The Hungarian Student, 1958 (3. évfolyam, 1-2. szám)
1958-10-01 / 1. szám
Données sur la révolution hongroise de 1956 par László Papp Peu avant le second anniversaire du soulèvement hongrois de 1956, l’ONU décida par 61 voix contre 10, avec 10 abstentions, de remettre la question hongroise à son ordre du jour. Ce fait attire notre attention sur l’espèce d’enquête au cours de laquelle les étudiants hongrois qui avaient participé à la révolution ont donné leur avis, après deux ans d’exil, sur le soulèvement et sur les conceptions qui les ont conduits il y a deux ans à cette insurrection armée. A la fin de 1957, l’Université Marquette à Milwaukee, Wisconsin, publia un questionnaire de 14 pages contenant plus de 100 questions préparées par M. Bêla Rovrig, professeur de sociologie à la dite université, et destinées à fournir des données sur le soulèvement hongrois de 1956. Sur les 2000 questionnaires, environ 10 #/o - 192 exactement - furent distribués au hasard par l’Association des étudiants hongrois en Amérique du Nord à des étudiants hongrois âgés de 18 à 20 ans. Les questionnaires furent retournés en janvier et février 1958. Ce questionnaire portait sur quatre groupes principaux de questions. Il demandait l’opinion des intéressés sur la situation qui régnait pendant les douze ans avant la révolution, cherchait à déterminer le déroulement de l’insurrection au moyen de chiffres statistiques, tentait de dégager les conceptions et les plans, ainsi que la forme et le système de gouvernement après la révolution, et posait enfin quelques questions personnelles aux étudiants anonymes en ce qui concerne leur poète ou auteur préféré, etc. Cette documentation est étudiée actuellement à la faculté de sociologie de l’Université Marquette, et nous nous bornerons, dans ce bref rapport, à passer en revue les réponses des 192 étudiants. Pour des raisons de convenance, nous avons exprimé les résultats en pourcents. Les années 1944 à 1956 apparaissent comme une période de souffrances et de tristesse, alors que 35 °/o des étudiants et les parents de 65 % des jeunes gens eurent à subir de lourdes pertes ou de sévères humiliations. 35 % des étudiants perdirent leur foyer et la plus grande partie de leur mobilier. D’autres eurent à subir des affronts encore plus pénibles que des pertes matérielles ; c’est ainsi que 31 °/o des étudiants racontent qu’ils ont été « insultés dans leur honneur et leur dignité par les représentants ou les fonctionnaires du régime au pouvoir », tandis que les parents de 33 °/o des étudiants 12