Századok – 1983
TANULMÁNYOK - Sípos Péter: Peyer Károly a magyar munkásmozgalomban 1944-ig 1280
PEYER KÁROLY A MAGYAR MUNKÁSMOZGALOMBAN 1944-IG 1321 résultats concrets. Pour lui la „voie réaliste" n'était pas représentée par l'exemple russe, mais par l'exemple anglais. Selon la conception de Peyer les organisations ouvrières forment un groupe d'intérêt qui exerce sur l'Etat et les patrons une pression, dans la mesure de son influence sociale et de sa force organique, afin d'obtenir des réformes servant l'amélioration des conditions de vie de la classe ouvrière. Lui non plus.il n'exclut pas nécessairement des moyens de contrainte du mouvement les modalités plus violentes comme la grève et les manifestations. Dans ses interventions on rencontre souvent la menace de mobiliser les masses et de leurs actes de violence. En général, Peyer se rendait compte au bon moment des dispositions parmi les ouvriers organisés à entendre de leurs dirigeants un ton radical. Et il sentait également, et systématiquement, quand il fallait adresser des messages sur un ton combatif au gouvernement et aux patrons concernant les exigences de la social-démocratie. Dans ces cas-là il n'était pas avare de qualificatifs foudroyants et de verbes tonitruants. Peyer occupa une place toute particulière dans le mouvement ouvrier légal. Il représenta un lien entre le direction du parti social-démocrate et celle des syndicats; il était en outre membre de toute collectivité qui, dans quelque domaine de la vie publique, donnait des orientations aux activités du Parti Social-Démocrate Hongrois. Son autorité était accrue par la pratique, unique dans le mouvement, qu'il avait acquise dans les manoeuvres concernant les questions politiques générales. Le gouvernement et les patrons acceptaient avant tout Peyer comme partenaire de négociations, représentant la classe ouvrière, tout comme d'autres groupes sociaux disposaient également de leurs porte-parole dans la vie publique. Toutefois, il ne pouvait pas profiter de sa position extrêmement favorable pour devenir dans la social-démocratie un dirigeant charismatique dont les activités représentent une importance décisive non seulement pour le présent du mouvement mais aussi pour son avenir, pour tout son destin à venir, qui soit indispensable et irremplaçable. Il n'était capable que de se mesurer tout au plus avec les tâches d'un moment donné, ne pouvait pas réfléchir en perspectives, en saisissant du moins les lignes de l'avenir. Aussi n'était-il pas apte à élaborer un programme de perspective ou du moins à donner des impulsions, des orientations pour élaborer un plan d'action ayant une force mobilisatrice. Le 19 mars 1944, après l'occupation de la Hongrie par les Allemands, le directeur du Conseil des Syndicats fut arrêté par la Gestapo et transporté dans un camp de concentration. Ni Peyer, ni personne d'autre ne pouvaient encore savoir que son rôle de chef de file dans le mouvement ouvrier hongrois était irrévocablement fini, même s'il supportait les péripéties qui l'attendaient et même s'il vivait jusqu'à la défaite du fascisme. C'est que les activités de Peyer étaient typique d'un dirigeant syndical dans une société capitaliste. Pour lui, l'essence existentielle était d'être jour par jour aux prises et d'entrer en transactions dans les questions surgies des différends entre travail et capital. Ses expériences, ses vues, sa formation le prédestinaient à la lutte des classes menée dans les conditions capitalistes et à l'acquisition des conditions politiques y nécessaires. C'est ce qui détermina son horizon qui n'allait pas plus loin. A partir du tournant de 1944/45 l'évolution en Hongrie s'engagea dans la voie de la révolution démocratique-populaire où l'attitude décrite de Peyer ne trouvait pas de place, comme c'était aussi le cas d'un certain genre de mouvement syndical qui présupposait l'antagonisme dans les rapports entre patrons et ouvriers. La principale période de la carrière de Peyer est le quart de siècle du régime contrerévolutionnaire où ses activités ont considérablement influencé en Hongrie les destins du mouvement ouvrier légal. Les côtés caractéristiques du Parti Social-Démocrate Hongrois et des syndicats ont été présents dans ses activités. C'est que, en cas de coupure les voies de Peyer et du mouvement se seraient inévitablement disjointes, comme c'était arrivé à d'autres dirigeants qui se joignirent soit à l'aile révolutionnaire, soit aux rénégats. C'est ce qui arriva à Peyer aussi à partir 1945, après son retour en Hongrie. Il n'est donc pas justifié de procéder à un tri poussé dans la période 1919-1944 de l'histoire de la social-démocratie pour démontrer comme si tout ce qui y était bon et positif — selon nos jugements de valeur d'aujourd'hui - était fait à l'encontre de Peyer, et les éléments condamnables, impropres devaient être mis à son compte, et que l'on ne pouvait lui attribuer que de tels genres d'action. Le Parti Social-Démocrate Hongrois et les syndicats fonctionnaient donc dans des conditions déterminées qui formaient également la personnalité de leurs dirigeants. Par conséquent, les propriétés du mouvement et de ses dirigeants étaient en corrélation et étaient inséparables.