Századok – 1979
Tanulmányok - Kun Miklós: A baloldali szabadkőművesség mint ideológia és szervezeti keret a 19. század közepén 791/V
826 KUN MIKLÓS Miklôs Kun: LA FRANC-MAÇONNERIE DE GAUCHE EN TANT QUE CADRE IDÉOLOGIQUE ET ORGANISATIONNEL AU MILIEU DU XIXe SIÈCLE (Résumé) Comme nos connaissances étaient fruster sur les importantes impulsions reçues par Mikhail Bakounine du coté du mouvement franc-maçon de son époque, fauteur consacra son étude à la période de vie de ce révolutionnaire russe et international qui était nettement marquée par la franc-maçonnerie. Il y procède aussi à bien des généralisations, comme à l’appérication du rôle que les franc-maçons ont joué dans la formation de l’Union Ouvrière Internationale. Comme la plupart des émigrés russes de son époque, Bakounine adhéra, lui aussi, à la francmaçonnerie au milieu des années 1840. Dès te début, il adhéra non pas à la tendance officielle, mais à l’aile gauche de ce mouvement réunissant des éléments si hétérogènes, à cette aile qui représentait les idées de la Révolution Française. A Epoque de “printemps des peuples” cela lui facilitait l’établissement de contacts avec les différents mouvements sociaux et nationaux. En 1862 Bakounine ranima ses rapports avec la franc-maçonnerie et cela a duré jusqu’à la seconde moitié de cette décennie. Ses idées démocratiques et son programme politique — où, dans certains cas, une tendance au compromis et à la tactique n’était pas absente — ne s’opposaient pas encore à sa participation au mouvement franc-maçon. Sa qualité de “frère” détermina d’une façon décisive la prédominance de ses idées antireligieuses, devenues dans la suite un des piliers de son idéologie anarchiste. Mais dans cette question il faut attribuer au moins le même poids au fait que dans la franc-maçonnerie de l’Angleterre, de la France, de la Suède de 1862/63, et surtout de l’Italie de 1864/66, Bakounine ne voyait pas seulement „le porteur de l’héritage progressiste de l’humanité”, le mouvement international disposant de riches traditions conspiratives, mais aussi un moyen applicable pour atteindre des buts politiques concrets. Quant à cette dernière question, fauteur s’en occupe surtout partant de publications et de sources archivistiques de l’époque, il passe en revue l’évolution de la franc-maçonnerie toscane, la lutte entre les fractions de gauche-garibaldiste et de droite-partisans du gouvernement. Il étend son examen aux loges italiennes, unités de base du mouvement républicain qui, selon les cas, réunirent aussi les ouvriers organisés engagés dans des luttes. Il confronte cette situation avec la vie des loges des pays occidentaux plus évolués où, dans les années 1860, la franc-maçonnerie, même dans ses tendances les plus radicales, représentait un frein pour le mouvement ouvrier. Selon cette étude, l’influence exercée sur Bakounine dans la sphère idéelle et organisationnelle par la franc-maçonnerie, s’était avérée en fin de compte très profonde. En 1864, à Florence, il a organisé la première société secrète de nouveau genre, sinon sur une base entièrement franc-maçonne, mais sur le modèle de cette organisation internationale. En même temps il se prit à réformer la franc-maçonnerie italienne. Sa carrière d’après 1866 n’était pourtant pas déterminée par le fait d’étre membre de loge. Autant que son adhésion à la franc-maçonnerie était pour ainsi dire nécessairement survenue, autant c’était le cas pour son éloignement et pour sa confrontation à ce mouvement. Cela s’ensuivit de la prise de conscience, après son adhésion au mouvement ouvrier international, qu’il ne pouvait plus soutenir une tendance réunissant surtout des forces politiques bourgeoises et petites bourgeoises. En fin de compte, la franc-maçonnerie de gauche s’est avérée sinon nuisible, mais en tout cas un détour dans le cheminement de Bakounin vers le mouvement ouvrier. L’auteur donne une appréciation positive au fait qu’il a reconnu à temps les limites de la franc-maçonnerie et les a dépassées.