Századok – 1961

Tanulmányok - Székely György: A Dózsa-parasztháború ideológiájához 473

506 SZÉKELY GYÖRGY: A DÓZSA-PARASZTHÁBORÚ IDEOLÓGIÁJÁHOZ intolérance ne se manifesta vis-à-vis des populations allogènes du pays. L'étude soumet à une analyse détaillée l'une des principales sources de l'idéologie de la guerre paysanne, la harangue de Dózsa prononcée à Cegléd. L'essence de la harangue de Cegléd est connue dans ses diverses variantes. Elle reflète les protestations que la paysannerie, productrice de marchandises, formulait contre l'expropriation des produits de son travail, contre le prélèvement de son argent. La démagogie ecclésiastique a pu avoir sa part à elle dans le développement de l'idéologie. L'étude soumet à un examen philologique les traits des principes sociaux prêchés par Pelbárt Temesvári et Osvát Laskai, éminents prédica­teurs franciscains et écrivains de l'époque, principes que l'auteur compare avec les éléments idéologiques semblables ou essentiellement différents qui se manifestaient dans la guerre paysanne. La démagogie ecclésiastique visait à rejeter la responsabilité pour la tension sociale à l'élément laïque de la classe dominante, quant à la situation de l'Eglise, Laskai l'expliquait seulement dans des oraisons secrètes destinées à l'usage intérieur. Les sermons appelés à influencer le peuple sont écrits dans un style clair et attrayant. Temesvári, lui, condamna les aspirations de Jan Низ et des hussites visant à la sécula­risation des biens ecclésiastiques; les sermons de Laskai fournissent des documents aux luttes dirigées contre les »doctrines hérétiques« de l'époque. La harangue de Dózsa a, par contre, une pointe antiféodale et se dirige à la fois contre l'exploitation seigneuriale et ecclésiastique; en professant l'égalité primordiale elle conteste l'existence du régime féodal des classes. Sur le témoignage du texte de Tubero, Dózsa démasqua tout le laby­rinthe des paiements de rentes en argent, ce qui se trouve avéré par les descriptions de Taurinus et de Brutus. Les nouvelles contemporaines (le protonotaire Betinus, l'arche­vêque Bakócz), aussi bien que la lettre de Lőrincz Mészáros, un des chefs des insurgés, affirment l'avis des écrivains. Dans la suite l'étude souligne l'accroissement considérable des redevances seigneuriales dues en argent, accroissement survenu après la répression du soulèvement. Après la défaite de la guerre paysanne l'image idéalisée qui s'était formée sur le règne de Mathias Hunyadi s'est accentuée, ce qui indique l'appréciation d'une tendance d'évolution plus libre qui se reflète dans les traditions populaires et se retrouve chez quelques écrivains, tendance recelée par l'évolution antagoniste de l'époque de centralisation. Ensuite l'étude examine les sources qui en 1515 reflètent la prise en considération des intérêts de la paysannerie, productrice des marchandises, tout en soulignant les parallélismes retrouvés dans le soulèvement anglais de 1381. L'auteur analyse la reprise des luttes contre les taxes douanières, luttes qui se traduisirent dans les revendications et dans les actions des insurgés; et qui aussi ont leurs parallélismes allemands et anglais. Tout cela ne manque pas d'attester la force d'une tendance d'évolution contraire à celle du «deuxième servage». A l'encontre des aspirations des seigneurs visant à maintenir le servage perpétuel, la population des villages et des bourgades agricoles s'ef­forçait de se procurer les droits civils des tenanciers. Par la suite l'étude commente l'idéologie qui se proposait de liquider le régime féodal. Quant aux insurgés, la légalité de leurs actions se vit motivée par l'autorisation leur accordée par l'Eglise pour le rassemblement à la croisade. La bulle appelant à la croisade avait dans les conditions idéologiques de l'époque une force mobilisatrice. Tout en conservant les formes de l'armée des croisés Г appel de Dózsa prononcé à Cegléd insiste à ce qu'il n'est pas assujetti aux seigneurs. L'appel et d'autres sources encore témoignent de ce que la fidélité au roi subsiste chez Dózsa; les illusions nourries à l'égard du roi se retrouvent dans les traditions populaires aussi. La proclamation de Cegléd s'adressa énergiquement á ceux qui se refusaient à se rallier au soulèvement, les menaçant de mort et du ravage de leurs biens. La réalisation de la proclamation se trouve avérée par les nouvelles contemporaines aussi bien que par les documents variés des chroniqueurs à peu près contemporains. La mobilisation générale et obligatoire du peuple se réalisa aussi; les nobles étaient également sommés à se rallier au soulèvement, et ceux qui s'opposaient, étaient voués au dépéris­sement. L'étude procède à une comparaison entre cette pratique de la guerre paysanne de 1514 et les courants radicaux allemands de 1525. Le meurtre des nobles ne témoignait point du radicalisme des insurgés, c'était plutôt la conséquence de l'opposition de la noblesse. Les insurgés visaient à l'amener à la reddition, au ralliement forcé. Les revendications portaient sur la liquidation du régime nobiliaire, de la classe seigneuriale. Les aspirations visant à supprimer les droits privés des Ordres après les événements déroulés en Bohême et en Transylvanie au XVe siècle se traduisirent dans l'idéologie de la guerre paysanne de 1514. Les insurgés se considéraient comme des éléments con­stitutifs du pays (regnum). Pour terminer, l'étude analyse la forme religieuse de l'idéologie de la guerre paysanne, les efforts portés à la transformation de l'hiérarchie ecclésiastique et le rôle de Lőrincz Mészáros. La foi dans la mission des insurgés, ainsi que l'idée et la devise de la liberté (libertás) s'y observent clairement. GY. SZÉKELY

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