Századok – 1982
Tanulmányok - Erényi Tibor: Politika – hírközlés – agitáció. Magyarországi munkássajtó 1900–1905 199/II
246 ERÉNYI TIBOR Erényi, Tibor POLITIQUE, INFORMATION, AGITATION La presse ouvrière hongroise en 1900—1905 (Résumé) La presse a joué un rôle éminent dans l'évolution du Parti Social-Démocrate de Hongrie et dans le mouvement syndical qui s'y rattachait. Les premiers périodiques ouvriers parurent en Hongrie dans le dernier tiers du XIXe siècle. La fonction et le caractère des organes de presse du parti et des syndicats étaient analogues à ceux de la presse ouvrière des autres régions de la Monarchie Austro-Hongroise. Toutefois, même au début du XXe siècle, les conditions de la presse étaient moins développées à Budapest qu'à Vienne. L'organe central du Parti Social-Démocrate de Hongrie, Népszava (Voix du Peuple) ne parut aux premières années du XXe siècle que trois fois par semaine avec un tirage d'environ 15 000 exemplaires. Le nombre des ouvriers organisés à la même époque montait à une cinquantaine de milliers. (Le nombre total des ouvriers de l'industrie était alors à peu près 700 000.) Entre 1900 et 1905 la presse syndicale commença à se développer. Les fédérations lancèrent leurs bi-hébdomadaires et mensuels. En 1904 le tirage total des périodiques syndicaux dépassa les 60 000 exemplaires. (L'organe central du Conseil des Syndicats était le Szakszervezeti Értesítő - Bulletin des Syndicats.) Conformément à la repartition selon les nationalités des ouvriers industriels en Hongrie, plusieurs périodiques spécialisés paraissaient en allemand aussi. Le journal des ouvriers du bâtiment avait une édition en slovaque aussi. Les rédactions des différents journaux publiaient en gros tirages des suppléments, des tracts, et la redaction de Népszava publiait tous les ans un Annuaire. Nombreux fonctionnaires social-démocrates prirent part à la rédaction des journaux dont il convient de citer les noms d'Ernő Garami, Ervin Szabó, Samu Jászai et Sándor Csizmadia.Conformé ment au programme de 1890 et 1903 du Parti Social-démocrate de Hongrie, les journaux avaient en substance un caractère marxiste (suivant la tendance theorique- politique à l'époque de K. Kautsky et V. Adler), mais les rédacteurs devaient tenir compte des conditions de la presse en Hongrie, aussi, ayant en vue la légalité de leur presse, ne pouvaient-ils souvent parler qu'à mots couverts, pour des raisons de tactique. Dans les journaux il y avait la critique de la société capitaliste et de ses institutions, aussi la revendication pour les ouvriers des libertés démocratiques et, plus d'une fois, la profession de foi pour la propriété sociale des moyens de production. Il y avait des articles détaillés sur les travers de la société, et l'information était réunie à la propagande et à l'agitation socialiste. Il y avait en outre des périodiques qui étaient proches non pas du Parti Social-democrate de Hongrie mais d'autres groupements (surtout de caractère socialist-agraire). La presse ouvrière - paraissant en tout premier lieu dans la capitale, à Budapest - a beaucoup fait pour élever la culture de la classe ouvrière. Les lecteurs pouvaient y faire connaissance de bien des personnalités éminentes de la culture européenne et hongroise. Différentes rubriques des journaux étaient consacrées à l'information, aux questions idéologiques, à l'économie, à la culture, et non en dernier lieu à l'évolution du mouvement ouvrier international et à la vie politique en Hongrie. Les rédacteurs de chaque rubrique ambitionnaient non seulement d'informer les lecteurs, mais de les pousser à l'action afin d'arriver à "l'émancipation". Après 1905, sur les bases déjà crées, le mouvement social-démocrate hongrois, et avec lui la presse hongroise ouvrière entrèrent dans un développement relativement accéléré. A partir de 1905-1906 Népszava est quotidien la presse provinciale se renforce, et le périodique théorique du Parti, le Socialisme, est également lancé.