The Hungarian Student, 1958 (3. évfolyam, 1-2. szám)
1958-10-01 / 1. szám
se déroule, cela va sans dire, dans le cadre de la vie quotidienne. Le héro du récit souffre de migraines de plus en plus violentes qui lui font finalement réaliser que c’est sa conscience qui se révolte contre le fait de pousser de vieux pères de famille au suicide, même si leur mort sert à instaurer le Socialisme plus vite et plus sûrement. Déry adhéra au parti en 1919 à une époque où celui-ci ne ressemblait encore guère à un trust économique. Il est toujours resté fidèle à ses principes. Son sort ressemble à celui de Djilas sauf qu’il épaula le parti en des circonstances plus difficiles. Ces deux récits sont de simples histoires de la vie quotidienne et l’auteur les raconte d’une manière exempte de toute prétention. Cette narration naturelle, sans aucune trace de cynisme, souligne la banalité du fait que des personnes peuvent être retenues pendant sept ans en prison sans aucun motif réel, qu’il n’y a rien d’étrange dans le fait qu’un homme paisiblement en train de boire son café avec les siens, soit prié de sortir pour quelques instants et disparaisse pour cinq ans. Ce sont ceux dont la vitalité n’a pas été brisée par cinq ans d’emprisonnement qui citent cette histoire comme un événement banal. Est-il vraiment banal? Pour réponse, nous nous bornerons à citer le cocher d’«Amour»: «mon beau-frère a également fait deux ans de prison». Pál Szabó qui est issu du peuple, raconte un autre événement banal de la vie hongroise, l’histoire d’un prisonnier de guerre des Soviets qui ne rentre pas au pays. Pál Szabó qui a connu la misère sordide et qui a lutté pour devenir un écrivain, décrit dans sa nouvelle une lutte peut-être encore plus amère, celle d’un membre prospère de la nouvelle classe qui doit redescendre les échelons jusqu’à la condition de travailleur. L’auteur y observe la destinée de l’ouvrier et l’histoire qu’il discute franchement et simplement lui a servi aussi personnellement de catharsis et a marqué un tournant dans sa vie d’écrivain. Il est maintenant temps de parler de deux écrivains plus jeunes représentés dans ce recueil. Miklós Cyárfás décrit lui la mesquine bourgeoisie du communiste dans la vie publique. Il le fait avec compréhension et avec une pointe de sarcasme attristé. Ferencz Sántha, l’élève du réalisme hongrois, malgré son climat idéologique, raconte un instant de sa propre vie sous un jour de tonalités grises en revanche assez monotone. Sa description peut être comparée au cadre d’un film néo-réaliste italien, à la fois magnifique et dépri- 29 mant.