mais il y a une similitude de situation tellement frappente qu'il est vraiment intéressant de s'y arréter un moment, en étudiant un article que vient de publier M. A. Albert­Petit. C'est sa lecture qui nous suggöre les rapproche­ments sur lesquels nous appelons l'attention des lecteurs hongrois. Lorsque par le traité de Paris, en 1768, l'Angleterre eut arraché le Canada á la Francé, il resta lá-bas une poignée de Francais,ils surent non-seulement conserver leur individualité, mais maintenir leur langue et, la préservant de l'absorption, ils finirent mérne par lui fairé reconnaitre l'égalité avec la langue du vainqueur. Ce ne fut pas sans luttes — car au cours de la guerre mondiale elle durait encore — les Anglais voulurent restreindreleterrain gagné par les Canadiens francais. Alors se produisit un fait imprévu, les Cana­diens en venant se battre en Francé on reconnut de ce cőté de l'Atlantique, que ces descendants des Nor­mands étaient bien restés Francais et ces habitants des rives du Saint-Laurent se retrouvérent comme chez eux, dans les campagnes qu'avaient habitées leurs ancétres. Cetté lutte incessante, persévérante, contre l'ab­sorption avait donc donné d'heureux résultats, puisq' elle avait permis aux Canadiens de rester fidéles á la térre natale de leurs ancétres. A la mort de Louis XIV, le Canada comptait environ 65.000 Francais disaeminés sur des territoires s'étendant á l'infini, la moitié á peine habitait dans les villes ; Québec, Montreal, avaient une population s'élevant á 1500 habitants. Aujourd'hui, Montréal, la capitale du Canada, compte un millión d'habitants, dont la moitié est formée par des Canadiens franc, ais. La situation des Canadiens au début de la con­quőte britannique, et bien longtemps aprés mérne, n'était guére favorable : »Le miracle n'est pas que la race francaise ait duré, c'est qu'elle ait duré avec son caractére francais. Le miracle c'est qu'elle ne se sóit pas dénationaíisée en présence de l'afflux anglo-saxon, dont l'action dominante était favorisée par une administration toute-puissante, armée de tous les moyens de persuasion ou coercition sans contre-poids.« H n'y a pas grand effort á fairé pour rapprocher cetté situation de celle des Hongrois dans les terri­toires détachés, nous pouvons ajoutér un autre trait encore qui augmente laressemblance : L'heure critique ne fut pas celle des premiers moments, mais bien la période qui suivit, ce fut celle de l'abandon, celle oü les habitants se trouvérent seuls devant les nouveaux maítres du pays. »Plus de relations avec l'ancienne patrie, pas un volume n'en arrive réguliérement. On n'ose ni en composer, ni en imprimer ksur place. Cetté situation s'est renouvelée á notre époque, n'insistons pas, citons un fait : Chez les Ursulines de Trois-Riviéres il ne resté qu'une seule grammaire, vénérable centenaire, dont les feuillets sacvés ne sont tournés, que par la maitresse, et qui est enchassée sur un lutrin devant lequel chaque écoliére vient apprendre sa lecon a tour de rőle. On en est réduit á copier ála main les classiques, mérne les Dictionnaires ; on en est revenu avant Gutenberg.« Les Francais d'alors n'avaient pas les moyens scientifiques dont on dispose aujourd'hui pour fairé pénétrer la pensée malgré les infranchissables barriéres. Et pourtant ce petit peuple triompha et des ([ifficultés naturelles, et des obstacles officiels. En 1836, les écoles élémentaires fran$aises sont administrativement fermées : de 1200 écoles il n'en resté qu'une cinquantaine. Ce pourrait étre un désastre, mais la persécution appelle la résistance. Un renouveau se produit, des écoles sont ouvertes, en 1866, il y en a 8589, la proportion des enfants qui suivent les cours de écoles canadiennes francaises est de 95%. Tout naturellement l'enseignement supérieur suit un mouve­ment analogue. Ce qui sauva les Canadiens francais, ce qui leur permit de tenir ferme, ce fut la religion, ce fut cetté foi qui formait un infranchissable obstacle entre les catholiques et les maitres du pays appartenant a la religion réformée. N'est-ce pas la situation des Hongrois détachés qui vivent aujourd'hui dans des pays presque tous schismatiques, oü leur religion est loin d'obtenir la place qui lui appartient? Les Canadiens francais sont catholiques, c'est le clergé qui sauve un minimum irréductible de culture francaise. Les Hongrois, eux aussi, sont fidéles á leur foi, ils peuvent donc en conservant cet élément prim­ordiale de la civilisation magyaré, maintenir leur nationalisme. Le Canadien francais est catolique et c'est ce qui le fait rester francais. Mais il y a aussi un désir héroique de maintenir la langue des ancétres. II y avait parmi les Canadiens francais une minorité infime de protestants qui elle aussi a tenu bon, alors qu'elle paraissait plus exposéeá se laisser angliciser. Giáce á ces persévérants efforts les Canadiens francais ont conservée leur patrimoine le plus cher, le plus précieux. Le Magyar posséde, et a un haut degré, les deux traits caracté­ristiques reconnus á ces Francais d'Outre-Atlantique, la fidélité á sa religion, l'amour héroique de sa langue, c'est-á-dire de sa patrie. II dispose de moyens que les Canadiens du XVIII6 et du XIX8 siécle ne connurent pas, il peut donc comme le peuple canadien, fournir un persévérant effort et, comme ce peuple, fairé triompher sa cause. Comme le Cardinal Verdier l'a dit l'an dernier, á l'occasion de la commémoration du VIIe* Centenaire de Sainte Elisabeth »la noble nation hongroise est fidéle á sa foi et a ses traditions.« Si ces vertus sont précieuses dans les temps heureux, elles le sont plus encore dans les temps difficiles oü elles représentent alors l'espoir dans l'avenir. Emilé Horn

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