Századok – 1968
Tanulmányok - Ratkoš; P.: A Pray-kódex keletkezése és funkciója. 941
964 P. RATKOS P. RatlcoS: L'origine et la fonction du Codex Pray Résumé Depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, la littérature consacrée au Codex Pray a généralement daté ce manuscrit des années 1192 —1195 et admis, comme son lieu d'origine, tantôt le couvent bénédictin de Bódva (I. Batthyány, J. Koller, M. Zalán, К. Kniewald, P. Radó et d'autres), et tantôt Pannonhalma (M. Prikkel) d'où il aurait passé à la grangia pannonhalmienne de Deáki (Diakovce), puis au couvent de Somogy vár, et enfin au chapitre de Pozsony (Bratislava). L'opinion de A. Ocskay, selon qui le codex devait provenir d'un chapitre, la théorie de J. Karácsonyi qui l'auttribuait à tort au chapitre de Székesfehérvár, enfin les vues de J. Ernyei indiquant à juste titre Veszprém comme lieu d'origine, ont été rejetées a priori par les historiens bénédictins. Le Codex Pray, mentionné aussi sous le nom de Sacramentarium Boldvense, comprend des textes variés: droit canonique hongrois, précis chronologique et d'hygiène, tables pascales (tabulae paschales), canon de la messe (Micrologus), prières d'occasion, calendrier avec annotations nécrologiques, annales de Hongrie (Ann. Posonienses) et histoire abrégée des rois de Hongrie, notes historiques diverses, texte hongrois du Discours Funèbre, grand et petit sacramentaire. P. Ratkoä pense que le codex Pray devait servir de manuel à l'école cantorale. L'analyse de certaines annotations nécrologiques, effectuée par l'auteur, semble confirmer qu'il s'agit du chapitre de Veszprém où le codex devait être produit à la fin du XIIe siècle. Les édifices sacrés et les patrocinia (culte de St Michel, de St Jean-Baptiste et de la Vierge Marie, de Marguerite, de la Sainte Croix) figurant dans le sacramentaire (surtout à propos de la procession de Pâques), militent de leur côté en faveur de l'origine veszprémoise du Codex. L'auteur établit en outre la présence d'éléments byzantins dans le calendrier et dans les annales. Quant à la datation, la traduction latine des annotations montre, pour la période de 1172 —1187, des écarts de 10 à 11 années qui seraient à imputer, d'après l'auteur, au traducteur de culture glagoliatique qui avait, sans aucun doute, mal interprété les valeurs numériques écrites en caractères cyrilliques ou grecs. En ce qui concerne les prières de la messe, l'auteur constate une analogie dans les textes du Code Pad D. 47, des Lettres de Kiev et du Codex Pray. Il tient également compte des annotations détaillées des annales et rectifie à 1187, resp. à 1176 —1177 les dates des annotations des annales de Pozsony. Un chapitre à part est consacré à la note concernant la dédicace, le 14 novembre 1228, de l'église de la Vierge Marie et de l'autel (de la chapelle) de St Georges par l'évêque Jacques de Nyitra. Contraitrement à l'opinion générale qui les localisait à Deáki, l'auteur tente de les retrouver à Veszprém. Dans le dernier chapitre, l'auteur analyse de près la note sur l'incendie du couvent de St Jean-Baptiste situé «iuxta Buldvam». Il y avait, en effet, à Bodva, une église paroissiale possédant le patrocinium de Saint Jean l'Evangéliste, à l'époque ou n'existait plus le couvent seigneurial du lieu, couvent dont on ignore aujourd'hui le patrocinium et le caractère. L'auteur estime que le couvent détruit par l'incendie de 1203 s'élevait au bord de la rivière Bodva et qu'il faut l'identifier avec le couvent des prémontrés de Jászó, dont les recherches les plus récentes (A. Oszvald) ont démontré l'existence dès la fin du XIIe siècle. En terminant, l'auteur souligne que le Codex avant servi de manuel à l'école cantorale de Veszprém il faudrait, à la lumière de ce fait, effectuer une nouvelle analyse des annales et tenter une nouvelle interprétation des textes liturgiques et des donneés historico-topographiques de la ville de Veszprém.