Századok – 1990
Tanulmányok - Györffy György: A magyar-szláv érintkezések kezdetei I/3
24 GYÖRFFY GYÖRGY György Györffy: LES DÉBUTS DES RELATIONS SLAVO-HONGROISES (Résumé) Dans la première partie de son article, György Györffy étudie les noms qu'avaient jadis donnés les Slaves aux Hongrois et les Hongrois aux slaves. (Pour plus de clarté, il désigne par des lettres les territoires de résidence des peuples avançant vers l'Ouest sur la steppe. Ainsi, A signifie la steppe au nord du lac d'Aral ; B, la steppe s'étendant du Sud de la Bachkirie au lac Caspien ; C, la région bornée par la Volga et le Don au Nord de Caucase ; DO, la région située entre le Don et le Dniepr ; DN, la région entre le Dniepr, le Dniestr et le Danube. L'auteur admet que les mots ongr, vengri, Ung(a)ri, Hongrois désignant les Magyars viennent du nom du peuple onogur (qui parlaient une langue bulgaro-turque), sans exclure cependant l'hypothèse selon laquelle la forme ugri proviendrait du nom du peuple Ugur migré en Europe ensemble avec les Onogurs. Selon Györffy, l'étymologie faisant dériver le nom Jugria du mot onogur est géographiquement tout à fait insoutenable, puisque Biruni avait connu ce mot vers 1000 sous la forme de jura probablement par l'intermédiaire des Bulgares de la Volga. Le fait que le mot onogur fut adopté pour désigner les Magyars peut être expliqué de diverses manières ; Györffy doute cependant que la région du Kouban (nommée par certains chroniqueurs la Grande-Bulgarie) ait été un des premiers habitats des Magyars et des Onogurs, et voit plutôt dans les régipns DN—DO le territoite de l'Empire des Onogurs. Les Slaves appelaient généralement les Magyars par le nom des peuples qui les dominaient ; ainsi, ils employaient dans ce sens le mot onogur, ou, exceptionnellement, les mots türk et khazar. Plusieurs peuples finno-ougriens désignaient les Slaves par des variantes de l'ethnique vened. L'auteur avance que les Hongrois avaient donné le nom vendég (« étranger ») formé de la même racine aux Slaves de l'Est, puisque, d'après une description perse du IXe siècle basée sur une source hongroise, la capitale de ceuxlà s'appelait V.n.l.t. (V.n.t.k., après correction), alors qu'il était coutumier en Europe de l'Est de donner à la capitale d'un peuple le nom de l'ethnie même. L'auteur expose aussi les conclusions des recherches récentes des spécialistes Benkö, Györffy, Harmatta, Király et Ligeti portant sur les noms Atelkuzu et Levedia, notés vers 950 et désignant les régions habitées par les Hongrois près de la mer Noire (DN—DO). Atel-Kuzu vient de la juxtaposition du mot Etil (nom du Don et de la Volga) et du vocable hongrois köz (« entre ») ; ce toponyme lui-même est une dérivation du nom d'un territoire borné par un cours d'eau plus long et le fleuve Etil. La mémoire collective des Hongrois du X' siècle entendait par là le pays près de la mer Noire, cependant qu'on ne saurait exclure que ce même vocable ait désigné aux siècles précédents leur lieu de résidence situé plus à l'Est (DN ou C). Le nom de Levedia (nommé d'après le prince magyar Levedi) est défini par Constantin Porphyrogénète par les noms de deux rivières, Chidmas, c'est-à-dire Chingilus ; ce sont en effet des auffluents du Boug, aujourd'hui appelés Kodima et Ingoul, ou Ingouletz. Certes, les Hongrois n'avaient jamair fait des noms de leurs chefs des noms de pays, mais le nom du chef avait fini par se perpétuer dans le nom de sa résidence, comme ce noms de pays, mais le nom du chef avait fini par se perpétuer dans le nom de sa résidence, comme ce fut le cas de Levedi. Les noms des chefs hongrois du Xe siècle se retrouvent ainsi tous dans des toponymes, les suffixes -ova et -ava s'ajoutaient aux noms des résidences d'été. Ainsi par exemple, les rivières au nord de la résidence d'hiver Ond furent nommées Ondava et Oudva. Les vocables Bors et Borsova témoignent du hongrois du IXe siècle, la rivière Oudva (Yaea) au nord-est de Kiev, et le fortinde terre de Borsevo ( Bopmero) au sud de Voronez portent sans doute les noms des chefs hongrois en question. Il est à présumer que la toponymie de l'Ukraine du Nord préserve aussi les noms d'autres chefs magyars et kabars (ou khazars).