Századok – 1955
Bibliográfia - A Magyarországon megjelent történettudományi művek jegyzéke (1955. január 1.–június 30.) 813
RÉSUMÉ 829 en nature ne constituaient qu'une partie seulement de la taxe militaire. Cette taxe, à acquitter en espèces (contributio), était votée par la Diète. Or, après d'interminables tergiversations, celle-ci finissait généralement par approuver l'augmentation constante des impôts. Ce fut encore la Diète qui introduisit la charge spéciale qu'était le système dit »de la deperditais (on désignait par deperdita le décalage entre le prix de la marchandise, fixé par taxation officielle, et sa valeur réelle). Ainsi donc, les contributions fournies par la paysannerie dépassaient de loin même les chiffres fixés par l'autorité fiscale. L'exploitation par l'État, à laquelle il convient d'inclure également les charges imposées par le comitat, entama dans de nombreuses régions même les stocks de denrées indispensables à la subsistance individuelle des paysans. L'exploitation pratiquée par le seigneur terrien était plus variée encore que les charges imposées par l'État. Pour se protéger contre elle, le paysan n'avait qu'un seul moyen à sa disposition : se cramponner au facteur de cohésion qu'était la communauté paysanne. Cependant, la communauté des terres, base de la communauté paysanne, s'était engagée dans la voie de la désagrégation. La juridiction paysanne fut le seul élément de l'autonomie paysanne qui demeurât en vigueur. La classe dominante s'employait à entraîner dans un état de dépendance toujours plus accusé la communauté paysanne, unité primaire de l'administration publique. L'on vit graduellement se modifier le rôle du maire de village, qui devint finalement le fonctionnaire du seigneur terrien. L'accomplissement final du processus de constitution de la couche des »serfs de la deuxième catégorie« était le mieux reflété par les redevances seigneuriales à la charge du serf. Dans la Hongrie prise au sens strict du mot, les serfs étaient classés dans trois grandes catégories, selon qu'ils étaient »traités« sur la base de Vwbarium, de l'usus ou d'un contrat. Aucune de ces trois formes ne pouvait assurer à la paysannerie une protection suffisante. Les charges se faisaient de plus en plus lourdes, et, au milieu du siècle, le système des fermes seigneuriales était devenu prédominant. La condition première en était l'augmentation quantitative des forces productives, et avant tout l'accroissement de la population rurale, réalisé par voie naturelle ou par colonisation. La densité croissante de la population avait pour conséquence princi- pale l'augmentation du travail paysan, et, dans une proportion plus faible, l'accroisse- ment du nombre des attelages disponibles. C'est dans une mesure moins importante et avec un caractère moins constant que l'on vit se réaliser la deuxième condition, à savoir le marché à grande capacité d'absorption. Or, en Hongrie, pays colonial à cette époque, ce marché à grand pouvoir' d'absorption était fonction de la capacité d'absorption des provinces héréditaires. Dès que ces deux conditions étaient assurées, on commença dans le pays entier à créer des fermes seigneuriales de grande étendue, pratiquant la production marchande. Pour acquérir les surfaces arables nécessaires à la création des fermes en question, on procéda d'abord à la mainmise sur les terres en friche ou inoccupées, pour passer ensuite au tronquage et à l'expropriation des propriétés communales. Finale ment, on entama même les terres défrichées, cultivées par la communauté paysanne. Résultat : d'un côté, de vastes champs allodiaux en un seul tenant, et, de l'autre, une paysannerie refoulée de ses terres. Cet état de choses contribua à accroître le nombre des paysans sans tenure. Cet essor considérable de la production marchande s'inscrivait dans le cadre des phénomènes de désagrégation du féodalisme. Dans l'agriculture, le système consistant à doter de terres le producteur fut supplanté par la méthode capitaliste. Or, celle-ci consistait à priver le paysan de sa terre. Simultanément, l'industrie capitaliste ne réalisa que des progrès insignifiants : on manquait d'un nombre suffisant de manufactures capables d'absorber les réserves humaines ainsi créées. Dans les conditions engendrées par un régime colonial, l'accumulation des capitaux agricolçs est freinée, elle aussi, et l'utilisation de la main-d'oeuvre »libre« s'en trouve également entravée. Voilà pourquoi l'exploitation agricole au moyen de fermes seigneuriales fut caractérisée par ce qu'elle était pour une large part basée sur la corvée fournie par les serfs. C'est alors que la rentetravail acquit une importance capitale, ce qui entraîna une aggravation brusque des corvées grevant les serfs. Simultanément, les autres charges, elles aussi, croissaient sans arrêt. Afin d'accroître les redevances à la charge des serfs, les seigneurs terriens recoururent à d'innombrables moyens de contrainte de caractère non-économique. Dans ce domaine, un rôle capital échut aux tribunaux seigneuriaux et à l'appareil de répression du domaine seigneurial. C'est avec une rigueur impitoyable que la classe dominante veillait à ce que le »bruit fâcheux« dont s'accompagnait l'oppression des paysans ne parvînt point au delà des limites de la propriété : ellen n'admettait pas que la plénitude et l'exclusivité du pouvoir seigneurial fussent mises en cause.