Századok – 2000
TANULMÁNYOK - Kristó Gyula: Magyarország népei Szent István korában 3
MAGYARORSZÁG NÉPEI SZENT ISTVÁN KORÁBAN 43 Gyula Kristó LES ETHNIES DE LA HONGRIE À L'ÉPOQUE DE SAINT ETIENNE (Résumé) Le point de départ de l'analyse est la critique de l'étude d'István Kniezsa portant sur les circonstances ethniques de la Hongrie du XP siècle, parue en 1938 par laquelle il devint évident que Kniezsa — malgré ses intentions — n'avait pas présenté les ethnies des débuts de l'époque Arpadienne (celles de la Hongrie du XIe siècle), mais celles des fins de l'ère des Árpáds (XIIe, débuts du XHIè siècles). L'auteur a divisé en deux parties ses analyses pour reconstruire en réalité les circonstances de l'éoque de Saint Etienne (entre 997-1038). Premièrement on prend en considération les sources incontestablement relatives à l'époque de Saint Étienne (premier „cercle"), ensuite celles qui se dataient quelques décennies après le décès d'Etienne, mais avant la fin du XP siècle (deuxième „cercle"). On estimait les noms de lieu, des noms de personnes et des noms communs représentant la terminologie sociale en tant que sources. On essaya de les énumerer sans défauts dont on établit une base de données. Étant conscient du fait que les données linguistiques ne représentent pas exactement les ethnies, car l'ethnie ne se définisse pas seulement par la langue, mais aussi par un groupe large des coutumes, par conséquent, on traite les données qu'elles ne portent pas indirectement sur les ethnies, plutôt sur les langues pratiquées. On suppose aussi que le tableau ethnique était plus diversifié que celui des langues. D'après l'analyse, quatres langues furent pratiquées dans la Hongrie du XIe siècle, le slave se présentait le plus répendu (nombreux mots d'emprunt slaves du hongrois pouvaient provenir non pas des Slaves des pays voisins, mais ceux du bassin des Carpates), le hongrois le suivit peu après, pendant que le turc et l'allemand furent pratiqués moins remarquablement que les deux premiers. Ces tendances montrent que le slave perdait des ses positions après le milieu du Xè siècle, le hongrois faisait — grâce surtout au fait que les Kavares commenaient à pratiquer de plus en plus le hongrois — des avancements constants. La répartition que l'auteur précisa par estimation (c'est-à-dire 1,5-2.5:1) concernant les Magyars et les peuples non hongrois portant sur l'époque de la Conquête (vers 895) n'est pas valable pour l'époque de Saint Etienne, elle se changea en faveur de la langue hongroise. Cependant le turc perdait de terrain en Hongrie après le début du XIe siècle, alors que l'allemand - dû surtout aux immigrations des XIP-XIIP siècles - connaissait un certain avancement. Le fait que Saint Etienne prenait en considération le caractère d'une richesse linguistique et des coutumes, ainsi qu'il l'estimait un état nécessaire, se prouve par cette phrase de l'Admonition adressé à son fils: „le royaume qui vie d'une langue et d'un coutume est faible et fragile". THE PEOPLES OF HUNGARY IN THE DAYS OF SAINT STEPHEN (by Gyula Kristó) Summary Gyula Kristó's paper provides a criticism of István Kniezsa's paper published in 1938 on the question of ethnicity in Hungary in the 11th century. The author states that Kniezsa, despite his own intentions, depicted the peoples of the late Árpád era, i.e., 12th and the beginning of the 13th centuries, instead of the early Árpád era, i.e., 11th century. In order to reconstruct the conditions of the time of Saint Stephen (997-1038), Kristó divided his research into two parts. First he always analyses the sources that are proved to have come down to us from the age of Saint Stephen, then turns to sources dated to the period between the death of Stephen an the end of the 11th century. He regarded place names, personal names and social terminology as being historical sources. He endeavoured to examine all of them without exception and compiled a reference book. He was aware of the fact that linguistic data did not reflect ethnicity precisely, because ethnicity was not only defined by language but by a wide range of customs as well. He therefore arranged the data in such a way that it provides information on the spoken languages of the time rather than on the ethnic groups directly, as the ethnic composition of the country, according to him, showed a much more