Századok – 1987

TANULMÁNYOK - Solymosi László: Egyházi és világi (földesúri) mortuarium a 11-14. századi Magyarországon 547

MORTUARIUM MAGYARORSZÁGON A 11-14. SZÁZADBAN 583 Solymosi, László: MORTUARIUM ECCLÉSIASTIQUE ET LAÏC (SEIGNEURIAL) DANS LA HONGRIE DES 11-14e SIÈCLES (Résumé) Dans l'Europe médiévale le mortuarium signifiait avant tout un revenu, plus exactement le droit à un certain revenu. Quant à son caractère, il y avait un mortuarium ecclésiastique et un mortuarium laie (seigneurial). Le premier était fondé sur les liens entre l'Eglise et les fidèles, le dernier sur les rapports entre le seigneur terrien et les sujets qui dépendaient de lui. Le rapport entre les deux, souvent leur entrelacement, était dû au fait fondamental que les deux revenus devaient être payés en cas d'un décés, d'une part de la mort d'un fidèle ou de l'autre de celle d'un sujet du seigneur terrien. Malgré les rapports et analogies incontestables, il s'agit de deux cas substantiellement différents et qui ne s'entremêlent que dans les propriétés de l'Eglise, dans les lointains siècles médiévaux, si pauvres en documents écrits. Le nom de mortuarium ecclésiastique désignait les dons offerts aux prêtres lors des funérailles et d'autres occasions (p. e. vigile mortuaire) pour les cérémonies servant à assurer le bonheur du fidèle défunt dans l'autre monde. Le mortuarium seigneurial par contre désignait le revenu du propriétaire terrien qui lui était dû de la succession de son sujet défunt. Ces exigences spécifiques, ecclésiastique et seigneuriale, se faisaient valoir de différentes manières. Le mortuarium ecclésiastique, lui, touchait tous les mortels, du roi jusqu'au serf tous se chargeaient, avec des dons correspondant â leur situation sociale, des cérémonies assurant leur salut et celui des membres de leur parenté; tandis que le mortuarium seigneurial ne touchait que ceux qui étaient soumis á sa juridiction. Les deux étaient en rapports étroits avec l'ascension socio-économique des sujets des seigneurs, avec l'évolution de leurs droits d'hériter, de posséder, de tester, avec la formation de la classe des serfs. Parallèlement â cette évolution, le mortuarium ecclésiastique s'étendait i l'ensemble de la collectivité, tandis que le mortuarium seigneurial s'était formé en accord avec ce processus social et se modifiait conformément á l'avancement de celui-ci. g Le mortuarium ecclésiastique s'implanta en Hongrie au 11 siècle grâce à l'expansion du christianisme, et son histoire se modifiait conformément aux canons des conciles du Latran. Le mortuarium fournissait un revenu considérable au clergé des Eglises disposant du droit de funérailles et suscitait de sérieux débats entre le clergé des paroisses et des vicariats, respectivement entre les curés et surtout leurs rivaux urbains, les dominicains et franciscains. Le mortuarium ecclésiastique, en tant que phénomène sociologique, avait créé sa propre norme. En cas de décès d'un souverain, d'un baron, d'un gentilhomme, un cheval était dû au clergé. Dans le cortège funèbre le cheval, ou les chevaux, étaient conduits devant le cadavre, et le clergé ayant exécuté la cérémonie les a reçus i une partie fixe de la messe funèbre, â l'offertoire. Encore que les sources documentaires concernant les autres couches sociales soient, comme en général, bien plus restreintes et ne se multiplient, quant à la bourgeoisie, qu'au 15 siècle, les règlements d "Elefánt de 1322, et ceux de Medgyes de 1397, montrent avec certitude que des normes, différant selon les régions et les localités, aient déjà existé au 14 sièèle dans les couches plus basses de la société, concernant les serfs et d'autres. Le mortuarium laie (seigneurial), ayant tant de dénominations en Europe Occidentale, était une notion inconnue en Hongrie et n'avait pas même créé sa propre terminologie. Toutefois son existence est démontrable depuis 1239 et peut étre supposée a' partir de la fin du 12e siècle en Hongrie en tant que forme rudimentaire du droit de déshérence du propriétaire terrien. Quant â son caractère c'était une taxe successorale ou de tester ou un droit de mutation. A la différence de la pratique occidentale le propriétaire terrien ne pouvait avoir une part de la succession de son sujet qu'en cas d'absence d'héritier mâle. Au début il revendiquait une partie des biens mobiliers: la moitié ou le tiers, ensuite, á partir du milieu du 13 siècle, un exemplaire, en général un bovin, et puis, à partir de la fin du siècle, parfois une somme fixe d'argent. Toutefois, souvent il renonçait á son droit particulier et assurait â ses serfs le droit de tester librement. Encore que le mortuarium seigneurial fût un phénomène parallèle á l'ascension sociale-économique des propriétaires terriens, il ne devint généralement répandu ni pendant sa diffusion au 13 siècle, ni pendant le 14 . Il ne devint caractéristique à aucune couche sociale des propriétaires terriens ni, dans la suite, aux serfs, comme c'était à l'étranger dans le cas des serfs ou de la strate censitaire. Quant aux biens mobiliers du serf déficitaire des coutumes divergentes s'étaient formées dans lesquelles le mortuarium seigneurial ne jouait pas un rôle déterminant, il était relégué i l'arrière plan par rapport au droit de tester du serf et au droit de déshérence du propriétaire terrien, et ne se faisait valoir que subordonné i ceux-ci.

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