Századok – 1990

Tanulmányok - Bárány György: A liberalizmus perspektívái és korlátai az 1843/44-es országgyűlés vallásügyi vitáinak tükrében II/183

AZ 1843-44-ES ORSZÁGGYŰLÉS VALLÁSÜGYI VITÁI 217 ni marche en avant ni marche arrière ne fussent alors faites, l'attitude généreuse des uns et le parti pris dicté par des préjugés des autres annonçaient déjà, tant par la tonalité que par l'essentiel de l'argumenta­tion, les débats du siècle suivant. L'un des principaux résultats du débat sur les questions religieuses - et de toute la diète de 1843-1844 en général - aura été l'adoption de la loi 3 de 1844, qui donnait - au moins en partie - satisfaction aux revendications des protestants au sujet des mariages mixtes, et facilitait la conversion des catholiques aux deux grandes religions protestantes reçues, tout en passant sous silence, il est vrai, le problème des ré­vérsales, c'est-à-dire le consentement écrit du conjoint non catholique à élever les enfants à naître du ma­riage mixte dans la religion catholique. La loi, qui fut d'ailleurs l'expression sur le plan constitutionnel de la montée du nationalisme hong­rois laïc aux dépens de l'autorité de l'Église catholique et de l'absolutisme monarchique, ne répondait pas non plus aux voeux de l'Église orthodoxe conduite par le haut clergé serbe ; durant les longs débats de la diète, les représentants de ceux-ci à la Chambre haute ne cessaint de voter - mais en vain - pour les pro­positions libérales de la Chambre basse contre la majorité aristocratique conservatrice et la cour de Vienne. Barany montre que ce mutisme au sujet de la »question orthodoxe«, au lieu d'être l'œuvre du hasard, doit être attribué aux efforts conjugués de Metternich et de la diplomatie papale. Il met en vedette à ce pro­pos les rapports entre l'oppression des catholiques de Russie (en particulier celle de l'Église catholique de Pologne) d'une part et la situation de la religion orthodoxe dans l'Empire des Habsbourg (donc aussi en Hongrie) de l'autre, et examine ensuite le projet de mariage dynastique Romanov-Habsbourg conçu par le tsar Nicolas Ier entre l'archiduc Étienne, fils du palatin Joseph, et l'archiduchesse Olga, fille du tsar. Ce fut juste au moment de la mise au point définitive du texte de la loi religieuse hongroise que la pression russe sur Metternich était la plus forte ; d'allieure celui-ci ne se passionnait point pour l'idée du mariage russe, car l'archiduc Étienne était lieutenant général de Bohème el héritier présomptif du titre palatin de Hong­rie : vu l'état de santé de l'empereur et roi Ferdinand, la variante au trichienne d'une succession à l'orlé­anaise, avec l'appui éventuel de la Russia, ne relevait point de l'empire des chimères. Évidemment, le cler­gé catholigue ne soutenait pas non plus au moment du conflit avec la Russie le projet du mariage d'Étien­ne avec l'archiduchesse »hérétique« : Vienne et Rome avaient su exploiter le problène de la conversion prénuptiale de l'archiduchesse Olga, qui était inadmissible pour le tsar, mais dont la discussion secrète ex­cluait au moment donné de concessions à l'Église orthodoxe de Hongrie. Or l'ébruitement du projet de mariage russe de l'archiduc d'ailleurs très populaire provoque une consternation générale en Hongrie. Le seul à s'en féliciter fut le comte István Széchenyi, qui était encore »homme du gouvernement", el qui chérissait alors - comme après - la vaine fiction de l'établissement à Buda de la brillante cour d'un possible roi. L'article de Barany traite finalement de la reprise « invisible » du débat religieux de 1843-1844 ap­rès la cloture de la diète, où l'on peut voir pour ainsi dire un prélude à la dernière diète de l'histoire de Hongrie. C'est qu'au début de 1846, par la truchement de la chancellerie hongroise de Vienne dirigée par György Apponyi et du Conseil de lieulenance de Buda, la cour de Vienne étendait par voie d'ordonnance les concessions relatives à la conversion de la loi 3 de 1844 aux orthodoxes non uniales. Bien entendu, le « péril » du mariage russe était déjà passé, et Nicolas Ier avait déjà trouvé un modus vivendi avec la papa­uté. Vienne et l'administration néo-conservatrice hongroise se préparaient à de nouvelles élections; aussi avaient elles besoin entre autres de l'appui du haut clergé orthodoxe. Cependant l'ordonnance royale en question ne fut pas accueille avec enthousiasme aux assemblées de comilals. Regroupés autour de Deák, les comitate à majorité libérale (comme par exemple celui de Zala) approuvaient l'égalité religieuse des ortho­doxes, mais protestaient contre le gouvernement par ordonnances et entendaient procéder par voie législa­tive. Les conservateurs craignaient que la facilité de la conversion d'une religion à l'autre ne favorisât les progrès de l'irréligion. En raison du « schisme » au sein de leur population orthodoxe numériquement très importante, les comitats multiethniques (dont par exemple celui de Bihar ou d'Arad) redoutaient que le cler­gé orthodoxe non uniate n'allât recourir à la violence pour reprendre les temples el écoles cédés à l'Église uniale protégée par l'Église catholique de Hongrie el le gouvernement de Vienne. Les troubles el les ob­jections amenèrent finalement la chancellerie à promulguer une deuxième ordonnance royale pour clarifier les dispositions de la précédente el pour insister sur l'union souhaitable des Églises catholique et orthodo­xe. Rien sur, les discordes ne s'apaisèrent pas pas pour autant; en plus, les protestants voyaient dans les

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