Századok – 1966

Tanulmányok - Kállay István: Szabad királyi városaink gazdálkodása 1740–1780 között - 287

328 KÁLLAY ISTVÁN: SZAB. KIR. VÁROSAINK GAZDÁLKODÁSA I. Kállay: L'économie des villes royales libres hongroises entre 1740 et 1780 à la lumière des documents de l'Archive de la Chambre de la Cour de Vienne Résumé La présente étude se propose de soumettre à l'analyse l'économie municipale proprement dite. La première partie de l'article nous renseigne sur les organes de l'économie muni­cipale et sur le contrôle de cette économie. L'économie municipale fut contrôlée en premier ressort par la Chambre de la Cour Royale de Hongrie et en second ressort par celle de la Cour de Vienne. Ce contrôle s'étendait en premier lieu sur les comptes tenus depuis 1730, comptes qui constituent l'objet des investigations de l'auteur. Les comptes des villes ne présentèrent point un tableau uniforme, les dépenses et les recettes figurant dans de différentes rubriques au cas de chaque ville. Les comptes remis à la Chambre nous informent de ce que les villes administraient différentes caisses, telles les caisses privées, de guerre, d'hôpital, de fondation, ecclésiastiques, de caducitas, des mines, etc. C'était la magistrature de la ville, notamment le juge municipal qui exerça le contrôle sur l'économie à l'intérieur de la ville. C'est à lui que se trouvèrent assujettis les employés confiés de la gestion directe de l'économie : le chambellan de la ville, le vice-chambellan, le comptable, le régisseur de la caisse privée, les inspecteurs des cabarets, des boucheries, des moulins, des briqueteries, des chaufourneries, des douanes, des hôpitaux et des biens successoriaux, le contrôleur des foires, des alleux de la ville et des villages serves, le curateur des orphelins et le gérant des mines, ainsi que le dépensier. La seconde et la troisième parties de l'étude exposent les recettes et les dépenses dans les groupement ci-après: a) affermages plus modestes des droits régaliens, b) biens en argent de la ville, capital d'intérêts, biens immobiliers, c) propriétés foncières municipales, gestion des propriétés foncières, d) autres recettes et dépenses extraordinaires. A la faveur des recettes et dépenses la quatrième partie de l'étude se propose de répondre à la question de savoir si les villes hongroises disposaient de possibilités leur permettant d'accumuler des capitaux en argent. En procédant à une comparaison entre l'ensemble des recettes et des dépenses l'auteur arrive à constater que les villes hongroises devaient disposer dans la seconde moitié du XVIII' siècle de notables capitaux en argent, fait que le prêt d'un million et demi de florins que les villes accordèrent au Trésor entre 1759 et 1762 est propre lui aussi à l'attester. Cette vue d'ensemble tracée sur l'économie municipale permet de conclure à ce que les villes hongroises géraient leur économie à la manière des propriétaires fonciers nobiliaires; la notable partie de leurs recettes, les 75 pour cent, provenaient des rentes féodales, telles les affermages plus modestes des droits régaliens, revenus leur versés par les villes serves et les alleux. En dépit de ce que nous venons de dire l'économie muni­cipale n'était pas sans receler des éléments propres à encourager la production capitaliste, par exemple le travail salarié introduit dans les usines communales (moulins, briqueteries, chaufourneries, etc), et dans les alleux. En outre l'économie municipale permit d'accu­muler des capitaux en argent nécessaires pour mettre en marche la production capitaliste. Sous l'effet des forces rétractives du régime féodal les capitaux accumulés dans l'économie municipale, sans jouer dans le commerce et dans l'industrie, revêtirent la forme du capital usuraire, lequel, encore que facilitant la formation des biens en argent n'étant pas en rapport de dépendance à l'égard de la propriété foncière, avait plutôt un effet paralysant qu'encourageant sur le développement des forces de production.

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