Századok – 1983
TANULMÁNYOK - Eperjessy Géza: Zsidó iparűzők a reformkori szabad királyi városokban 711
ZSIDÓ IPARÍÍZÖK A REFORMKORBAN 739 Eperjessy, Géza LES JUIFS ET LES MÉTIERS INDUSTRIELS DANS LES VILLES LIBRES ROYALES D'ERE DES RÉFORMES (Résumé) L'auteur de l'étude part de la contradiction particulière à la société de la Hongrie pendant l'ère des réformes, que, vu la faiblesse de la bourgeoisie, c'est la noblesse moyenne libérale qui fournissait la force motrice à l'évolution bourgeoise que la bourgeoisie contrariait dans bien des cas. Dans l'historiographie hongroise des dernières décennies c'est avant tout le rôle de cette simple noblesse qui était étudié, et on accorda moins d'attention aux éléments bourgeois, gardiens des traditions, des villes libres royales. Grâce à ses privilèges qui l'intégraient dans la société féodale, cette classe retardait l'évolution entre autres aussi par les restrictions imposées aux Juifs exclus de la société féodale. Les commerçants et industriels juifs s'inséraient à partir de la seconde moitié du 18e siècle dans les rangs de ceux qui s'occupaient de la vente des produits des grandes propriétés foncières, ils investissaient leurs capitaux dans des entreprises industrielles non corporatives, ils étaient bien plus agiles et vendaient leurs produits à des prix bien plus bas que les bourgeois privilégiés. Dès avant 1848 ils contribuaient considérablement à l'expansion de l'économie capitaliste, et plusieurs d'entre eux ont déjà fait les premiers pas menant à l'assimilation. Les Juifs, arrivés à partir du milieu du 18e siècle de la Bohême et de la Moravie, ainsi que des provinces héréditaires autrichiennes, ensuite à partir des premières décennies du 19e siècle surtout de la Galicie, trouvaient de l'asile et recevaient de l'assistance surtout dans les propriétés foncières de l'Église et des grands propriétaires. Dans les villes royales libres leur établissement dépendait de la magistrature qui devait accorder la permission, mais qui, avant l'édit de tolérance de Joseph II, la refusaient non seulement aux Juifs, mais aussi aux protestants. L'édit de tolérance promulgué par Joseph II en 1781 offrit la possibilité aux Juifs de s'établir aussi dans les villes royales libres, à l'exception des villes minières, et ce règlement fut confirmé par la loi 38 de 1791. Au cours des années suivantes les Juifs commencèrent donc à s'installer dans les villes royales libres, mais leur nombre augmentait surtout dans les villages et bourgades proches de ces villes, comme par exemple dans la bourgade d'Óbuda, relevant de la Chambre Royale. Leur établissement dans les villes royales libres est devenu plus intense sous l'effet de la loi 29 de 1840 qui leur offrait la possibilité de s'y occuper d'industrie et de commerce,soit „de leur propre main", soit à l'aide de compagnons de leur confession. L'exercice par les Juifs des métiers industriels était réglée par des ordonnances royales précédentes,de 1805 et 1813, restées en vigueur après 1840 aussi, et qui leur permettaient de la même manière ce travail, et aussi d'apprendre le métier à leurs jeunes jusqu'à ce que leur nombre ne fut suffisant pour fonder entre eux des corporations. Malgré de nombreuses tentatives de former des corporations la Chancellerie n'a jamais accordé en Hongrie aux Juifs des privilèges corporatifs. C'est en premier lieu sur la base des sources documentaires des Archives Nationales, des Hofkammerarchiv et Finanzarchiv de Vienne, et des archives provinciales que l'auteur examine la situation des Juifs s'occupant de métiers industriels dans les villes royales libres de quelqu'importance en Hongrie. L'exposition de cette situation s'avère fort instructive dans une ville comme par exemple Arad qui a accédé au rang de ville royale libre pendant la période étudiée (en 1834). Tandis que dans les périodes précédentes „les ordres et états" du comitat d'Arad, comme aussi des autres comitats, soutenaient la liberté de l'industrie et du commerce, donc aussi le travail des Juifs dans l'industrie, après l'avancement de la ville dans la hiérarchie, la bourgeoisie privilégiée disposait de toute liberté pour limiter les droits des Juifs qui, pourtant, avaient joué un rôle non négligeable dans l'obtention du rang de ville royale libre. Le rabbin d'Arad, Âron Chorin salua le commissaire du roi au moment de la remise du brevet de la ville avec un discours patriotique en langue hongroise, et ce dans la ville qui, alors, était en grande partie germanophone et serbophone. Devançant Lipót Löw, grand rabbin de renom général dans le pays, et l'Association juive pour le Développement de l'Industrie à Pest, il cherchait à diriger ses coreligionnaires, à côté du commerce, aussi vers le métier industriel Dans