Sources du passé de Budapest 1686-1950 - Budapest Főváros Levéltára forráskiadványai 5.(Budapest, 1971-1973)

INTRODUCTION Le troisième volume des Sources du passé de Budapest, présente aux lecteurs les événements de la période allant de la défaite de la République des Conseils (1 er août 1919) jusqu'à la libération du pouvoir des hitlériens et des « nyilas » (croix fléchée) (13 février 1945). Lorsque le 3 août 1919, les forces de l'entente impérialiste occupèrent Budapest et les contre-révolutionnaires s'organisant sous leur protection, renversèrent le gou­vernement dit syndical, ce furent la réaction, « la terreur blanche », les groupes ré­trogrades des classes dominantes qui prirent le pouvoir. Leur généralissime Miklós Horthy, entra dans la capitale le 16 novembre 1919 à la tête des détachements de terroristes blancs. Par ses premières paroles il fouetta « la ville criminelle » et le peuple de Budapest. Vers la fin de son règne, au mois de mai 1944, il déclara au bourgmestre connu de sa mentalité nazie, que « Budapest était un foyer d'infection, sa population un conglomérat étranger, au sang impur ». Pendant vingt-cinq ans la population de la capitale du pays avait vécu dans un régime dont les dirigeants la haïssaient et la traitaient en ennemi. Le pouvoir consolidé par la suite des rétorsions sanglantes, était d'un caractère contre-révolutionnaire, hostile à toute réforme, à tout progrès. Le sort du pays et de sa capitale Budapest, fut déterminé pendant un quart de siècle par la politique anti-communiste et antisoviétique, antisémite, impliquant la haine des peuples voisins et la poussée territoriale. C'est cette politique qui en 1944-1945 conduisit à la ruine du pays entier et en premier lieu à celle de Budapest. En été 1920, l'importance de la capitale d'une population de près d'un million de personnes, du pays au territoire diminué de deux tiers d'une population de sept millions au total était devenue évidente. Un huitième de la population, plus d'un tiers des usines, plus de 43 pour-cent de la production industrielle étaient assurés par la capitale ; c'est ici que vivaient 40 pour-cent des ouvriers industriels du pays et 55 pour-cent du prolétariat de la grande industrie. Tout ceci souligne que dans la vie politique, culturelle et économique du pays, la capitale jouait un rôle plus important que dans n'importe quel autre pays disposant du même développement et de possibilités pareilles. Dans les années suivantes les données numériques ont subi un certain changement, mais les proportions fondamentales sont restées les mêmes. Ce fut en été 1920, lorsque des dizaines de milliers de communistes et progres­sistes furent arrêtées à Budapest où réduits à l'émigration, et que dans les rues de la

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