Századok – 1965

Tanulmányok - R. Várkonyi Ágnes: A Habsburg-abszolutizmus és a magyarországi jobbágyság a XVII–XVIII. század fordulóján 679

720 Ii. VÁRKONYI ÁGNES: A HABSBURG-ABSZOLUTIZMUS ÉS A JOBBÁGYSÁG permet à l'auteur de suivre pendant un siècle les changements survenus dans la politique de taxation. L'essentiel des changements réside en ce que — à l'opposé de la taxe levée sur les tenures, vôtée chaque fois par les Etats et perçue généralement en nature, sous forme de la portio affectée au ravitaillement de l'armée — l'Etat introduisit sans le consentement de la diète une taxe régulière, payable en espèces. A la fin du XVIIe siècle la politique de taxation avait fini par porter même sur les revenus provenant des produits agricoles. Elle reposait sur les couches non privilégiées de la société, cernait les groupes déjà affranchis ou en train de s'affranchir de la dépendance du seigneur terrien et drainait le profit que le paysan tirait de la production et de la vente des marchandises. Les tentatives visant à la mise à contribution de la noblesse montrent que ce n'était pas la noblesse en tant que classe que l'Etat désirait grever, mais le revenu de. la propriété nobiliaire. De même c'est le revenu provenant de la vente des produits agricoles qu'entamait l'Etat par l'introduction de Vaccina perçu sur la vente du vin, des céréales et de la viande. Ce qui caractérise cette politique de taxation c'est qu'elle tient compte des phénomènes réels de la vie sociale, et de ce fait atteint les couches qui jusque là avaient été exemptes de taxes et les réserves cachées de la société. Sa mise en pratique toutefois entraîna l'appauvrissement total de provinces entières et l'échec du pouvoir d'Etat. Dans la deuxième partie de l'article, l'auteur expose la politique de taxation et de monopole suivie par l'Etat en Hongrie. Encore que dans nombreux ouvrages politiques de l'époque on retrouve les principes du système économique du mercantilisme, dans la partique ces principes ne furent jamais appliqués, ou du moins ils ne furent pas appliqués selon la conception originale. En se réservant le monopole du commerce de bétail, de céréales et du sel ou en le cédant à la rigueur aux grands créanciers du trésor, comme Samuel Oppenheimer, en tolérant l'expropriation de la vente du vin par les plus importantes garnisons impériales et en laissant régner l'anarchie du régime militaire, l'Etat sapait les fondements de sa politique de taxation. Le commerce intérieur des marchandises une fois paralysé, les couches mises à contribution virent se fermer l'entrée du marché et des sources élémentaires de l'enrichissement. C'est également à cause de l'expropriation des marchés intérieur et extérieur par une mince couche de l'aristocratie que le projet de la taxation de la noblesse ne devait jamais se réaliser. L'étude renvoie à la contrebande qui se répand de plus en plus dans les milieux paysans et fournit des indications exactes concernant les taxes imposées dans les années 1698 — 1703. Après avoir esquissé les troubles causés par l'émission de la monnaie de cuivre sans couverture, destinée à surmonter les difficultés, l'auteur conclut en constatant que c'est en détruisant ce qu'elle croyait être sa base que la politique économique de l'absolutisme Habsbourg de la fin du XVIIe siècle entraîna le pays en quelques brèves années dans la ruine complète.

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