Századok – 1988
Tanulmányok - Tóth Sándor László: Az etelközi magyar–besenyő háború 541/IV
576 TÓTH SÁNDOR LÁSZLÓ imperio, les Pétchenègues auraient occupé „Etelköz", qui semble correspondre, au témoignage de Constantin et de diverses sources arabes, à la vaste région située entre le Don et la Bas-Danube. En ce qui concerne les prémices de la guerre hungaro-pétchenègue en question, les paragraphes 2-14 du chapitre 37 de De administrando imperic mentionnent que les Pétchenègues'ont été chassés de leur territoire par les Ouz et les Khazars alliés pour la circonstance. Il est probable que les Khazars effectuaient alors leur razzia annuelle habituelle, tandis que les Ouz étaient en train de „déménager" pour s'établir dans une région nouvelle. Selon S. L. Tóth, les paragraphes 19-31 du chapitre 38 de l'ouvrage de Constantin décrivent, avec quelques modifications, cette même guerre. Logiquement, et pour certaines considérations de critique des sources, on est amené à distinguer la description de deux séries de faits dans cette partie du texte: celle des guerres khazaro-pétchenègue et hungaro-pétchenègue du milieu des années 890, et celle de la séparation du peuple des Savards, bien antérieure aux premières. Les paragraphes 55-65 du chapitre 38 ne parlent pas de la cause de l'attaque pétchenègue, tandis que le chapitre 40 relie cet événement à la guerre de 894-895 entre Byzance et les Bulgares, aussi bien qu'à l'alliance bulgaro-pétchenègue contre les Magyars. Le tsar bulgare Siméon a fait disloquer l'union de circonstance hungaro-byzantine en ouvrant des négociations de paix, et a conclu au même moment un traité d'alliance anti-hongrois avec les Pétchenègues qui avaient déjà l'intention de s'installer dans une région nouvelle. Cependant les informations que nous fournit le chapitre 40 manquent de bien des précisions: on ne peut guère établir dans quelle contrées lointaines les troupes hongroises éloignées d'Etelköz s'aventuraient au moment de l'attaque pétchenègue. D'autres sources permettent de conclure qu'une partie des guerriers hongrois luttait encore en Bulgarie pour refouler les attaques successives que Siméon leur lançait obstinément malgré une série de lourdes défaites. Or la guerre a été gagnée pour le compte de Siméon par les Pétchenègues, qui ont soudain envahi Etelköz et en ont définitivement chassé les Hongrois. Les tribues fédérées magyares n'avaient aucune chance devant l'écrasante supériorité numérique de le coalition bulgaio-pétchenègue. La tradition léguée par les chroniques hongroises a d'ailleurs métamorphosé le souvenir du désastre d'Etelköz en un fléau „naturel": une attaque d'aigles. Les indications fournies par Da administrando imperio au sujet de le guerre hungaxo-pétchenegue d'Etelköz - qui avait lieu probablement au printemps ou en été 895 - proviennent sans doute — du moins en partie - de l'ambassadeur byzantin Gabriel traversant le bassin carpatique à la fin du IXe ou au début du Xe siècle. Gabriel s'efforçait de pousser les Magyars à reconquérir sur les Pétchenègues leur territoire d'antan. L'empereur de Byzance Léon le Sage se serait sans doute mieux accommodé de l'installation, aux confins de la Bulgarie, de Hongrois alliés à Byzance qu'il aurait pu employer contre les Bulgares à n'importe quel moment, que de celle des Pétchenègues alliés à Siméon. Cependant, à la suite du désastre récent d'Etelköz, les chefs hongrois ont repoussé unanimenent la proposition byzantine. Les envahisseurs pétchenègues ont dtî non seulement disperser les unités kabaxes affectées à la défense des frontières, mais aussi livrer des batailles probablement très sérieuses aux troupes hongroises restées dans la région, qui leur résistaient de leur mieux. Bénéficiant de leur supériorité numérique et possédant un art militaire plus avancé, les Pétchenègues ont vu leurs chances singulièrement accrues par l'effect psychologique que produisait leur attaque inattendue. Un accord conclu par les chefs des tribues magyares prévoyait le rassemblement de leurs forces près des fleuves en cas d'attaque ennemie, étant donné que dans les plaines d'Etelköz c'était seulement au bord des fleuvers que l'on pouvait espérer déployer une résistance tenace. Aussi les troupes hongroises ont-elles combattu les Pétchenègues auprès du Don, du Dniepr, et peut-être encore d'autres fleuves et rivières. Ainsi l'évacuation d'Etelköz par les Hongrois aura été le résultat de plusieurs batailles perdues, et non celui d'une seule défaite décisive. Par ailleurs, la guerre n'a pas duré très longtemps: après avoir brisé la résistance des Magyars et détruit leurs habitations, les envahisseurs pétchenègues se sont mis aussitôt à préparer l'installation de tout leur peuple. Les Hongrois on dû subir des pertes extrêmement lourdes; beaucoup de femmes et enfants y ont péri, ainsi que bon nombre de guerriers. Contrairement à l'opinion de le plupart des historiographes hongrois, Tóth affirme que cette défaite n'a entraîné aucun changement à la tête de la fédération des tribues magyares: la Conquête du pays a lieu sous la conduite d'Árpád, élu prince (kiindii) encore en Etelköz, du gyula (chef militaire) Kurszán, et des autres chefs de tribue.