Századok – 1955
Bibliográfia - A Magyarországon megjelent történettudományi művek jegyzéke (1955. január 1.–június 30.) 813
832 RÉSUMÉ La guerre antisoviétique imposa à l'Allemagne des efforts gigantesques. Ceci créa pour l'Allemagne le besoin impérieux de placer toute la capacité industrielle des pays subjugués et satellites au service de la guerre de rapine hitlérienne. Ainsi, alors que les Allemands persistaient dans leurs aspirations à parachever l'assujettissement colonial complet de la Hongrie et intensifiaient même les efforts visant à atteindre ce but, tout en ne changeant rien à leurs idées concernant l'avenir de l'évolution économique hongroise, ils se virent contraints — pour la durée de la guerre, du moins — à tolérer, voire même à encourager l'industrie hongroise. Bien entendu, leur aide portait avant tout sur un certain développement de l'industrie de guerre, dont la production leur était indispensable. A partir de l'été 1941, la capacité industrielle hongroise était pour une large part absorbée par les commandes de l'armée allemande. Pour certaines branches de la production, de grandes usines telles que MÁ VAG (Usines sidérurgiques, aciéries et ateliers de constructions mécaniques de l'État hongrois) et Fegyvergyár (Usine d'armes à feu) livraient 50 à 80% de leurs produits à l'armée hitlérienne. Quant aux entreprises récemment créées, elles étaient tenues de réserver 60 à 90% de leur capacité pour les besoins de la machine de guerre allemande. Le système du travail »à façon« fut un moyen important de la mainmise sur l'industrie hongroise. Dans le cadre de ce système, les usines hongroises travaillaient — souvent avec des matières premières allemandes — pour l'armée hitlérienne. Sous prétexte de pouvoir organiser et contrôler le travail à façon, les Allemands créèrent un orgamisme appelé Deutsche Industriekommission in Ungarn, qui leur permit de contrôler du même coup toute la production industrielle hongroise. Au fur et à mesure que se prolongeait la guerre, les Allemands acquittèrent de moins en moins ces livraisons, aussi le système du travail à façon devint-il un instrument du pillage de la Hongrie. Le développement de l'industrie aéronautique hongroise et de l'industrie de l'aluminium — que les Allemands s'étaient auparavant efforcés d'entraver avec tous les moyens à leur disposition — s'inscrivait également dans le cadre du système du travail à façon. L'accroissement de l'influence allemande était reflété par le fait que les Allemands s'employaient à s'assurer une participation financière à de nombreuses entreprises hongroises. Selon les indications fournies par l'Office des Statistiques, le chiffre des actions industrielles hongroises appartenant à des Allemands s'accrut de 50% entre 1938 et 1942. Ainsi donc, pendant les années de guerre, les intérêts de la machine de guerre allemande avaient rendu possible et même nécessaire le développement relativement rapide de nombreuses branches de l'industrie lourde hongroise. Toutefois, le fait que l'industrie hongroise était devenue une dépendance, un complément de l'industrie de guerre allemande, accentua d'une manière toute particulière la déformation, due aux nécessités imposées par la guerre, de la production industrielle hongroise, et engendra des disproportions structurales très sensibles. D'ailleurs, là où les intérêts de la guerre hitlérienne n'étaient pas directement engagés, les Allemands persistaient à entraver le développement industriel hongrois. Ainsi, par exemple, ils empêchèrent la construction d'une nouvelle usine métallurgique, d'une fabrique de soude, d'une usine de caoutchouc synthétique, etc. L'exportation massive des denrées agricoles et des matières premières industrielles hongroises, les commandes allemandes de matériel de guerre et le travail à façon devinrent de plus en plus les instruments du pillage de la Hongrie. Les Allemands ne payaient point les marchandises exportées, aussi, fin 1943, l'Allemagne devait-elle à la Hongrie plus d'un billion de marks. Les classes dirigeantes comblèrent le déficit né de la dette allemande par l'amplification de l'inflation. Ainsi, en Hongrie, l'inflation entraînait la modification de la répartition du revenu national non seulement en faveur des classes dirigeantes hongroises, mais aussi au bénéfice du capital financier allemand, une partie du revenu national hongrois étant expropriée par l'Allemagne sous forme de livraisons non acquittées. Cet état de choses ne manqua pas d'aggraver sensiblement l'exploitation de la classe ouvrière hongroise. Après le 19 mars 1944, date de l'occupation de la Hongrie par les Allemands, le pillage du pays se poursuivait déjà ouvertement. Lorsque l'Armée soviétique libératrice pénétra en Hongrie, les Allemands commencèrent à démonter et à transférer en Allemagne les usines hongroises. Sans doute, les combats héroïques livrés par la classe ouvrière réussirent à entraver ces mesures en beaucoup d'endroits, cependant, les pillages allemands et les opérations militaires qui se poursuivirent plusieurs mois durant en territoire hongrois se soldèrent par la destruction de 40% de notre fortune nationale. Des usines démolies, une industrie ruinée : tel était l'héritage que nous léga la Hongrie contre-révolutionnaire, et tel fut aussi le bilan des aspirations colonisatrices